Chapitre IV. — Devoirs pMics
\,^ La commune et la paroisse.
Une communauté est une association de personnes qui vivent en général au même li^u, et qui se proposent un certain objet commun, pre< nant plus ou moins sur leurs occupations, leur constituant des devoirs, exigeant la mise en commun entre elles de certaines choses. Il y a des communautés religieuses et des communautés civiles. Il y en a de volontaires, il y en a d'involontaires, où l'on est placé par la naissance. Les premières et les plus indispensables de celles-ci sont ces assemblages de familles qui forment des bourgs, des villages^ des villes, et qu'on appelle précisément des communes, à cause de la société dont tous leurs membres, natifs ou reçus, font partie pour la gestion de leurs intérêts communs.
Le plus souvent, on donne le nom de communautés religieuses aux couvents d'hommes ou de femmes, c'est-à-dire à ces sociétés de personnes d'un seul sexe qui existent dans les pays catholiques, et dont les membres renoncent à leurs familles, à leurs communes, à leurs patries, pour vivre ensemble sous l'obéissance de chefs religieux. Cependant les paroisses sont aussi des espèces de communautés religieuses. Elles diffèrent considérablement des précédentes :
1° En ce qu'elles laissent les hommes à leurs familles, à leurs communes, à leurs patries, les réunissant seulement pour le culte en certains lieux, à certaines heures.
hiU PETIT TRAITÉ DE MORALE.
2" En ce qu*elles ne sont pas propres au catholicisme, toutes les religions ayant ou pouvant avoir leurs paroisses dans une même commune, ainsi qu'en a, par exemple, la religion chrétienne réformée dans les lieux où elle existe.
Cette dernière remarque prouve qu'il faut hien se garder de confondre une paroisse avec une commune, ainsi qu'on pourrait êire tenté de le faire dans les communes où il n*y a qu'une religion et où tout le monde la suit. Mais les religions sont libres, et par conséquent ce qui est maintenant la paroisse est un fait volontaire de ceux qui en font partie, et ne peuvent rien commander justement à ceux qui refusent ou viendraient à refuser d'en être. Au contraire, la commune réunit tous les habitants, soit qu'ils aient ou n'aient pas la même religion, et quand même ils en changeraient. Ils ont toujours des affaires à régler ensemble et des obligations mutuelles auxquelles ils ne peuvent se soustraire.
PRÉCEPTES
Autant que possible ne mêlez pas les choses de la commune avec les choses
DR LA paroisse. Si VOUS ÊTKS APPELÉ COMME MEMBRE d'uNE COMMUNE A DÉLIBÉRER EN VERTU DE LA LOI SUR UNE AFFAIRE QUI VOUS REGARDE, VOUS ET VOS CONCITOYENS, EN MÊME TEMPS COMME MEMBRES d'uNE PAROISSE, FAITES ATTENTION A NE PAS IM- POSER PAR VOS DÉCISIONS DES DEVOIRS RELIGIEUX A CEUX QUI ME PARTAGERAIENT PAS VOS CROYANCES REUGIEUSES, ET A NE PAS LES GÊNER DANS l'aCCOMPUSSEMENT DE LEURS PROPRES DEVOIRS.