‹ Critique philosophiqueChapitre 123 sur 164 · LA POLICE DES MŒURS · texte numérisé non relu

LA POLICE DES MŒURS

M. Vivien, qui a été ministre de la seconde république, a écrit dans ses Études administrativeê les lignes suivantes sur la police des mœurs :

«La police de sûreté exerce une dernière attribution dont il est nécessaire de dire quelques mots^ malgré les difficultés du sujet : c'est la police de la prostitution.

» A Londres, la prostitution est livrée à elle-même, sans frein, sans règlements, sans surveillance spéciale... Par des raisons diverses, nul ne consent à lui imposer un joug. Les radicaux la croient protégée par le principe de la liberté individuelle; les hommes religieux s'indignent à la pensée de prendre des mesures qui impliqueraient une approbation indirecte d'un scandale dont ils gémissent et ne veulent à aucun titre se porter solidaires

1) L'administration française, plus pratique, plus sensée, exerce une action directe, continue, sévère sur la prostitution; et à Paris, ne pou« vant la supprimer, elle l'a soumise à des règlements, placée sous sa propre autorité et assujettie au joug. Les lieux de débauche sont auto» risés par la police; les malheureuses qui y sont placées^ celles qui isolément trouvent dans l'opprobre leurs moyens d'existence» sont tenues de se faire inscrire sur des registres ouverts à cet effet, et, à défaut de demande^ y sont inscrites d'office dans certains cas déterminés. Mais, si la police intervient dans ces deux cas, elle ne le fait qu'avec réserve et précaution. Les inscriptions sur le livre infamant de la prostitution ne sont ordonnées d'office qu'après les désordres qui attestent une complète démoralisation... Celles qui ont été l'objet de rinscription sont assujetties à toutes les mesures que la police prescrit, touchant leur mise, les heures où elles peuvent quitter leurs demeures^ celles où elles doivent y rentrer, les lieux qui leur sont interdits, leur tenue dans le public, etc. ; ces mesures tendent, dans leur ensemble, à éviter le scandale, à protéger contre des attentats trop fréquents ceux que la débauche attire et que le vol et parfois le meurtre attendent, à soustraire les passants,

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