‹ Critique philosophique (volume 2)Chapitre 41 sur 144 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

(2) Od.,1, 216. Cf. 222.

(3) ÛSî^tç.

(4) II., XI, 271. On peat dérîyer le nom des Ilithyes da verbe IXua>, eïkita (Tolrere). Cf. expressions èldyzw Tcpi (p($(o<$e (II., XYI, 188. — XIX, 118), IxTsXetv Y<ivov (IX,494). —Chez les Latins, chaque homme a son genius (qui genuit), et chaque femme sa juno,

(5) IL, IX, 703 : 6u(&o<; iv\ axi^tocw dvcoY^i, noX 6eoc ^poY). Et IX, 600-601 : 'AXXdt où (JL7) Tauxa v^si f psol iky\U os Sa(fia>v — IvrauOa Tp^^'*^*

(6) Cf. Welcker, I, cb. uxy (p. 180-181), Negelsbaeh, p. 68 (ouvrages cités).

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individuelles, ne se trouve pas dans le premier vers de l'Iliade ; Tinvocatioo s'adresse à la déesse (Osa] : probablement parce que le génie du poète et le nom propre de la Muse^ se confondent intimement (1). Bien plus le vocatif ôtdf lui-même est sous-entendu (2), lorsque le poète a la réponse prête aux questions qu*il pose... dirons-nous àlajfitôeoù à lui-même? Sur cette confusion si naturelle qu'on la remarque à peine, l'Odyssée concorde avec riliade. Phémios Taède dit sans se contredire : c Je ne tiens mon talent que de moirmême : et c'est un dieu qui fait éclore dans mon esprit ces chants si variés (3). »

Ce dédoublement qu'opère en nous la conscience lorsque nous assistons en quelque sorte aux phénomènes de notre pensée, est encore plus tranché dans l'acte de la délibération mentale. C'est pendant qu'il doute, qu'il hésite, qu'il pèse le pour et le contre, que l'homme « sent deux hommes en lui. » Il se retrouve un au moment où il se résout. Homère a les expressions les plus fortes et les plus précises, les métaphores les plus ingénieuses, les comparaisons les plus amples et les plus magnifiques pour décrire cet admirable spectacle de l'esprit qui s'arrête, réfléchit et se décide (4). Mais d'où vient cette décision? D'un dieu, presque toujours. Tantôt ce dieu est désigné par son nom, tantôt il n'est autre que le génie, le démon invisible dont le langage intérieur se fait comprendre et obéir de chacun de nous.

Le sens homérique du mot SaCfAcov est fort discuté. Welcker y voit le numen dans son acception la plus générale et la plus élevée, et cite les vers où SaCfMov parait être mis pour Zeuç (5). Naegelsbach fait ressortir le caractère funeste et malfaisant du 5a{(Aa>v, qui pour lui se rapproche beaucoup du diable; il énumère les passages où 8a{{A(i>v ne pourrait être remplacé par 6s($c (6). Enfin Dœderlein pense que la comparaison c ^al^uwil<joç :» appliquée à Diomède, à Achille, fait tout simplement allusion à la rapidité surhumaine de ces héros (7) : toutefois il n'explique pas pourquoi le poète n'emploierait pas

(l) II.. 1., l.

(2) n., V, 703. XI, 229.

(3) Od., XXII, 347. En ce qui concerne Tétymologiede Moucra, M. Bergk la rapporte^ {Jicouç (= icr^fliy sonrce, d'après Hésychias), et non à (accco, [lAo^oli, M. Pictet (ouv. cité, t. III, p. 278 sq.) montre qae le mot qui désigne Tâme ou l'esprit comme principe de pensée, «se rattache à la racine man^ » persister. Cf. (jiiva), demeurer, et son parfait poétique lûyuo^oL (vouloir, penser) ; Lottnery rapporte (Jibûaa, par l'intermédiaire [AovrCa (Kûhn, Zeitschrift... S. V., 398). Cf. Jfaiètf» rhomme et le premier homme (? Minos). Une remarque fort importante du même chapitre (fir, y, chap. j) des « Origines indo-européennes ))-est que les peuples primitifs assimilent la mémoireàla pensée (t. III, p. 293). Voir, savoir, vouloir, sont souvent rendus par les mêmes termes. C'est ce qui rend difficiles à admettre les distinctions précices de Hamel dans*sa pxyeholoiiia homeriea (1832).

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