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Associations scienUfiques, littéraires, etc

Les sociétés scientifiques ne sont pas des associations d'intérêts et d'affaires, de production ou de consommation, ni, à proprement parler,

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de jouissance commune, à moins qu*on ne veuille dire que Tpbjet que leurs membres se proposent est de produire des vérités et d'en tirer profit pour eux-mêmes et pour le monde en se les communiquant les uns aux autres et en les répandant, en goûtant de plus les satisfactions attachées naturellement à la découverte et à la connaissance de ce qui est vrai en chaque chose qu'on peut étudier.

Il y a également des sociétés littéraires, des sociétés d'art, des sociétés de philosophie, d'histoire, de morale, etc., qui ont été instituées afin que la mise en commun de certains travaux de l'esprit ou de leurs résultats pût en augmenter Tulilité et en favoriser la diffusion. L'importance de ces associations est très-inégale parce que ni la facilité ni les avantages de réunir les efforts des personnes sur un même sujet et de les faire aboutir ne sont les mêmes dans les différentes études. Gepen* dant toutes les nations civilisées en ont, elles s'y multiplient, elles satisfont pour le moins au besoin de communiquer entre eux qu'éprouvent dans un même pays, puis aussi d'un pays à l'autre, les hommes qui donnent un même but à l'activité de leur esprit ; et elles répondent toutes ensemble à ce grand précepte de la civilisation : que nous ne devons pas vivre seulement de pain^ mais de tovUe vérité capable d'instruire et d'élever notre àme. Il est naturel en effet que les relations de pensée et d'études conduisent à des associations, tout comme les relations d'intérêt et d'affaires. Et le public entier y trouve son utilité, d'un côté comme de l'autre.

Les devoirs des associés, dans ces sociétés d'espèce intellectuelle, sont les plus simples de tous et se réduisent presque aux recommandations les plus générales sur les bons rapports mutuels des hommes et sur l'emploi le plus avantageux de leurs propres facultés. Car n'ayant que peu d'intérêts proprement dits à traiter, n'étant soumis qu'à des règlements larges, disposant de certains loisirs, soit par leurs conditions personnelles de fortune, soit grâce aux subventions que l'État accorde — indirectement et parcimonieusement, mais enfin accorde — à leur mérite et à leurs services reconnus, ils ne sont que rarement exposés à de grandes tentations d'injustice. Le danger spécial dont ils ont à se garder est la prévention trop forte en faveur de leurs propres opinions ou travaux et contre ceux d'autrui, et puis la formation des coteries dans lesquelles on cherche à attirer des faveurs sur ceux qui en sont, au détriment de ceux qui n'en sont pas. Les plus grands savants n'ont pas toujours été exempts d'excès d'amour-propre et de partialité. Il y en a même qui ont été envieux des mérites d'autrui,

et à qui leurs mérites propres auraient bien dû suffire. G*est une grand bassesse. (A suture.)

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