XIV PRÉFACE
s'est effectué dans toute âme sincère: d'un côté, n'ayant plus rien à redouter d'une croyance fausse, la raison s'est laissé gagner à la tolérance, à la sympathie, au respect pour la foi consolatrice des faibles : Honneur au yevvatov iJ/eOSoç I Cependant elle reconnaît avec efifroi que sa nouvelle idole est frappée d'impuissance morale. La science ne peut commander à l'humanité : au nom de qui? au nom de quoi ? Elle ne peut fonder ni promulguer aucune loi morale, car les choses de l'âme ne sont pas de son royaume. La conscience humaine est, soit un don de Dieu, soit la plus belle des inventions de l'homme ; elle n'est pas un fait naturel.
« La vérité ne peut éclairer et diriger que ceux qui ont déjà en eux-mêmes le principe directeur, soit dans la noblesse innée de leurs instincts, soit dans les habitudes héréditaires de vertu imprimées en eux par des ancêtres qui ont cru ». — Alors désorientée, saisie de vertige, la pensée se demande, entre le Dieu menteur et la science immorale, où est la loi ? où est la règle ? Quel est le sens de la vie et du destin humain? Et, tandis qu'elle traverse un passage de ténèbres, l'âme désolée se renferme dans un agnosticime plein de désespoir,