‹ Critique philosophique (volume 2)Chapitre 97 sur 144 · LBS GONPÉHKNGES DE M. ROBERT FLINT SUR LE THÉISME · texte numérisé non relu

LBS GONPÉHKNGES DE M. ROBERT FLINT SUR LE THÉISME

même et dans le système dont elle fait partie. Ainsi le progrès de la science n'est en grande partie que le développement de la preuve cosmologique. Cependant la preuve scientifique de la non-éternité de la matière est encore loin d'être complète. Il reste possible de rapporter les phases par lesquelles l'univers a passé et les formes qu'il a revêtues à une source éternelle placée dans la nature même. C'est précisément ce qu'a fait Stuart Mill dans ses Eisais sur la reHgian (1) :

t Uy a dans la nature un élément permanent et aussi un élément changeant. Les changements sont toujours les effets de changements préalables ; les existences permanentes, autant que nous sachions, ne sont point des effets. Il est vrai que nous avons coutume de dire non seulement des événements, mais des objets qu'ils sont produits par des causes, comme l'eau par l'union de l'hydrogène et de l'oxygène. Mais nous ne voulons dire par là qu'urie chose, à savoir que lorsqu'ils commencent à exister, leur commencement est l'effet d'une cause. Or, le commencement de leur existence n'est pas un objet, c'est un événement. Si l'on objecte que la cause d'une chose qui commence à exister peut proprement s'appeler la cause de la chose, je ne disputerai pas sur le mot. Mais ce qui dans un objet commence à exister, est cette partie de l'objet qui appartient à l'élément changeant de sa constitution, la forme et les propriétés qui dépendent de combinaisons mécaniques ou chimiques de ses parties composantes. Il y a dans chaque objet un autre élément, celui-ci permanent, à savoir la substance spécifique élémentaire, ou les substances dont il se compose, et les propriétés qui leur sont inhérentes. Il ne nous est pas connu si ces objets commencent à exister : dans le champ qu'embrasse la connaissance humaine, elles n'ont pas eu de commencement et par conséquent pas de cause, bien qu'elles soient elles-mêmes causes de tout ce qui se produit. L'expérience ne nous apporte donc aucune preuve, pas même une analogie, qui nou» autorise à étendre à ce qui nous parait immuable une généralisation fondée uniquement sur notre observation du variable. »

M. F. s'applique à défendre la preuve cosmologique contre cette argumentation de Stuart Mill. Il remarque d'abord que l'expérience ne nous donne rien dans la nature que nous soyons fondés à appeler permanent. L'atome immuable est une simple hypothèse, c Personne ne s'est jamais mis en contact sensible avec ce qui seul peut être immuable dans l'oxygène, — s'il y a dans l'oxygène quelque chose d'immuable, — à savoir avec les derniers atomes de cette substance. Personne n'a vu, entendu, touché ou goûté un dernier atome d'une espèce quelconque de matière.

(i) Three ettayt on religion, p. 442 et 118; EiMii tw la religion, traduction française de M. Gazelles, p. 43S.

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