M. FERDINAND BRDNETIÈRE ESTHÉTICIEN ET CRITIQUE
Histoire et Littérature^ II, Paris, Caimann Lévy, 4886.
Si l'homme diffère de l'animal, c'est parce que le KtYJfxa elç dwl est son ambition et qu'il juge indignes de lui les constructions fragiles. M. Ferdinand Brunetière pense là-dessus exactement comme les défenseurs des systèmes aprioristes. 11 va même plus loin qu'eux. Plusieurs, parmi nous, accorderaient que si nous pensons « sub specie seternitatis > nous affranchissons ordinairement nos sentiments esthétiques de cette obligation. Kant a distingué le Jugement (Urtheil) de la Raison pur6(A6in^ Vemunft). Il a compris que les jugements esthétiques se sauraient prétendre au même genre d'universalité que les propositions scientifiques ou logiques. Ils sont néanmoins universels, et tout critique a droit de légiférer, a II y a un bon et un mauvais goût, écrivait Labruyère, et Ton dispute des goûts avec fondement, i Mais si on en dispute, on ne sait donc, à l'avance, lequel, de deux goûts opposés est le bon. M. F. Brunetière est de ceux qui disputent en faveur de leur goût personnel, non seulement parce qu'il leur appartient, mais encore en raison de je ne sais quelle supériorité objective qui le recommanderait au partage de tous. M. Brunetière est donc plus qu'un critique, c'est un esthéticien et un esthéticien militant. Comme les moments où l'on est disposé à la lutte, ne serait-ce qu'à la lutte oratoire, sont assez rares dans la vie, et que les amateurs des ouvrages de l'esprit souffrent peu d'être dirigés dans leurs syD^>aihies ou antipathies littéraires, le critique de la Bévue des Deux
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Mondes déplaît à beaucoup. On lui repproche... Mais M. Jules Lemaltre a déjà dit tout ce qu'on et tout ce qu'il lui reprochait. Donc, c'est entendu. M. Brunetière, malgré ses défauts, reste le plus autorisé de nos critiques: il commande l'attention; même quand il donne envie de lui trouver tort, il intimide son lecteur, et l'oblige à chercher des arguments contre les siens. Il excelle d'ailleurs à dominer ses impressions esthétiques et' il n'admire jamais sans raisons. Kant a écrit : c Agis de telle sorte que tu puisses vouloir ériger ton action en règle universelle de conduite >. M. Brunière écrirait, non toutefois sans varier inconsciemment le même thème : c Admire de telle sorte que ton admiration s'attache aux œuvres susceptibles d'être toujours admirées. »
Gomment s'y prendre pour se conformer à cette règle? — Est-il sûr que la règle soit obligatoire, et n'est-ce point cela qu'il faudrait montrer tout d'abord? D'abord une règle obligatoire ne s'applique qu'aux résolutions : les sentiments résistent à son joug. Ensuite, le beau est affaire d'admiration, et l'admiration est une c passion ». — c Sans doute, répliquerait M. Brunetière ; mais comment admirer sans approuver? Or, approuver c'est juger, c'est donc faire œuvre d'être raisonnable. Il faut, dès lors, que la raison connaisse les raisons du sentiment. Vous avez le droit de chercher votre bonheur, pourvu que votre devoir et votre bonheur s'accordent. Vous avez le droit de déclarer belle une œuvre qui entraîne votre admiration, pourvu que cette admiration soit légitime; j'allais écrire: c morale >. Kant a marqué le rôle de la raison, c'est-à-dire de l'élément impersonnel dans les jugements esthétiques. Certains voudraient l'éliminer. M. Brunetière entend qu'il demeure et que la raison ait le dernier mot.
La raison est categoriste. Elle rapproche les objets, les compare, les classe. Et comme elle compare avant de classer, elle se rend compte du principe de ses classifications. Aussi M. Brunetière prend-il grand soin de mesurer ses admirations et d'en distribuer à chacun la quantité qu'il mérite. Exemple : plus d'un, parmi nos critiques du jour, a exagéré le mérite d'Amiel. Cet homme, de son vivant, réputé médiocre, comment serait-il digne après sa mort de tant de gloire littéraire ? De ses recueils poétiques, remarquables par un singulier parti pris d'innover, non pour faire mieux, mais pour faire autrement que les autres, aux Fragments du Journal Intime^ la distance serait donc aussi infranchissable qu'on l'a soutenu? Le credo esthétique de M. Brunetière lui défend de le croire. En vain M. Brunetière aura contre lui l'opinion des maîtres, de M. Scbérer, le seul qui compte parmi les aînés, de M. Bourget, l'un des oracles de la jeune école. Peu importe: M. Brunetière sera patient: il attendra d'avoir ramassé ses preuves avant de parler. Mais quand une fois il rompra
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le silence 9 gare 1 II vous démontera votre Amiel pièce à pièce, vous mettra en face de l'homme^ de ses travers, de ses ridicules, vous prouvera par A -{- B qu'un tel homme et les qualités de l'écrivain de génie sont incompatibles. Et maintenant admirez-le si cela vous plaît ! Faites d* Amiel votre auteur favori, vous qui ne lisez plus Joubert. Joubert, sachez-le, aurait battu Amiel : il était plus c fort » qu'Amiel dans Tari de trouver des maximes et de leur donner un tour agréable.
c N'entrons pas dans ces querelles de préséance qui sont ausi vaines dans la littérature que dans la vie^ i écrivait récemment l'un de nos anciens maîtres. On souhaiterait les éviter qu'on ne le pourrait. Car on a beau faire, critiquer c'est trancher du mieux et du moins bon, c'est faire entendre des raisons démonstratives, à ceux qui. ne savent que se laisser « empoigner ». Or, on n*est pas maître de ses « emballements », et parce qu'on n'en est pas maître, on admire à tort et à travers et l'on commet des faates de goût qui sont de véritables dénis de justice. Suum cuiqiLe.
Il est plus facile de réclamer avec instance la liberté de ses admirations que de justifier cette réclamation. Le droit à l'incohérence fut-il jamais un droit? Or l'admiration qui entend se porter où il lui plaît et ne jamais suivre que la ligne de moindre résistance sera sujette à se démentir plus d'une fois, à n'être presque jamais d'accord avec elle-même. Ainsi en esiril de la charité quand elle ne veut point subir le joug de la justice : elle donne à tous et ne donne presque jamais proportionnellement au mérite.
Autre remarque. Si l'admiration n'est pas l'étonnement, quelquefois, l'étonnement la fait naître et entre pour une grande part dans son intensité. Le plaisir d'entendre ou de lire des choses au-dessus de l'ordre commun augmente sensiblement quand on n'a jamais lu ou entendu rien de pareil. A moins d'avoir passé la cinquantaine, on prend plaisir aux nouveautés par cela seul qu'elles introduisent dans la littérature ou dans l'art des modes nouveaux de concevoir et d'exécuter. De là vient la faveur qui s'attache aux maîtres d'aujourd'hui et même aux imitateurs de ces maîtres. Malheureusement, rien ne se perd, rien ne se crée ni dans la nature, ni dans l'àme non plus sans doute, et la quantité d'admiration dont chacun de nous dispose reste vraisemblablement invariable. S'attachant à l'un, il faut qu'elle se détache de l'autre. L'admiration trop grande pour les contemporains ne va pas sans un commencement d'indifférence pour les maîtres d'autrefois.
On exagérerait certes à prétendre que M* Brunetière n'a de culte que pour les morts. Il sait à l'occasion saluer un auteur vivant, mais quand il le salue, ce qui n'arrive pas tous les jours, il a soin de marquer la différence entre un salut et une génuflexion. Or quand on ne fait pas bon
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marché de sa dignité, on ne s'agenouille que devant les tombes. Remarquez d'ailleurs que la reconnaissance des droits supérieurs des écrivains morts au culte des bons esprits semble résulter des principes même d*une certaine esthétique, j'entends de celle qui proclame au-dessus des variations du goût Texistence de règles éternelles. Il en est des théories esthétiques comme des théories de la connaissance : les unes sont empiriques, les autres aprioriques. On sait de quel c6té ranger H. Brunetière. De là viennent tout ensemble son intransigeance et son autorité.
Aussi bien n'exagérons-nous pas quand nous parlons, ici, d'intransigeance? Ceux qui ont lu le second volume d'Histoire et Littérature trouveraient peut-être le moment mal choisi pour un semblable reproche. M. Brunetière n'a point l'idolâtrie des jeunes pour Gustave Flaubert ; il craint que l'imagination où s'est formé le type de H. Homais, ce Prudhomme des nouvelles couches sociales, ne se soit quelque peu éprise de sa création, jusqu'à vouloir, non pas en tout, mais en bien des points se modeler sur elle. On peut, comme notre bon roi mérovingien, retourner son haut-de-chausse et le mettre à l'envers ; on n'en reste pas moins revêtu de son haut-de-chausse. On peut^ comme Flaubert, avoir pour la bourgeoisie de son temps une haine aussi vigoureuse que celle du fils d'Amilcar pour les éternels ennemis de Carthage, En quoi cela empêche-t-il de rester bourgeois? Le baurgeoisùme ne consiste pas dans les opinions que l'on professe, mais dans la façon dont on les professe, dans l'attitude que l'on prend pour les énoncer, dans le coefficient de certitude dont on les affecte, alors que ces opinions sont battues en brèche par un grand nombre et par de sérieux arguments. Gustave Flaubert dogmatisait, et il dogmatisait à outrance, et il dogmatisait en dehors et contre les idées reçues, et cela sans douter qu'il eût raison, sans penser qu'il eût à donner des raisons. Il voyait autrement que tout le monde, et il se croyait seul à avoir de bons yeux ; il était naïf, crédule, tranchant ; bref, ff^ii n'était ni Pécuchet ni Bouvard, il avait en lui, si j'ose dire, des parties de Bouvard et de Pécuchet. H. Brunetière a dit cela en d'autres termes, il l'a dit avec force et l'aurait presque démontré, si les thèses littéraires n'avaient l'heureux privilège d'échapper à la démonstration. Voilà qui touche à l'intransigeance. Mais cela ne durera point et bientôt on louera cet écrivain de premier ordre d'avoir compris les devoirs de son métier, d'avoir senti le pouvoir d'une épithète mise en sa place, d'avoir éprouvé, comme les grands artistes, la noble inquiétude de la perfection.
Laissons parler M. Brunetière : « On savait depuis longtemps ce que cette i recherche et ce labeur de la forme avait coûté de peines et de sueurs à « Flaubert. George Sand, avec sa manière libre et large, ne comprenait « pas plus cette inquiétude et cette angoisse de styliste que Victor Hugo,
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c vers le même temps, n'a sans doute compris le laborieux effort des parce nassiens...'Il convient de dire, ici, que les romantiques, d*une manière ff générale trop libèralemant doués d'en haut, pour la plupart, avaient
< peut-être abusé de ce procédé trop sommaire qui consiste à corriger les ( défauts d'un ouvrage en en faisant un autre. S'il y a donc, dans ce cri tt de Flaubert, un aveu d'impuissance, il y a pourtant aussi quelque chose « de plus : à savoir lé respect du style. J'oserai dire qu'il était bon, il y a c vingt-cinq ou trente ans, d'y rappeler publiquement les générations « nouvelles, et môme que c'était ramener aux vraies, aux saines, aux
< grandes traditions de la langue : Pascal récrivait jusqu'à quinze fois « telle de ses Provinciales, et Racine ne mettait pas moins de deux ans à « composer et à écrire sa Phèdre, • {Histoire et Littérature^ II, p. 141-442). Est-ce là de l'intransigeance et n'avons-nous pas eu décidément tort de ranger M. Brunetière là où il ne lui déplairait peut-être pas de prendre rang une fois pour toutes, parmi les critiques « inhospitaliers » ?
Pourtant, si j'avais le désir de m'alléger d'un remords, si je regrettais mon reproche d'intransigeance, je me souviendrais des articles où le natu- Ffidisme est visé, et je protesterais contre les arrêts de M. Brunetière. Que n'a-t-il pas écrit contre le naturalisme? Quels efforts n'a-t-il pas tentés pour convaincre les admirateurs de l'Assommoir que leur admiration était de mauvais aloi? Ne devrait-on pas se souvenir qu'il est des genres littéraires, que chaque genre a son esthétique et surtout qu'il est une hiérarchie des genres? Tout n'est donc pas également admirable et lé nom de grand écrivain mérite de n*étre pas prodigué. Qu'importe d'être parfait dans un genre si le genre est inférieur? Le premier citoyen de Gables pouvait être un personnage médiocre, insignifiant. Mieux valaif cent fois, au rebours de ce que pensait César, être le second à Rome. Ce qui fait précisément le succès des livres de M. Zola, c'est qu'il représente chez nous une littérature inférieure, sensualiste ; il serait donc de bon goût et d'infiniment bon goût de ne le pas admirer en bloc comme font beaucoup d^amateurs. Cherchez les parties admirables, arrêtez- vous y ; donnez à votre faculté d'admirer un libre essor. Mais si vous avez cherché, si vous avez choisi avec discernement, n'êles-vous pas surpris du petit nombre de passages dignes d'être relus et retenus? Voilà ce que M. Brunetière ose penser de notre grand naturaliste. Quant aux autres, « les petits » comme il les appelle, ce sont des vaudevillistes qui ont manqué leur vocation. J'ouvre le deuxième volume d'Histoire et Littérature à la page 387 et je lis : c Dans le vaude- « ville comme dans le roman naturaliste, il s'agit justement d'égayer par f quelque artifice la vulgarité convenue des sujets, et si la cocasserie du c style n'y saurait seule suffire, c'en est cependant un des bons moyens... » Avant de continuer, je prie qu'on remarque le mot cocasserie : M. Bru-
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netière n'en permet pas beaucoup de ce genre à sa plume, mais pour écrire sur des œuvres d'un genre si bas ne convient-il point d'abaisser son style? c Continuons : c Lorsqu'il est bien entendu que vous ne prétendez intéresser c le lecteur ou le spectateur ni par la singularité des aventures, ni par t roriginalité des caractères, il faut pourtant bien trouver à quoi Tinté- (c resser, ou ne se mêler alors ni de roman ni de théâtre. Le roman naturaliste c et le vaudeville y réussissent quelquefois par des combinaisons de mots c et des associations d'idées qui sont au naturel ce que les lignes beurtées a de la caricature sont à la vérité du dessin de la forme humaine. Aussi ne <( les faut-il accuser ni Tun ni l'autre, en outrant la nature, d'avoir passé le c but, puisque précisément c'est là tout ce qu'ils se proposent, et ils nous ( répondraient à bon droit qu'ils l'ont ainsi voulu. L'ont-ils vraiment ainsi « voulu? demandent bien quelques sceptiques. Mais ce sont dessceptiques, i Voilà donc le vaudeville et le roman naturaliste accusés de complicité. Qui osera soutenir pareille accusation, s'il n'est M. Ferdinand Brunetière? Qui osera prétendre qu'après avoir lu les exploits du fameux des Esseintes, on soit tout juste dans le même état d'humeur que si on sortait de voir jouer Ma Camarade? J'ai vu jouer cette pièce et j'y ai ri. On rit à V Assommoir: le spectateur rit. Le lecteur est dans d'autres dispositions. Autre est le drame, autre le roman. C'est ici le cas de ne pas oublier ce qu'enseignait Platon, que les idées existent à part les unes des autres, et, comme prêche M. Brunetière, qu'entre les genres littéraires il faut distinguer. Je viens de lire A Rebours de Huysmans,* jamais il ne m'est arrivé d'ébaucher un sourire. Et pourtant M. Brunetière ne se trompe pas: d&ns les romans de Zola, Huysmans et C^*, il y a de quoi faire rire. Mais on ne rit pas. Dans Pot-Bouille^ — j'aurais préféré que ce livre n'eût point été écrit; il l'a été, et certes on ne perd point son temps à le lire, — il est une scène profondément tragique, Octave et Berthe se sont donné rendez-vous dans la chambre d'une domestique. Au moment de donner une raison d'être à cet étrange rendez-vous, voici qu'une clameur part des cuisines et voici que les injures pleuvent sur les deux amants. Je ne sais quel effet me produirait cette scène, au théâtre, ni si j'en rirais. J'ai lu la scène ; rien qu'à m'en ressouvenir elle me donne le frisson. Horace a écrit qu'on est moins ému par les scènes dont on lit la description que par celles dont on devient le spectateur, c'est-à-dire le témoin oculaire. En effet les sensations appartiennent aux états de consciences /br<5; les images que l'on évoqué sont, au contraire, de l'ordre des états faibles. Mais peut-être Horace n'a-t-il pas dit tonte la vérité. Il se pourrait qu'entre les émotions esthétiques du lecteur de roman et celles du spectateur de drame (le sujet étant supposé le même) la différence ne fût pas simplement de degré. Il se pourrait que le spectateur
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fût porté à rire là même où le lecteur s'est senti près des larmes. El les choses ne se passent guère autrement dcuis la vie ; le même événement semblera tragique ou ridicule à la même personne. Gela dépend de la façon de regarder, et la façon de regarder change quand on passe du roman à la comédie ou au drame.
Qu'il est vieux ce problème d'esthétique littéraire et qu'on aurait mauvaise grâce à vouloir le traiter à fondl On traverserait bien des réflexions banales sans profit pour personne. Est-ce un tort cependant d'avoir songé à ce problème, de l'avoir posé de nouveau? Est-ce un tort, enfin, de demander à M. Brunetière pourquoi il n'a tenu aucun compte de ce problème? Dire que les romans de Zola sont des matières à scènes de vaudeville, ou c'est constater un/ait, et ce fait me parait assez peu contestable ; ou c'est adresser un reproche, et ce reproche me parait assez immérité.
Voilà quelques réflexions improvisées et qui nous sont venues à propos du nouveau livre de M. F. Brunetière : Histoire et Littérature. C'est le second tome d'une série qui, je l'espère, ne finira point de sitôt et où les études d'histoire tiennent à peu près autant de place que les autres. Ainsi faisait Sainte-Beuve. Mais Sainte-Beuve avait une esthétique plus souple, plus accommodante, affranchie au moins dans une assez large mesure de la tyrannie des règles étemelles. Aussi les dissertations sont-elles rares chez l'auteur des. Lundis, Elles abondent chez M. Brunetière au point de ne laisser presque plus de place au compte rendu. Les pensées des autres n'ont de valeur à ses yeux que dans la mesure où elles confirment les siennes et leur fournissent l'occasion de s'exprimer. Le « moi i de M. Brunetière prend beaucoup de place dans ses articles. Or Pascal a dit que le moi est haïssable ; mais il a dit aussi que rien ne le charmait comme de chercher un auteur et de de trouver un homme, c'est-à-dire un écrivain ne prenant la plume que pour penser devant tous et pour convaincre. Et M. Brunetière est cet écrivain-là.
Lionel Dâueuc.
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