XIV
(5) Welcker (ouv. dté), t. L, p. 139.
(6) Nsegelsbach, p. 68 : « einem Teufel gleich. »
(7) nœderlein, Gloss. hom., n* 2471.
tout aussi bien, en ce cas, le mot Oe^ç que le mot $aC{X(ov. »- L'étymologie de $a{fA6iv est aussi l'objet de nombreuses discussions.
En fait, nous trouvons dans Tlliade : en premier lieu, des passages où SocCfAcov paraît synonyme de Oe(ic (1). S'il y a une nuance de signification, elle consiste en ce que $a(fA(dv n*a point de féminin, et que l'emploi de ce mot éloigne plus que celui de 6e(Sc ou de OedE, l'idée de sexe (2). — En second lieu , Diomède , Patrocle , Achille sont assimilés « $a([Aovt , » (au démon ou à un démon), lorsque poussés et enflammés par un dieu, ils combattent contre un autre dieu. — En troisième lieu, il y a un vers où Sa(fxa>v peut être traduit par « sort mortel » ou a mort » (3) ; et un autre vers où le même mot peut itre traduit par « fortune, hasard (4).
Puisque Homère nous semble parfois employer indifféremment ^tiç et $(x(fAuv, nous pouvons supposer une synonymie originelle entre les deux termes (5). Or, les étymologistes s'accordent presque tous à rapporter Oeoc (deus) à la racine $iF (idée de lumière). D'autre part SaCw signifie brûler, date, torche enflammée. 11 est possible que SotCfjuov renferme l'idée de flamme, de chaleur, très voisine de celle d'éclat, de lumière. Les dieux rempliraient donc le ciel de leur splendeur; les démons animeraient d'un feu latent, mais non moins divin, les corps des hommes et des animaux. Cette hypothèse est appuyée par ce fait remarquable, que dans deux des passages où les héros sont assimilés à un Sa(fjL(i>v, Pallas allume sur leur tête une flamme immortelle, image de leur ardeur belliqueuse (6). Cette flamme ne s'est-elle pas éteinte lorsque Diomède, vamqueur des dieux olympiens, recule devant Glaucos, un simple mortel, lui demande s'il n'est pas un dieu , et déclare que lui Diomède ne veut pas combattre contre les dieux (7)? Se résignera-t-on à des contradictions qui touchent à l'absurdité; déclarera-t-on apocryphes ou interpolés les passages embarrassants; ou bien n'est-il pas préférable d'admettre que le 8a((A(R>v inspire au combattant un courage surhumain, une audace aveugle, qui fait qu'il ne voit, comme nous dirions aujourd'hui, « ni dieu ni diable, » et qu'il semble inaccessible aux coups et indomptable à la fatigue ? — - C'est justement de là qu'est tiré le caractère fuqeste et meurtrier du Sa(|M0v ;
(1) 11., 240 : c ^px* ^^ Mjxcttv,» c'6ft«è-dire Aphrodite marchait en avant. — VI, i\b : « ^((Aoaiv àpi^ffaordai. > — 1, 222 : c [ivzk Sa^^ovaç &Xouc. » (2) Toutefois 6e(Sc e«t mis parfois pour ^ti. Cf. II., VIII, *? ; Oi^Xtta Os<Sç.