‹ Critique philosophique (volume 2)Chapitre 43 sur 144 · II., VIII · texte numérisé non relu

II., VIII

(4) II., XI, 480. Cf., XII, 300.

(5) Oo sait qae les dêvtu sont devenus des démons malfaxtaïUs pour les Iraniens, après la scission religieuse provoquée par la doctrine de Zorvastre. Les Pères de l'Église ont aaaai démonisé les dieux du paganisme.

(6) II., V, 4,7. — XVIII, 206-214. Le mot tt aaUtv » est seul employé. [ (7) II., VI, 128-129.

DB « FOBCB DIVINB » DANS L'iLIADB. 203

cette idée accessoire a dft se produire d'autant plus aisément, que la vraie cause de la mort est rapportée aux dieux, dont les hommes ne sont que les instruments. Le passage « irdcpoç toc $a{[Aoya ^icto, » que Zénodote corrigeait k tort par cette glose : « tc^poç toi ic^fiov l<pi{9a> (1}, » est, quoique unique dans Homère, tout ce qu'il y a de plus homérique : faire voir de près le &t((Mi»v k quelqu'un, le lui rendre présent, c'est mettre son ennemi en face d'une mort inévitable. Quant au ^«{[auv qui conduit le lion du côté da troupeau de moutons, pourquoi veut-on que ce soit le hasard, la fortune? C'est l'instinct, c'est la force intime et mystérieuse, la même qui jette le héros dans la mêlée (2).

Dne des comparaisons les plus fréquentes de l'Iliade est celle du combat a?ec un incendie (3). Cet incendie produit quelque part tant de fumée, qne les combattants n'y verraient plus, ne pourraient plus se reconnaître sans l'aide de quelque dieu (4). Aussi le mot laU signifie tantôt une torche^ tantôt une bataille; $i{iov inîp (5} désigne soit un feu allumé, soit l'ardeur du combat. C'est ainsi qu'au sens primitif de $ai(Mi»v est venue s'ajouter l'idée d*hostiliti et de division : d'autant qu'il se trouve que le participe Wftevoç signifie dans la langue d'Homère, tantôt «,atlumé, » tantôt « partagé (6). B La philosophie religieuse verra plus tard dans le M^uù^ un distributeur (Ta{Aia<) des biens et des maux. Dans Homère il n'est encore, à ce nouveau point de vue, qu'une sorte d'arbitre qui décide la victoire (7), entre deux combattants dont les chances humaines paraissent égales. Cest lui qui brise du même coup, l'arc et les desseins de Teucer (8).

Enfin, dans le combat mental, dans la délibération, le $a{acii>v est aussi, soit la plus forte partie, soit l'arbitre qui décide. Lorsque le poète nous parle d'un démon, qui doit appuyer les efforts de Patrocle auprès d'Achille, de quoi peut-il s'agir, sinon de ce démon insinuant de l'amitié, plus persuasif que les plus solides arguments (9]? Mais le passage où se montre mieux la nature psychique du $a((A«i)v, est celui où Ménélas se demande si, oui ou non, il combattra seul à seul contre Hector (10). Le héros grec, pressentant la mort à laquelle il s'expose, finit par conclure que Ton est toujours puni de sa témérité lorsqu'on en vient aux mains, irp&ç 8a((Aova, avec

(1) Cf. Woir, Prolégomènes, note 83.

(2) n., X[, 480. Cf. XII, 46 : âpri^optif) U (&iv Ixta; et XYI,753 : ii xi (Atv âXeacv £ht,i. a VII, 291-292.

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