‹ Critique philosophique (volume 2)Chapitre 107 sur 144 · De VEiprit, Discours I, ch. u · texte numérisé non relu

De VEiprit, Discours I, ch. u

A PROPOS DE LA THÉORIE SPENGÉRISTE DE L'iNNÉITÂ MENTALE. 9^

du sens du tact, mais encore de l'adresse nécessaire pour manier aucun outil, et pour faire aucune des découvertes qui supposent des mains.

« 2. La vie des animaux, en général, plus courte que la nôtre, ne leur permet ni de faire autant d'observations, ni par conséquent d'avoir autant d'idées que l'homme.

« 3. Les animaux, mieux armés, mieux vêtus que nous par la nature, ont moins de besoins, et doivent par conséquent avoir moins d'invention : si les animaux voraces ont en général plus d'esprit que les autres animaux, c'est que la faim, toujours inventive, a dû leur faire imaginer des ruses pour surprendre leur proie.

c 4. Les animaux ne forment qu'une société fugitive devant l'homme, quiy par le secours des armes qu'il s'est forgées, s'est rendu redoutable aux plus forts d'entre eux.

c( L'homme est d'ailleurs Tanimal le plus multiplié sur la terre : il naît, il vit dans tous les climats, lorsqu'une partie des autres animaux, tels que les lions, les éléphants et les rhinocéros ne se trouvent que sous certaine latitude.

c Or, plus l'espèce d'un animal susceptible d'observation est multipliée, plus cette espèce d^animal a d'idées et d'esprit.

c Hais, dira-t«on, pourquoi les singes dont les pattes sont à peu près aussi adroites, que nos mains, ne font-ils pas des progrès égaux aux progrès de l'homme? C'est qu'ils lui restent inférieurs à beaucoup d'égards; c'est que les hommes sont plus multipliés sur la terre ; c'est que parmi les différentes espèces de singes, il en est peu dont la force soit comparable à celle de l'homme ; c'est que les singes sont frugivores, qu'ils ont moins de besoins et par conséquent moins d'invention que les hommes ; c'est que d'ailleurs leur vie est plus courte, qu'ils ne forment qu'une société fugitive devant les hommes et les animaux tels que les tigres, les lions, etc. ; c'est qu'enfin la disposition organique de leur corps les tenant comme les enfants dans un mouvement perpétuel, même après que leurs besoins sont satisfaits, les singes ne sont pas susceptibles de l'ennui, qu'on doit regarder comme un des principes de la perfectibilité de l'esprit huDQiain.

« C'est en^ combinant toutes ces différences dans le physique de l'homme et de la bête, qu'on peut expliquer pourquoi la sensibilité et la mémoire, facultés communes aux hommes et aux animaux, ne sont, pour ainsi dire, dans ces derniers, que des facultés stériles (1). »

Helvétius a omis de dire, en ce passage, que le don de la parole s'explique en l'homme tout simplement et très suffisamment par l'organisa-

i. De V Etprit fDiwioun I, oh. i, note a.

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