REPONSE AUX OBJECTIONS DE M. GH. SECRÉTAN
time et raison d'être pour une république morale, pour une association d*ordre pureroent spirituel, où les hommes sont réunis sous des lois qui n'emportent avec elles aucune contrainte p. « Entendue en ce sens, eontinue-tr-il^ l'Église leur parait un organe essentiel de la civilisation et da progrès.
» Comment, en France, des hommes sortis du christianisme sacer« dotal et autoritaire réaliseront-ils cette société de perfectionnement matuel ?
» Deux alternatives se présentent : fonder une église nouvelle ou se rattacher au protestantisme constitué dans le pays. La Critique philosih phique se prononce nettement en faveur du dernier parti (1).
1 Mais le protestantisme est divisé : à quel rameau du protestantisme les philosophes iront-ils ?
9 Les déclarations résumées plus haut étaient proprement à l'adresse de quelques théistes qui s'intitulent eux-mêmes unitariens ; dès lors l'hésitation ne semble plus permise, c'est du protestantisme libéral qu'il s'agit.
9 On en doutera cependant, si l'on consulte d'autres articles publiés antérieurement par le directeur du journal, à l'occasion du synode protestant de France. Là, M. Renouvier, sans approuver tous les errements du bord orthodoxe, et sans méconnaître combien son droit au nom qu'il porte est historiquement contestable, a témoigné pourtant que ses sympathies sont acquises à la droite, dont tous les membres ont une religion, dit-il en substance, s'ils n'ont pas tout à fait la vieille religion et si tous n'ont pas exactement la mémo, tandis que pour le présent les soi-disant libéraux n'en ont point. Et s'ils essayaient quelque jour d'en faire une, tout annonce qu'elle serait de qualité fort inférieure aux conceptions dont ils se séparent. »
H est vrai que nous avons maintes fois exprimé l'opinion de la supériorité de la doctrine orthodoxe en quelques points, comme aussi de son infériorité en d'autres. Les libéraux sont plus affranchis du fardeau désormais intolérable de la lettre inspirée, de la mission prouvée par le miracle, en un mot de la légende puérile et dell'histoiro apocryphe; et nous les en louons. D'une autre part, ils ont droit & toutes nos sym* pathies, en France, comme victimes des injustes procédés de leurs adversaires. Mais nous devons avouer que, comme métaphysiciens et théologiens, nous leur connaissons, ou du moins à beaucoup d'entre eux, des idées dogmatiques aussi arriérées et aussi peu justifiables devant une critique rationnelle, que les idées de leurs adversaires; et d'autres idées, en histoire, en morale, qui ne valent pas celles de ces derniers. Nous ne pensons pas non plus qu'ils apportent en général un
(1) NuméreduSi oetobrt 1875, 4*année^ p. 192.
- «. Il,