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2. On s'aperçoit que la révolution de 1S48 a porté ses fruits, même en .Russie.

obéissent toujours, en produisant, à une double loi : à leur nature individuelle d'abord, et à Fesprit du temps qui entraîne tout le monde, à commencer' par ceux-là mêmes qui voudraient lui résister. » Or aucun artiste n'a été plus de son«temps que Beethoven, auctin génie n'a subi autant que le sien Tinfluence d'une organisation maladive et des circonstances domestiques au milieu desquelles il a dû passer sa vie. Après avoir raconté les principaux événements de l'humble existence du pauvre et grand génie dont il blâme les tendances généreuses vers un idéal de liberté que la révolution française avait suscité chez les plus grands esprits de l'Allemagne, M. Oulibichef passe à l'analyse de scm œuvre, qui forme le troisième chapitre. Le premier écrivain qui, à notre connaissance, ail essayé de classer les productions de Beethoven en trois différentes périodes, en assignant à chacune d'elles un caractère esthétique parfaitement reconnaissable, c'est M. Fétis dans sa Biographie universelle des musiciens. Selon M. Fétis, Beethoven continue avec plus ou moins d'indépendance la manière de ses prédécesseurs Haydn et Mozart jusqu'à la Symphonie héroïque (la troisième), qui est de 1804. A partir de ce chef-d'œuvre, le génie de Beethoven éclate dans toute sa magnificence et avec les propriétés de sa seconde manière, qui se prolonge pendant dix ans, c'est-à-dire jusqu'en 1614. C'est pendant cette période féconde que Beethoven produit la symphonie en si bémoly celle en ut mineur, la Pastorale, Voici en quels termes M. Fétis caractérise les productions qui appartiennent à la troisième période de la vie de Beethoven, comprenant la symphonie en fa (la huitième).

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celle avec chœnrs, et les cinq derniers quatuors pour instruments à cordes : « Insensiblement et sans qu'il 5'en aperçût, ses études philosophiques donnèrent à seis idées une légère teinte de mysticisme qui se répandit sur tous ses ouvrages, comme on peut le voir dans ses derniers quatuors; sans qu*il y prît garde aussi, son originalité perdit quelque chose de sa spontanéité en devenant systématique. Les redites des mêmes pensées furent poussées jusqu'à l'excès, le développement du sujet alla jusqu'à la divagation, la pensée mélodique devint moins nette, l'harmonie fut empreinte de plus de dureté. Enfin Beethoven affecta de trouver des formes nouvelles, moins par T effet d'une soudame inspiration que pour satisfaire aux conditions étun plan médité^, » Pris dans sa généralité et sans vouloir en appliquer les conséquences à aucune œuvre particulière, ce jugement de M. Pétis nous paraît irréfutable. Comme le dit très-bien le savant critique, • Ifô dernières compositions de Beethoven se font remarquer par le (îéveloppement excessif des épisodes, par la dureté de l'harmonie, par la fréquence et rétrangeté des modulations, enfin par cette prédominance de la volonté systématique du penseur et du philosophe sur la spontanéité de l'artiste et du musicien. Il serait assez difficile de préciser quels sont les principes qui ont guidé M. de Lenz dans la classification des œuvres de Beethoven. Ce qui ressort de plus clair de l'ouvrage confus, Beethoven et ses trois st^fies^ où il a entassé les effluves de son enthousiasme pour

1. Voy. la Biographie universelle des musiciens j article Beethoven.

le grand musicien^ c'est que H. de Lenz préfère les dernières compositions de Beethoven à toutes celles qui forment le partage de la première et de la seconde manière. Ce n'est pas que H. de Lenz ne reconnaisse lui-même que dans les dernières productions de Tauteur de la Symphonie avec chœurs (la neuvième), « on trouve souvent des choses bizarres et choquantes » pour Toreille des simples amateurs de bonne musique; « mais, ajolite-t-il, s'arrêter à ces étrangetés serait se montrer indigne de savourer les beautés ineffables qu'on rencontre encore plus souvent dans les œuvres dernières de ce sublime génie, » dont la troisième manière « est un jugement porté sur le cosmos humain, et non plus une participation à ses impressions \ » Jamais M. Listz ne s'est mieux exprimé.

Pour M. Oubiiichef, qui ne vise pas si haut que M. de Lenz, son contradicteur, il divise la vie et l'œuvre de Beethoven en trois périodes : les années comprises entre 1793 et 1804, où Beethoven est visiblement sous l'influence d'Haydn et de Mozart, et dont la Symphonie héroiquCy qui marque l'émancipation de son propre génie, est l'œuvre capitale ; la deuxième période, renfermée entre 1804 et 1814, et qui donne naissance aux plus magniflques productions, telles que la symphonie en ut mineur^ la Pasto^ rale^ celle en to, y compris la huitième symphonie en fa. La troisième période s'écoule de 1814 à 1827 ; elle se distingue par la Symphonie avec chœurs et les cinq derniers quatuors. On voit que la classification

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