‹ Critique et conséquence des principes de 1789 par le docteur ClavelChapitre 27 sur 36 · RAPPORTS DES POUVOIRS ÉCONOMIQUES AVEC LES POUVOIRS POLITIQUES · texte numérisé non relu

RAPPORTS DES POUVOIRS ÉCONOMIQUES AVEC LES POUVOIRS POLITIQUES

En considérant la nation comme un organisme, nous sommes conduits à admettre l'accord des organes, des fonctions et des forces organiques ou pouvoirs; nous devons répudier le vieil antagonisme du corps et de l'âme, de la richesse et de la morale, du plaisir et de la vertu, de la justice et de l'intérêt. Loin de se nuire, l'abondance et la vertu, . le travail et la liberté, la production et le droit vivent en parfait accord ; tous concourent à augmenter la force, l'intelligence et la moralité des nations.

Il suit de là que le pouvoir chargé de favoriser

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la production, la répartition ou la consommation de la richesse, n'a aucune raison d'entrer en conllit

avec le pouvoir judiciaire dont le concours est, au contraire, un élément capital de prospérité. Rien ne sert davantage à l'économie sociale qu'une bonne justice prononçant entre les conflits qui naissent de la variété infinie des propriétés, rien ne décourage autant la production que la crainte de voir les fruits du travail se perdre en procès ou en subtilités juridiques. Il est donc naturel que le pouvoir économique demande au pouvoir judiciaire de régler promptemerit et équitablement tous les conflits industriels ou commerciaux, et se montre reconnaissant du service rendu.

L'action du délibératif éditant les formules légales des rapports de l'économie sociale rend à celle-ci un service signalé ; elle assure ses droits en les définissant et en les proclamant, elle assure son existence en lui donnant une part nettement définie dans le corps de la nation.

Enfin l'exécutif prête son concours dans les rapports économiques avec l'étranger et appuie, par la force, les réclamations contre les vols intérieurs ou extérieurs. Plus que toute autre fonction sociale,

l'économie a besoin de la sécurité que donne la force, des renseignements et statistiques fournis par les agents accrédités à l'étranger. Si les canons des navires de guerre ne viennent protéger les cargaisons des navires de commerce, elles passent vite aux mains des pirates, et le pavillon ne couvre la marchandise qu'en imposant la crainte aux spoliateurs.

En retour des services demandés, le pouvoir économique donne ce qui est nécessaire à l'entretien des autres pouvoirs; il établit le budget de leurs dépenses à côté du budget de ses recettes. Mais, comme nul n'aime à payer plus qu'il ne doit ou plus que le nécessaire, l'organe qui tient les cordons de la bourse sociale fait subir un examen sévèreà la liste des dépenses; il s'élève contre les prodigalités, il demande les économies, il manifeste l'horreur des dettes improductives, il montre les bienfaits de l'épargne, toutes choses qui rentrent dans ses attributions. Les autres pouvoirs, mis à la gêne, ont intérêt à connaître le chiffre exact des recettes, à contrôler les actes administratifs, à signaler ceux qui peuvent diminuer la richesse de la nation. Il résulte de tout cela un contrôle sérieux

des recettes et des dépenses, contrôle qui, avec l'aide de la publicité, devient le vrai remède contre les abus, la routine et l'inertie ; où le suffrage universel institue le gouvernement, la logique veut que cbaque citoyen connaisse ce que ses mandataires font de la part de souveraineté qu'il leur délègue. Il peut ainsi renouveler le mandat de ceux qui remplissent ses vues et remplacer ceux qui se sont montrés indignes de sa confiance.

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