LA MORALE CRITIGISTB KT LA CRITIQUE DB H. A. FOUILLÉB
phénoménal. Mais cette idée n'exclut pas celle de la cause aclitelky ni dans Fane de ces hypothèses ni dans Tautre; car, dans l'hypothèse du commencement^ l'être premier est cause de soi, et, dans l'hypothèse de l'éternité du monde, il faut bien que l'être étemel soit également cause de soi^ eo étant cause du développement infini qui est cet être lui-même. Je con* clas de là deux choses : d'abord que la difficulté du sans cause ne s'entend que do manque de cause aruieidente : à savoir, d'une part, pour l'existence, et, de Tautre, pour le-commencement de l'existence ; ensuite, que le mystère,— je demande grftce pour ce mot à ceux qui n'y voient point de mystère,— que le mystère commun aux deux systèmes ne tient pas du tout à une proposition inintelligible^ mais provient simplement de ^impuissance où est Fentendement de sortir des conditions de l'expérience pour appliquer la relation de causalité au cas premier et unique de la cause non causée, qui n'est elle-même un effet sous aucun rapport. En quoi consiste donc la différence des deux systèmes? En ceci, que, dans l'un, on admet cette cause première qui commence tout, qui, par hypothèse, ne se comprend pas^ mais qui est intelligible, c'est-à-dire dont l'idée n'implique pas contradiction ; tandis que, dans l'autre, on l'égale à une série interminable en arrière, et toutefois actuellement terminée, de causes et d'effets, ce qui est contradictoire et par conséquent inintelligible. Cette première inintelligibilité est donc du coté de mon adversaire, et non du mien. Passons à la seconde.
c 2® Autour du monde le vide, autre merveille, d'où la négation de l'immensité de l'univers.»— Le vide n'est rien. Qu'autour du monde, qui est tout, il n'y ait rien, c'est logique, il me semble, et nullement merveilleux.
< 3<» La négation de toute infinité. » — M. F. ne s'arrêtant pas à montrer ce qu'il y a d'inintelligible ou de merveilleux à nier l'infini actuel, je me contente de rappeler^ sans y insister, que c'est l'affirmation de cet infini, non sa négation, qui implique contradiction.
« 4^ « La négation de toute continuité et de toute évolution régulière, le iDODde coupé en morceaux dans le temps ». — Je ne nie point toute contioDité, mais bien la continuité abstraite et mathématique appliquée au réel et concret, parce qu'elle est la même chose que l'infini en acte. Je ne me point toute évolution régulière, j^en connais beaucoup de ce genre, au contraire ; et je ne cherche pas à couper le monde en plus de morceaux que l'observation ne m'en fait voir dans l'espace ou dans le temps.
« 5« c La négation de l'unité, le monde partagé en divers mondes et peut-être entre divers principes ». — Ce reproche demanderait à être précisé. Autant que je le comprends, il se confond avec les autres, auxquels je réponds.
« 6* c Dans le microcosme humain comme dans le monde, retour déguisé, inconscient, à la liberté d'indifférence, ou, ce qui est pis encore, à