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Les vertus économiques

Nous traiterons tout à l'heure du mariage et des devoirs de la famille. Quoique les devoirs dont nous allons donner auparavant les définitions se rapportent en bonne partie à la vie domestique, et par conséquent aux relations de l'intérieur du ménage, sur un très-grand nombre de points, ils ont d'un autre côté une portée plus étendue, et tiennent aux relations que l'homme marié, ou non marié, soutient avec lui-même ou avec son entourage, et à raison de sa profession et de sa vie à gagner. On peut donc les placer ici. Ce sont ceux qui concernent les vertus ou bonnes habitudes d'activité, d'amour de Tordre, d'économie et de propreté.

1. Activité. — L'homme actif est celui qui met à s'acquitter de chaque tâche qu'il s'est donnée toute la promptitude compatible avec la réflexion et le bien faire, qui apporte une résolution persévérante à la remplir, et passe vivement de chaque occupation terminée à celle qui doit suivre.

On voit des personnes n'être pas oisives et manquer pourtant d'activité. Elles font ceci, et le moment d'après elles font cela jusqu'à ce que quelque autre chose leur plaise davantage. C'est comme un voyageur allant de droite et de gauche dans les champs et se laissant surprendre par la nuit. L'homme vraiment actif travaille sans se rebuter, et mène chaque entreprise, grande ou petite à fin. C'est une bonne habitude à prendre, de ne pas quitter l'ouvrage commencé. L'application ellemême doit vous devenir une habitude. Une occupation continuelle peut se tourner en un plaisir^ jusque dans la peine qu'elle donne. Il s'agit seulement de vaincre la première impression de dégoût. Le wagon une fois en mouvement n'exige pas pour continuer d'avancer la force qui fut nécessaire pour l'ébranler.

L'homme actif, bien portant, ne tombera jamais dans le besoin. S'il lui survient de fâcheux acccidents, il saura reprendre le dessus et retrouver de manière ou d'autre ce qu'il aura perdu. L'histoire des nations donne la démonstration en grand des efièts de cette vertu de l'activité, dont on a mille preuves de détail autour de

soi et sur les individus ; car les nations protestantes, telles que Anglais, Hollandais, Allemands du Nord, déploient plus d'énergie industrielle, et fournissent au monde plus d'émigrants qui prospèrent et s'enrichissent, partout où ils portent leurs pas, que les nations catholiques, auxquelles le clergé et les couvents ont donné des habitudes de mollesse et d'inertie dont elles n'ont pas encore bien triomphé.

L'activité met de la joie dans la vie. Les plaisirs perdent de leur charme par la répétition et l'habitude, là où le travail gagne le sien. Par l'oisiveté, Thomme perd son paradis, s'il a cm y être ; par le travail^ il s'en rouvre l'entrée. L'ennui est la sentinelle qui en défend la porte. Mais ni les banquets^ ni les théâtres, etc., ne tuent l'ennui chez leurs habitués. L'application au travail et l'activité à l'ouvrage sont les seuls remèdes contre l'ennui. Un ancien disait qu'il regardait comme perdue toute journée qu'il avait passée sans faire du bien à quelqu'un. Vous, de même, regardez comme un mauvais jour celui à la fin duquel vous ne pouvez pas vous dire : J'ai fait ceci d'utile, au moins ceci,

IL Ahour de l'ordre. — Quand on aime l'ordre, on s'attache à faire chaque chose comme il faut, au lieu et au temps qu'il faut, conformément aux règles qui conviennent à chaque genre d'activité. Le monde matériel est partout soumis à des lois imperturbables, c'est-ànlire à un ordre dont les accidents sont des effets, alors même qu'ils semblent le plus désordonnés. Les préceptes de la morale et les lois des États sont également des formes d'un ordre que la raison prescrit aux volontés humaines. Si vous aimez l'ordre, vous établirez un ordre vous-même pour régir celles de vos actions qui dépendent de vous, depuis vos simples pensées, que vous pouvez souvent diriger, jusqu'à vos occupations et relations de chaque espèce.

L'ordre régit le monde, et à vrai dire le fait être, puisque sans lui tout croulerait. L'ordre régit l'esprit, car c'est l'intelligence qui voit et comprend l'ordre partout, et ne comprend rien sans l'ordre. C'est donc à la volonté aussi, attendu que la raison lui est donnée pour guide, à faire l'ordre en toutes les choses qui demeurent libres.

L'ordre est la santé de l'esptnt et du cœur, il enseigne à chacun à se tenir à sa place et à garder en chaque chose et en chaque circonstance les bornes qui conviennent. Il est donc le salut de l'individu comme il est la paix de la cité et la sûreté de l'État.

(A suivre A

Le rédacteur^gérant : F. Pillon.

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