RUES NE
qui à été la plus lue et la plus répandue, puisque la bibliographie des œuvres de Renan publiée en 1923 en compte 421 éditions en original ou en traductions”, ouvrit la série des grandes Vies de Jésus de la seconde moitié du XIX:e siècle, parmi lesquelles il faut mentionner la seconde Vie de Jésus de Strauss, les œuvres de Schenkel, de Keïm, de Hase, de Sabatier, de Beyschlag, de Bernhard Weiss, de Stapfer, d'Albert Réville, d’Oskar Holtzmann, de Loïisy (première manière), de Heitmüller et bien d’autres que tout le monde connaît et qu’il serait fastidieux d’énumérer. Albert Schweitzer, dans sa magistrale Geschichte der Leben- Jesu-Forschung”, caractérise ces Vies de Jésus par le terme de libérales. L’appellation n’est pas parfaitement heureuse. Plu-. sieurs d’entre elles, en effet, sont l’œuvre, sinon d’orthodoxes,
au sens strict du mot, du moins de traditionalistes et de conservateurs, au moins d’hommes du juste milieu, tels que Beyschlag
et Bernhard Weiss.
I] y a dans ce groupe de Vies de Jésus des œuvres de caractères très différents. Sur toutes les grandes questions — cadre synoptique ou johannique, conscience messianique, contenu essentiel de l’enseignement de Jésus, question eschatologique, question. des miracles, prévision ou non-prévision de la mort, ete. — elles donnent des théories qui varient autrement que dans le détailet qui fournissent des échantillons de toutes les solutions possibles, d’un extrême à l’autre. Mais cette diversité ne les empêche pas d’avoir des traits communs. Toutes posent le problème de Ia. même manière. Toutes aussi, surtout celles qui datent de la première partie de la période que nous envisageons, sont plus où moins préoccupées de montrer un Jésus aussi proche que possible de l’homme moderne. Beaucoup, d’une manière le plus souvent th | inconsciente, font de Jésus l’idéal de l’homme religieux tel que A leurs auteurs le conçoivent. Toutes les nuances de la théologie du «
XIXe siècle sont représentées dans ces Vies de Jésus, et cen’est pas diminuer le mérite de ces œuvres, mais c’est peut-être en souligner un des caractères dominants que de dire que beaucoup ee des auteurs dont nous parlons, ont mis dans leurs œuvres le meilleur de leur piété. En parlant ainsi, je pense tout nés Ad à la sobre mais admirable esquisse que mon maître Auguste Fes Sabatier a donnée dans l’article Jésus-Christ de l'EncyoREE des sciences religieuses de Lichtenberger.
rh w.
? Girard et Moncel, Bibliographie des œuvres de Ernest Renan; Paris, 1983, p. 84-93.
2 Schweitzer, Von Reimarus zu Wrede, Eîne Geschichte der Lebendesu-Forschung, Tübingen, 1906, seconde édition sous le titre: Geschicht der Leben-Jesu-Forschung, Tübingen, 1913, p. 193 ss.