LE PRINCIPE DE LA SÉPARATION DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT
SELON M. LITTRË.
H. Lîttré vient d'exposer, dans la Philosophie positive^ ses vaes sur la séparation de TÉglise et de TÉtat. Nous reproduisons les principaux passages de son article.
«Le mot de principe a, par soi-même, une vertu; et il est bon de s'appuyer sur des principes, mais il ne faut pas les prendre de confiance, surtout quand il s'agit de la sociologie et de la politique ; car c'est là, vu la complexité des phénomènes» qu'il est le plus facile d'admettre comme principes toute sorte de propositions qui n'ont qu'une valeur transitoire et relative.
n Examinez le principe de la séparation de TÉglise et de l'État, et vous verrez que ce n'en est pas un, au sens scientifique du mot.
)) Il suffit pour cela de rappeler l'histoire. Au moyen âge, la séparation de l'Église et de l'État n'existait point, et c'était le principe contraire qui prévalait Par la foi, toutes les intelligences se soumettaient sans murmures à l'autorité spirituelle; et la laïcité, pour me servir de ce mot si moderne, subordonnait tous ses arrangements à la direction supérieure qui était donnée par la théologie.
» Aux temps plus anciens, la confusion était encore plus complète; et, dans les cités de Rome et de la Grèce, on ne distinguait pas le pouvoir spirituel du pouvoir temporel. C'est le christianisme qui a fait prévaloir, dans le moyen âge et dans. l'Occident, cette distinction capitale en sociologie. Peu de services dans l'évolution de la civilisation commune égalent celui-là; car c'est cetle distinction qui permet aujourd'hui d'agiter la question de la séparation de l'Église et de l'État.
» En effet, le principe de la non-séparation, vrai un moment, s'est montré faux dans les moments suivants, à mesure que la théologie a subi davantage de pertes sur le terrain scientifique.
p La séparation de l'Église et de l'État n'étant point un principe
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