‹ Critique philosophiqueChapitre 157 sur 164 · LA COOPÉRATION ET LB CONGRÈS OUVRIER DE PARIS · texte numérisé non relu

LA COOPÉRATION ET LB CONGRÈS OUVRIER DE PARIS

jouir de la commandite de TÉtat, devraient être instituées d'après le principe d'une fraternelle solidarité, de manière à pouvoir acquérir, en se développant, un capital collectifs inaliénable et toujours grossissant^ seul moyen d'arriver à tuer l'usure, grande ou petite^ et de faire que le capital ne fût pas un élément de tyrannie, la possession des instruments de travail un privilège, le crédit une marchandise, le bien-être une exception, l'oisiveté un droit. En conséquence, toute association ouvrière voulant jouir de la commandite de l'État serait tenue d'accepter, comme bases constitutives de son existence, les dispositions qui suivent. Après le prélèvement du prix des salaires, de l'intérêt du capital, des frais d'entretien et de matériel, le bénéfice serait ainsi réparti : un qtiart pour l'amortissement du capital appartenant au propriétaire avec lequel l'État aurait traité; un quart pour l'établissement d'un fonds de secours destiné aux vieillards, aux malades, aux blessés, etc.; un quart à partager entre les travailleurs, à titre de bénéfice ; un quart, enfin, pour la formation d'un fonds de réserve, dont la destination sera indiquée plus bas. Ainsi serait constituée l'association dans un atelier. On établirait ensuite entre tous les ateliers appartenant au même genre d'industrie le systè4ne d'association établi dans chaque atelier particulier; car il serait absurde, après avoir tué la concurrence entre individus, de la laisser subsister entre associations. Deux conditions y suffiraient : d'abord, en déterminant le prix de revient, on fixerait, eu égard à la situation du monde industriel, le chiffre du bénéfice licite au-dessus du prix de revient, de manière à arriver à un prix uniforme et à empêcher toute concurrence entre les ateliers d'une même industrie. Ensuite, on établirait dans tous les ateliers de la même industrie un salaire non pas égal, mais proportionnel, les conditions de la vie matérielle n'étant point identiques sur tous les points de la France. La solidarité ainsi établie entre tous les ateliers de même nature, il y aurait enfin à réaliser la souveraine condition de l'ordre, celle qui devra rendre à jamais les haines, les guerres, les révolutions impossibles; il y aurait à fonder la solidarité entre toutes les industries diverses, entre tous les membres de la société. Pour cela, des divers fonds de réserve dont nous parlions tout à l'heure, on formerait un fonds de mutuelle assistance entre toutes les industries, de telle sorte que celle qui, une année, se trouverait en souffrance, fût secourue par celles qui auraient prospéré. Un grand capital serait ainsi formé, lequel n'appartiendrait à personne en particulier, mais à tous collectivement. La répartition du capital de la société entière serait confiée à un conseil d'administration placé au sommet de tous les ateliers. Dans ses mains seraient réunies les rênes de toutes les industries, comme dans la main d'un ingénieur nommé par l'État serait remise la direction de chaque industrie particulière. L'Etat arriverait à la réalii>ation de ce plan par des mesures successives.

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