SOMMAIRE DU NUMÉRO DE JUILLET
Harvey et les vivisections, par J. H, Bridges. — Adam Smith, par Walter Bagehot» — La démocratie australienne, par sir David Wedderbum. — Réflexions à l'Académie royale, par H, H. Statîuim. — Le mécanisme politique et la vie politique, par L. H. Courtney» — Le passé et le présent, par Frédéric Hairison, — De quelques points discutés en musique, pBX Edmond Gumey. — Affaires intérieures et étrangères.
Le rédacteur^gérant : F. Puiorî.
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5«« ANNEE. 20 JUILLET 1876. Mo 25
POLITIQUE, SCIENTIFIQUE, LITTÉRAIRE
Le régime parlementaire, dans une république comme dans une monarchie, a ses conditions de sincérité qui tiennent à la nature des choses. Ces conditions sont aujourd'hui fort mal comprises. II convient peutêtre de les rappeler à ceux qui les méconnaissent.
Elles ont été clairement fixées, il y a longtemps, et d'une plume magistrale, par Tauteur de la Monarchie selon la Charte. Voici quelques passages qui méritent, en 1876, la môme attention qu'à Tépoque où ils ont été écrits :
d La doctrine sur la prérogative royale constitutionnelle est : que rien ne procède directement du roi dans les actes du gouvernement; que tout est l'œuvre du ministère, môme la chose qui se fait au nom du roi et avec sa signature, projets de loi, ordonnances, choix des hommes... Ainsi on peut tout examiner sans blesser la majesté royale, car tout découle d'un ministère responsable.
> Quand donc les ministres emploient le nom du roi pour faire passer de fausses mesures, c'est qu'ils abusent de notre ignorance, ou qu'ils ignorent eux-mêmes la nature du gouvernement représentatif. Le plus franc royaliste, dans les chambres, peut, sans témérité, écarter le bouclier sacré qu'on lui oppose, et aller droit au ministère ; il ne s'agit que de ce dernier, jamais du roi.
» Et tout cela est fondé en raison.
» Car le roi étant environné de ministres responsables, tandis qu*il s'élève au-dessus de toute responsabilité, il est évident qu'il doit les laisser agir d'après eux-mêmes, puisqu'on s'en prendra à eux seuls de l'événement. S'ils n'étaient que les exécuteurs de, la volonté royale, il y aurait injustice à les poursuivre pour des desseins qui ne seraient pas les leurs...
I) Un avantage incalculable pour la monarchie représentative, c'est d'amener les hommes les plus habiles à la tête des affaires. La raison en est sensible. Avec des chambres, un ministère faible ne peut se soutenir;