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(4)11., XYUI, 417-418. d. Od., VU, 92. (( IlpaiviSec )) n'est pas seulement employé dans un physiologique; ce terme parait désigner aussi, comme f pivsc, le siège de la pensée et du •atjffleat. — J'ai cru inutile d'insister sur les autres travaux d'HèphsDstos. Voici l'indication dts priBcipanx passages : II., 1, 606. - VIII, 195. - XIV, 238, — XV, 309. - XX, 12. Od., IV, 615,— VII, 21, sq.; enfin, un fragment de la petite Iliade. A propos des chiens merveilleux iTAleiaoiis, M. Helbig démontre clairement qu'il s'agit d'une fantaisie poétique et non d'une lilosion 4 dea siatoea de chiens (Das homeriscbes Epos aqi den Dcnkmâlern erlautert, p. 288 sq.
94 LA NOTION ABSTBMTB
La force de l'air en mouvement est supposée agissante dans les chevaux immortels d'Âchille, Xanthos et Balios, c qui volent aussi vite que le veni(l) ». Cette comparaison, aujourd'hui banale, ne Tétait pas lorsqu'elle se présentait à la pensée des Greca d'Homère. L'importance qu'elle avait pour eux est marquée par le mythe généalogique qui donne aux chevaux d'Âchille, comme père et mère, Zéphyre et Harpyia « aux pieds légers (2) > . Les douze cavales engendrées par Borée sont en quelque sorte animées par le numen paternel. Semblables au vent qui souffle, elles volent sur la surface de la mer, et lorsqu'elles traversent un champ de blé, elles ne brisent pas les épis dans leur course (3). Dans le passage où Achille supplie Borée et Zéphyre de venir au plus vite, afin d'activer la crémation du corps de Patrocle, déposé sur le bûcher, le poète n'imagine pas qu'ils puissent entendre par eux-mêmes la prière du héros : c'est Iris qui la leur transmet spontanément, sans qu'Achille l'ait invoquée (4). Il n'est pas étonnant qu'Homère fasse venir de Thrace le Zéphyre, qui fut regardé plus tard comme le vent d'ouest. Les points de l'horizon ne sont pas encore distribués entre les vents. Ils soufflent où ils veulent et d'où ils veulent, même en dépit des dieux : ils ne changent pas de nom quand ils changent de direction. Il est donc incontestable qu'Homère pense bien plus à leur numen physique, qu'à leur instable et fugitive personnalité (5).
Eau, feu et vent, ont ceci de commun qu'ils paraissent animés d'un mouvement propre, signe extérieur de la force mystérieuse qu'ils renferment, effet sensible de leur numen. Le quatrième élément, la terre, est d'une nature plus complexe. Si de son corps immense elle soutient toutes choses, parfois aussi elle a des mouvements désordonnés, épouvantables. Elle engloutit des plaines fertiles, elle engendre de nouvelles montagnes, elle vomit des laves brûlantes, des fumées épaisses, d'immenses gerbes de flammes. Enfin c'est elle aussi qui par une lente et perpétuelle gestation, met au jour la multitude des plantes, dont se nourrissent les hommes et les animaux (6). Il était difficile de réunir en un même concept des forces si différentes les unes des autres. La Gaea d'Hésiode représente les phénomènes de sustentation universelle, et de volcanisme. La fécondation est régie par Dèmètèr. Dans le vers que nous a conservé, comme homérique,
(1) II., XVI, 149 sq.
(2) La même épiUiète sert de nom à un cheTil d'Hector, et k un autre de Ménélas. (VIII [105], XXIir, 295). Iris est ico$i{vt{jLO< (II., II. 786) ; et les chevaux , àtXk(m6Btç dans THymne à Aphrodite (v. 218).
(3) li., XX» 223 sq.
(4) 11., XXm, 198 sq. I, 423-424.
(5) Cf. Nœgelsbaeh, out. cité, 11, 13 : « Zephyros, der Westwind, hat seine Wohnimg nordlich in Thrteien, » etc. Cf. Od., XII, 3.
(6) L'Iliade nomme la terre itwihjSimfa (111,89). C'est seulement dans les hymn es qu'elle devient ica(AfA/|Tsipa, « la mère commune » (XXX, 1),
DE « FORCE DIVINE • DANS l'iLIÀDE. 95
le pseado-Plutarque (1), et dans le mythe odysséen de lasiAn (2)» Dèmètèr est prise non dans l'acception de la terre en général, mais bien dans celle d'une terre de labour. Partout ailleurs, elle est, bien clairement, la force bienfaisante qui fait germer, croître et mûrir Tépi de blé, et prépare ainsi an genre humain son principal aliment (3). Elle est blonde comme le blé (SdfvOi)] et non pas noire comme Fhumus. Elle sépare sur Taire, avec l'aide du vent, le grain et la paille. Enfin les expressions c Atkai^tepoç èxti » et t dXf (tou tepoS axT/i > se répondent l'une à l'autre, absolument comme t 9X0Ç *Htpa(oToio » et c(a£voc mip^ç (4). > La sublime histoire de Dèmètèr et de Perséphonè est conforme à cette idée primitive de la force fécondante. Plusieurs savants (5) ont noté, comme une chose singulière, le peu de place que Dèmètèr occupe dans la conduite de l'Odyssée, dont le sujet pacifique, les tableaux champêtres, semblaient appeler tout naturellement son intervention. Mais que dire alors de la négligence d'Hésiode à son égard, dans le poème didactique des Œuvres et des Jours? — CSes anomalies apparentes s'expliqueront si Ton admet avec nous que pour les Grecs d'Homère, Dèmètèr est moins un personnage divin, qu'une force divine de la nature, qu'un numen physique (6).
Cette conception n'implique pas nécessairement la spontanéité apparente d'un mouvement ou d'un phénomène. Une impulsion étrangère, accidentelle^ imprimée à un corps, semble lui communiquer un numen qu'il s'approprie. Par exemple, une pierre immobile est pour Homère un symbole ordinaire de la mort (7) ; mais si elle vient à rouler sur une pente, aussitôt elle s'anime et s'emporte de plus en plus, et lorsqu'elle finit par s'arrêter dans la plaine, c'est malgré son désir d'aller plus loin (8). Telles sont les premières idées de l'humanité pensante sur la pesanteur, la vitesse acquise et l'inertie. Elles reposent sur des observations d'une par- Ute exactitude, et sur une interprétation hâtive qui met une volonté à la place d'une loi.
Lorsque l'archer tend son arc, et vise un but avec une grande attention et un vif désir de l'atteindre, il fait corps avec Tinstrument dont il se ^rt.
(1) ^'Ot' al^T^ol Av){XY}Tépa ^(oXorofjieuat. P) Od., V, 125.
(3) Cf. Dionysos (le cep de vigne) et ses nourrices (II., VI, 132 sq.)*