‹ Critique philosophiqueChapitre 45 sur 164 · LA STATUE DE SPINOZA · texte numérisé non relu

LA STATUE DE SPINOZA

Nous Toulons dire aujourd'hui quelques mots de la souscription ou^ verte en France pour Térection d'une statue à Spinoza. L'admiration pour ce grand esprit, qui a appliqué le procédé mathématique au renouvelleipent des doctrines orientales et alexandrines, — : l'admiration convenue, d'autant plus vive que l'on comprend moips, nous ne disons pas la renommée, — est assez récente et date du .temps de toutes les réhabilitations historiques et doctrinales, autrement dit de Téclectisme. Voltaire, grand briseur d'idoles, n'a pas eu précisément à briser celle-1^ . II a remarqué le premier, sans aller jusqu^à appeler Spinoza un homme me de Dieu^ que cet auteur a à qui on a reproché de ne point connaître de Dieu », c dans son fumeux livre si peu lu, ne parle que de Dieu >• Et il l'appelle tout de même un athée; c'est, dit-il, « le premier athée qui ait procédé par lemmes et théorèmes ». Du temps de Voltaire, on avait encore la naïveté de croire qu'un athée est celui qui nie Texistence d'un Dieu personnel ; qui ne dit pas :

L'anivers m'embarrasse, et je ne puis songer Que cette horloge existe et n'ait point d*horloger ;

mais qui s'approche de l'horloge, en démonte les pièces, les remonte, prétend qu'elle n*a jamais manqué de rien de ce qu'il lui faut pour aller^ et dit : l'horloge est un horloger, l'horloger n'est qu'une horloge. Celte horloge est nécessaire, éternelle, infaillible. Cet horloger possède une infinité d^attributs, moins la personnalité. C'est l'opinion de Spinoza :

Alors un petit juif, au long nez, au teint blême,

Pauvre, mais satisfait ; pensif et retiré,

Esprit subtil et creux, moins lu que célébré,

Caché sous le manteau de Descartes son maltfe.

Marchant à pas comptés, s'approche du grand Être. caiT. raiLoa» — iS

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