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DE « FORCE DIVINE » DANS l'iLIADB. 97
Enfin ce même Axés est encore pris dans l'acception de blessure (1). Le concept commun est évidemment celui de la force qui fait mouvoir les armes, et qui, par leur organe, blesse et tue.
Il ne nous est pas permis d'oublier, dans cette investigation, que la religion des temps homériques est avant tout anthropomorphique. Il est donc nécessaire, pour vérifier les résultats précédents, d'établir que la conception religieuse des forces physiques n'est pas contraire à l'anthropomorphisme. Or elle l'est si peu, que l'anthropomorphisme, tel qu'il est dans Homère, ne se comprendrait pas sans elle. Les dieux d'Homère, en effet, ne peuvent nullement se définir : des hommes divinisés. La plupart conservent, sous leur figure humaine, de nombreuses traces de leur nature primitive, c'est-à-dire physique. Non pas qu'à chaque concept distinct d'une force sensible soit venu nécessairement correspondre un dieu particulier: au contraire, il s'est produit une certaine classification de ces concepts, et, par suite, une certaine concentration des attributs divins qui les représentent. Le numen physique du naturalisme religieux n'est contenu que dans un objet, et ne se manifeste que par un effet, toujours le même. Mais du moment qu'un nwmen est par l'imagination attribué à un éire^ il n'y a aucune raison pour ne pas lui en attribuer d'autres analogues ou même différents. C'est ainsi qu'à l'idée de propriété physique se substitue peu à peu celle de faculté intellectuelle, et d'action volontaire. En résumé, les degrés par lesquels s'est élevé le sentiment religieux sont les suivants : 1^ crainte, satisfaction, surprise ou admiration éveillées par les objets ou phénomènes sensibles; 2^ conception d'une force particulière pour chacun desobjets ou phénomènes particuliers ; 3® rapprochement entre lesconcepts de forces analogues, ou même différentes; 4*^ attribution de ces forces variées à un être capable de s'en servir à son gré. On voit que dans cette explication, le ^m^o/ûme n'a point de place. Il n'y a pas eu entre les idées d'ordre naturel, et les idées d'ordre humain, une sorte de juxtaposition inconsciente, fixée par le langage, et suivie d'un développement parallèle des deux groupes. Il y a eu, dès le début, un syncrétisme, qui pour être très différent du syncrétisme savant, n'en a pas moins eu des résultats logiquement comparables. La variété des effets et l'unité de la cause étant données, il fallait nécessairement concevoir cette cause comme libre, et l'assimiler à la nature humaine. Le groupement de plusieurs forces physiques autour d'une force centrale, tel est le principe naturalitu de l'anthropomorphi&me. L'analyse permet en général de retrouver les éléments primitifs, phénoménaux, même dans les dieux dont la personnalité semble la plus énergique, et la liberté la plus entière.