LES G0NF]|RENGE9 DE M. ROBERT FLINT SUR LE THÉISME
les attributs de la nature humaine, qui ne peuvent souffrir; par exemple, qu'on se représente Dieu comme volonté, comme intelligence, comme bonté, comme justice. — Attribuer à Dieu, disent-ils, des qualités humaines, môme les plus nobles et les meilleures, c'est le limiter et l'abaisser. Un tel Dieu n'est qu'une création, de l'esprit de Thomme, comme les anciennes idoles de bois et de pierre étaient les créations de la main de rhomme. Si nous adorons les créations de notre esprit, pourquoi pas celle de nos mains? Est-ce qu'il n'y a pas là deux formes de l'idolâtrie? Est-ce que la première vaut mieux que la seconde? Est*ce qu'elles ne renferment pas, l'une et l'autre, la même erreur radicale, l'erreur anthropomorphique ? Le véritable Dieu est une puissance mystérieuse, absolument inconnue et même inconnaissable.
M. P. répond que cette croyance en un Dieu inconnu et inconnaissable, où l'on nous montre la réconciliation finale et parfaite de la science et de la religion, est, par la nature des choses, contradictoire, attendu que ce qui échappe à la connaissance, échappe aussi par cela même à la croyance, i Croire en nous ne savons quoi est diamétralement contraire à notre raison ; l'adorer serait une idolâtrie qui ne vaudrait pas mieux que celle du bois et de la pierre. Ce que nous connaissons peut n'être pas une création de notre esprit ; mais l'inconnaissable, en tant que pensée, en est toujours une ; en soi, il n'est rien pour nous ; il est différent pour chaque créature ; il n'est que le résultat et la réflexion de notre condition d'êtres finis ; pour un esprit infini, il ne saurait exister. Adorer ce qui es inconnaissable, ce serait donc simplement adorer notre ignorance, — une des créations de notre esprit les moins dignes peut-être d'être adorées (p. 89). »
Les considérations qui précédent forment la matière des trois premières conférences. Les 4*, 5*, 6*, 7*, 8« et 9* sont consacrées au développement des principales preuves de l'existence de Dieu. M. F. expose successivement la preuve cosmologique, tirée du principe de causalité ou de la contingence de l'univers; la preuve téléologique ou des causes finales; la preuve morale, fondée sur le témoignage de la conscience et de l'histoire; enfin la preuve ontologique on métaphysique.
Preuve coimologique, — La conclusion de cette preuve est que l'univers est un effet dont la cause est dieu. L'univers est un effet, parce que toutes les parties dont il se compose ont changé et changent continuellement. La science nous découvre ces changements dans la genèse des espèces vivantes, dans les couches successives de l'écorce terrestre, dans la planète