‹ Critique et conséquence des principes de 1789 par le docteur ClavelChapitre 7 sur 36 · STRUCTURE HUMAINE · texte numérisé non relu

STRUCTURE HUMAINE

L'existence de l'homme se divise en deux portions : l'une qui, à bon droit, a été comparée à la vie des végétaux, l'autre qui résume la vie animale ou de relation. Celle-ci comprend en premier lieu, parmi ses organes, le cerveau, la moelle épinière et deux ordres de nerfs, les uns centripètes, qui portent de la périphérie vers le centre des impressions trèsvariées , les autres centrifuges, qui portent du centre à la périphérie des expressions nerveuses. Ainsi se trouve organisé un appareil complet de télégraphie, mettant les organes des sens, les viscères, les muscles et tout ce qui appartient à la vie de relation, en rapport direct avec le centre cérébral. Le cer-

veau, dont le volume contraste avec la ténuité des nerfs, est un entrelacement de fibres et de cellules résumant tout ce qui concerne la sensibilité pour arriver à la raison, tout ce qui concerne l'affection pour arriver à la conscience, tout ce qui concerne la motricité pour arriver à la volonté. Cet aboutissant de forces, issues des innombrables organes qui composent l'organisme, a été comparé justement à une assemblée de représentants apportant dans un seul édifice les facultés de cent millions d'hommes.

A la sensibilité il faut joindre, comme auxiliaires, les cinq sens extérieurs; à l'affection se rattachent les appétits nés des sens internes ou viscéraux, tandis que la motricité s'exerce avec l'aide des muscles et des os. Des rapports s'établissent entre ces choses diverses dans le centre cérébral, et Ton voit se produire l'unité dans la vie de relation.

Si l'on parcourt le domaine de la sensibilité, on voit qu'elle comprend en premier lieu l'impression, qui, rapportée à un point déterminé du corps, devient sensation pour passer à l'état de perception en arrivant au cerveau et devenir idée en affectant l'ensemble de cet organe. La persistance de l'idée donne lieu au fait de mémoire qui permet le rappro-

chement des perceptions passées avec les perceptions actuelles et amène la comparaison ; celle-ci donne lieu au jugement, quiimplique à son tour le raisonnement. Tous ces actes supposent la faculté de concevoir et d'imaginer, pour se résumer en dernier lieu dans l'intelligence.

Le domaine de l'affection comprend les appétits qui naissent des viscères et établissent des rapports incessants entre la vie organique et la vie de relation. L'affection comprend encore le sentiment qui, s'adrèssant aux minéraux, aux plantes et aux animaux, rapproche la vie humaine de la nature entière; qui, s'adrèssant aux personnes, produit le rapprochement des individus et leur fusion en des organismes supérieurs ; qui, s'adrèssant aux idées, produit la notion du bien et du mal, du beau et du laid, du vrai et du faux, du juste et de l'injuste. Tous ces rapports affectifs des appétits et des sentiments, du moment où ils s'allient à l'intelligence, se résument dans la conscience, qui devient ainsi la source de la morale, de l'art et de la religion.

Dans les expressions cérébrales, usant des nerfs centrifuges pour porter au loin dans l'organisme l'activité des centres nerveux, se trouve la contrac-

Digiti

tion musculaire, qui produit la force, le déplacement, le travail, la parole, la lutte et les actes innombrables de la volonté.

Entre l'intelligence, la conscience et la volonté, dont le siège est identique, s'établissent des relations qui rendent ces facultés complémentaires les unes des^autres. Leur solidarité produit la raison dont la manifestation supérieure est la science exposant, dans une série de formules ou de lois, les rapports nécessaires ou organiques des idées, des affections et des actes volontaires.

Comme le système de la vie de relation, le système de la vie organique est représenté par un appareil nerveux, le grand sympathique, composé d'une série de petits cerveaux ou ganglions placés de chaque côté de la colonne vertébrale. Ces ganglions communiquent entre eux par des filets. nerveux centripètes et centrifuges; ils communiquent également avec la moelle épinière et rattachent ainsi leur action à celle du système cérébral. Le résultat est une décentralisation, dans laquelle le grand sympathique peut soustraire une série de fonctions à la volonté sans les subordonner les unes aux autres, Il fait battre le cœur quand le cerveau dort

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et quand l'estomac est vide, il active la respiration pendant que les muscles des membres agissent avec force et attirent la meilleure part de Faction vitale, il proportionne l'afflux du sang et la nutrition aux nécessités organiques, il peut enfin, en imposant la faim, la soif, le besoin de respirer, la fatigue, etc., au système de la vie de relation, contraindre la vo- Ionté à lui venir en aide et à servir les fonctions dont il dispose.

Ces fonctions, quand elles se caractérisent par l'assimilation, ont pour objet d'emprunter au monde extérieur des solides, des liquides et des gaz, afin de les élaborer et de leur donner les propriétés vitales ; quand elles se caractérisent par la circulation, elles transportent les corps assimilés dans toutes les régions de l'organisme et les mettent en contact avec les fibres ou cellules demandant réfection; enlin, quand elles se caractérisent par la nutrition, elles retirent des tissus les molécules usées ou altérées, pour les remplacer par des molécules saines et vivantes. Ici encore se produisent deux ordres de mouvements : l'un centripète, qui attire de dehors en dedans et préside à l'assimilation; l'autre centrifuge, qui repousse de dedans en dehors et préside à l'ex-

crétion. Quant au mouvement de circulation, c'est en lui que se trouve le résumé des deux autres.

Dans la vie humaine se trouve également le résumé des fonctions végétatives et des fonctions spécialement animales ; aussi l'homme a-t-il été considéré, à juste titre, comme un microcosme. Il trouve dans son être, sous forme de concept, les notions de nombre, de figure, de temps, d'espace, de loi, etc.; il trouve dans les mathématiques et dans la logique, en dehors de tout fait d'observation et d'expérience, les rapports généraux et nécessaires des choses; enfin sa raison arrive jusqu'à l'idéal et embrasse dans une formule supérieure la nature tout entière. Mais ces résultats, qui sont l'effort suprême de l'organisation, ne s'obtiennent jamais à 1 état d'isolement ; ils supposent des organismes supérieurs, dans lesquels l'individu joue le rôle d'organe, tandis que sa vie joue le rôle de fonction.

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