‹ Critique philosophique (volume 2)Chapitre 110 sur 144 · ENCORE UN MOT SUR LA CHAIRS DB PHILOSOPHIE VACANTS, STG · texte numérisé non relu

ENCORE UN MOT SUR LA CHAIRS DB PHILOSOPHIE VACANTS, STG

ENCORE UN MOT SUR LA CHAIRE DE PHILOSOPHIE VACANTE A LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE DE MONTAUBAN

Dans noire dernier numéro, nous avons dit quelques mots des deux candidats qui se présentaient aux suffrages des Consistoires. Depuis lors, M. Leenhardt a cru devoir retirer sa candidature, et en môme temps recommander celle de M. Henri Heyer, pasteur à la Roche-sur-Yon. En un mot, ce n'esfplusM. Leenhardt, c'est M. Meyer, qui est maintenant le candidat du parti orthodoxe. Ce paili sentait que la nomination de M. Leenhardt n'était guère possible. M. Leenhardt a dû faire place à un candidat nouveau, que Ton pût soutenir avec plus d'espérance de succès; et M. Meyer a répondu à l'appel que les adversaires du candidat libéral faisaient à son dévouement. Yoici la circulaire de M.Meyer :

Pour des raisons d'ordre universitaire qu'il a lai-môme indiquées, M. F. Leenhardt, dont le mérite, la science et la piété sont connus de tous, a cru devoir retirer sa candidature à la chaire de philosophie actuellement vacante à la Faculté de Montauban. Des personnes très autorisées, et en premier M. Leenhardt lui-môme, m'ont très vivement pressé de me présenter aux suffrages des Consistoires.

Je n'ai pas cru pouvoir me dérober à cet appel, et je viens faire connaître comment j e comprendrais ma tâche, si j'avais le périlleux honneur d'occuper la chaire du savant et regretté professeur Nicolas.

Depuis bien des années, le cours de philosophie de Montauban a été essentiellement un cours d'histoire de la philosophie. Je m'attacherais, à mon tour, à retracer impartialement et dans ses grandes lignes l'histoire de la philosophie ancienne et moderne. Il faut que les futurs ministres de l'Évangile connaissent les efforts que l'homme a tentés à diverses époques pour résoudre l'énigme de l'univers : il n'y a pas là seulement le tableau des égarements de la raison humaine, mais le spectacle de ses luttes sans cesse recommencées pour atteindre la vérité, la marque de la noblesse originelle de l'homme et de sa haute destination. En m'eiïorçant de démontrer que l'intellectualisme pur a toujours abouti à des solutions insuffisantes à la fois et désespérantes, je m'appliquerais à faire ressortir raffînité avec l'Évangile des systèmes qui, depuis Socrate jusqu'à Kant, ont cherché leur base dans la conscience et considéré les réalités de la vie intérieure comme les plus hautes, comme les plus réelles des réalités.

D'autre part, je voudrais, — prenant mon point d'appui dans la conscience que Christ a eue de liii-môme, — montrer que de ce fait certain que Jésus- Christ a été, comme il Taffirme, le Fils unique et bien-aimé du Père oit qu'il est mort pour nos offenses et ressuscité pour notre justification, découle toute une philosophie, toute une métaphysique, — la philosophiCj la métaphysique de l'Évangile.

Cette philosophie ne se greffe pas sur l'Évangile, elle s'en déduit : proche parente du spiritualisme, mais maintenant (plus énerglquement qu'il ne le fait) le caractère absolu de la loi morale et l'absolue gravité du mal moral; — etsentiellement théiste, proclamant la justice divine qui ne saurait laisser le mal

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