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338 EXAUBN DKS c PRRMIEBS PRINCIPES i DE HERBERT SPENCER.
plus, d*aîUeurs, qu'il n'a fait la nébuleuse du passé, sur laquelle ses explications ont été fort vagues, à plus forte raison ne doit-il pas espérer nous faire admettre, sur la foi des deux forces univerêellement coexUtanfes et du rhythme, Texistence d'une limite que Tétat général de la matière indestructible doit atteindre nécessairement, et à partir duquel la force innariable doit se retourner et reprendre en sens inverse sa carrière avec son étemel labeur de Sisyphe. La vérité est qu'à travers toutes ses formules incorrectes on vagues, à prétentions scientiûques, il n'a trouvé d'argument sérieux ni pour poser un état initial d'homogénéité de la matière et de diffusion universelle du mouvement, ni pour cantonner l'évolution en quelque endroit d'un in Qui qu'il ne nie point, ni pour rendre intelligible la sortie des phénomènes d'un état initial d'équilibre, sans l'action d'une force extérieure, ni pour les ramener à cet état en dépit des causes inconnues dont l'existence n'a pas pour nos conceptions plus de bornes que l'espace lui-même, ni enfin pour établir la possibilité qu'ils en sortent de nouveau, s'ils y reviennent jamais. Je dis possibilité, pour ne pas excéder les termes de l'auteur qui a paru vouloir nous laisser le choix entre le retour du mouvement dans l'univers, et le repos absolu, la mort définitive ; mais, à vrai dire, le c rhythme du mouvement > lui fait une loi d'admettre de préférence une série éternelle d'évolutions « toujours les mêmes en principe ».
En résumé, on voit que M. S. échoue, dans son esprit dogmatique et absolutiste, à concilier les conditions finies de toute évolution intelligible avec cet infini qu'il reconnaît dans l'espace et dans le temps, et comme matière, et comme force, qui déborde de tous les côtés sa spéculation physiqne, et dans lequel il s'oblige à poser des limites qu'il ne peut justifier. Sa loi de l'hétérogénéité croissante, prise in médias res, ne l'autorisait pas, supposé même qu'on dût la lui accorder, à sortir du relatif et à feindre un état primitif d'homogénéité pure; mais il avait besoin d'un commencement pour l'évolution, et il se l'est donné, non sans apparence d'hésitation, non, ce me semble, en termes visant à une démonsiratton d'ailleurs impossible, mais de manière à regarder ce point comme acquis pour la suite de ses raisonnements. Puis vient la difficulté de la fin, corrélative de celle du commencement. Certes, dans l'ignorance entière où nous sommes des rapports que notre S3rtème solaire soutient avec d'autres systèmes, avec des actions externes possioles vers l'issue de mouvements à périodes immenses, ou même avec des actions internes ultérieurement développables sous de nouvelles conditions de milieu, le philosophe n'a pas plus de raison que le physicien pour envisager la probabilité que des phénomènes mécaniques dont le sujet et les causes modificatrices éventuelles sont, pour notre connaissance, indéfinies comme Tespace où
EXAMEN DES c PREMIERS PRINCIPES > DE HERBERT SPENCER. 339
ils s'étendent, se déterminent un jour de manière à ne plus constituer qu'une masse nébuleuse en équilibre dans un milieu éthéré. Mais une évolution doit se terminer, de même qu'elle doit avoir commencé, pour justifier son nom ; et, en outre, il est bon que les extrêmes se touchent et que la fin rejoigne le commencement, afin que Tun puisse servira Tautre et qu'on soit dispensé de les expliquer : d'expliquer le commencement, puisqu'il n'est pas un vrai commencement, mais bien la suite nécessaire d une fin antérieure; et d'expliquer la fin, qui n'est pas une vraie fin, mais ne fait que restituer les conditions de l'évolution tant passée que future, en son entier, rendue adéquate à l'éternel et à l'infini que son rhythme embrasse. Tel est l'avantage que M. S. trouve dans son hypothèse de l'homogénéité initiale et finale. Elle lui sert à prêter à l'infini les caractères du fini, à attribuer à une matière brute et à une force mécanique qui n'ont pour lui ni origine, ni terme, toutes les propriétés d'enveloppement et de développement d'une puissance déterminée d'où le monde sort comme d'un germe et dans laquelle il doit rentrer après l'accomplissement de son acte. Si ce résultat paraît médiocrement intéressant pour les pauvres individus dontrinfiniment petit rôle, qui leur revient dans l'évolution, n'a que très exceptionnellement la chance de tomber au bon endroit de ïéquilibre mobile, à plu^ forte raison pour ceux d'entre eux qui ont déjà joué le leur, ou qui, comme nous, le jouent dans ce moment même, et ne reviendront plus dans la pièce. Hais si nous trouvons que cette peu divine Comédie ne méritait guère l'existence, M. S. pourra nous répondre que, si elle existe, ce n'est point la faute de l'auteur, car elle n'a point d'auteur, ni la faute de l'éditeur, qui se borne à publier l'œuvre de la c science complètement unifiée ».
XIV. — CONCLUSION. — LA THÉORIE DE l'iNCONNAISSABLE ET L'eSSBNCE