‹ Critique et littérature musicalesChapitre 7 sur 22 · FRANZ LISZT. T · texte numérisé non relu

FRANZ LISZT. T

dais reconnaissants. Mais au milieu de ses triomphes, ce qui préoccupait M. Liszt, c'était Paris. Les agents et les dévotes qu'il y avait laissés faisaient circuler les bulletins de ses victoires, et l'instruisaient à leur tour de l'effet que cela produisait sur l'opinion publique. Lorsqu'on crut entrevoir le moment opportun, on lui écrivit : Venez; et il apparut en effet parmi nous après quelques années d'absence, entouré de ses succès et de son beau talent. Le coup frappé, M. Liszt reprit le cours de ses pérégrinations et de ses promenades triomphales, étonnant les uns par sa merveilleuse exécution, et les autres par sa fastueuse charité : on n'est pas plus habile.

Ames tendres et délicates, esprits élevés, vrais artistes, vous tous pour qui la musique n'est pas un vain bruit, une cohue de sons qui étonnent et enivrent les sens, mais un langage sublime par où se révèlent les joies, les douleurs, les aspirations de notre âme, que ne saurait exprimer la parole ordinaire, laissez à M. Listz et ses tours de force, et allez entendre M. Chopin, si vous pouvez. M. Listz n'es! qu'un pianiste, et M. Chopin est un poëte ”.

Les grands événements auxquels nous assistons depuis cinquante ans, la lutte gigantesque que nous avons eu à soutenir contre les intérêts du passé et l'Europe coalisée, ont trop développé la personnalité et le côté agressif de notre nature, et surexcité les forces de l'intelligence aux dépens des qualités affectives de l'âme. De là le malaise qui nous tourmente, l'emphase et l'agitation fébrile dont sont empreintes les œuvres de ce temps-ci. Notre mission à nous, enfants de la seconde moitié du dix-neuvième

1 François Chopin, né à Zelazowawola, près de Varsovie, en 1810, est mort à Baris le 17 octobre 1849. Virtuose de premier ordre et compositeur exquis, Chopin appartenait à cette école de musiciens ingénieux et profonds

dont Weber et Schubert ont été les fondateurs. Ses compositions diverses pour

le piano sont les seules vraiment originales qui aient paru en France depuis une trentaine d'années.

siècle, est de combler ces lacunes et de rétablir l'équilibre dans l'économie de la vie en organisant la liberté conquise par nos pères, en dégageant l'unité de Dieu des phénamènes de la science qui en obscurcissent l'image, et en tempérant les témérités de l'esprit par les divines inspirations du sentiment.

DE

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