‹ Critique philosophique (volume 2)Chapitre 4 sur 144 · LA MORALE GRITIGISTB ET LA CBITIQUK DB M. A. FOUILLÉS · texte numérisé non relu

LA MORALE GRITIGISTB ET LA CBITIQUK DB M. A. FOUILLÉS

« actes pour lesquels il peut être question de droit ou de devoir nous sont « représentés comme pouvant en fait se déterminer de deux manières c opposées et dont Tune exclut l'autre. Mais il ne s'ensuit pas de là que « la notion de l'obligation soit subordonnée à la question de savoir si cette « apparence d'indétermination ^ ou non rindéteriiiihation réelle pour fon- < dément» (1). — «Ainsi, remarque M. F., quand Hercule est en présence de deux routes, dans l'apologue de Prodicus, l'obligation d'aller à droite plutôt qu'à gauche n'est nullement subordonnée à fa question de savo'r s'il peut aller à droite plutôt qu'à gauche I » — Eli I non certes, elle n'y est point subordonnée; elle est subordonnée simplement à la croyance qu'a Hercule en son pouvoir d'aller à droite plutôt qu'à gauche. Mais n'omettons pas ici de rappeler ce que nous avons dit plus haut , que la liberté réelle, et non pas purement r^pré^enta^ioe, est un postulat qui suit la morale fondée sur la notion de l'obligation, quoiqu'elle ne soit pas un postulat de la morale^ à savoir nécessaire pour la fonder.

Omettons quelques arguments qui ne sont que les précédents sous d'autres formes. Leur caractère à tous et leur faiblesse tiennent à l'impuissance où paratt être M. F. de comprendre la notion d'un impératif moral comme valant par elle-même, comme suffisante pour constituer l'obligation de conscience, s'il ne lui est pas donné d'y joindre, au lieu de la libre croyance, qui doit réellement et qui peut ou non y être ajoutée , la contrainte de croire j ou je ne sais quelle preuve ou quelle certitude « objective» de la réalité du fondement de la moralité, indépendamment de l'idée et du sentiment de la loi. Il voudrait aussi qu'en niant que le libre arbitre^ comme riely soit un fondement nécessaire de la morale, on admtt au moins que la liberté en est un. J'ignore ce que cela veut dire. Il conclut en me reprochant de ne pas savoir me passer de postulats. Quant à cela, j'accepte le'reproche, et je le félicite d'avoir trouvé la manière de s'en passer lui même ; il voudra bien nous la communiquer, sans doute. Mais pourquoi me dit-il qu'il est « au fond contradictoire de poser un devoir certain avec une liberté incertaine »? Est-ce bien à moi que cela s'adresse ! Je ne me souviens pas d'avoir admis une différence entre le devoir et la liberté quant à leur certitude — ou à leur incertitude selon que l'on veut entendre le certain ou l'incertain.

Suivant le sens que M. F. donne à l'incertitude/je ne vois pas une objection dans la suite de son argument, j'y donne, au contraire, mon plein consentement : c Devoir et liberté sont également i/ncertains , et la moralité est une pure hypothèse, dont la critique reste toujours à faire ». — Mais pourquoi ajouter : « mais alors ne parlons plus d'un impératif catégorique qui aurait le privilège d'être Vinconcussum quid par rapport aux hypothèses

(1) Critique philosophique, 8 mai 1879.

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