LE CATÉCHISME SELON MM. JULES SIMON ET DUPANLOUP
On a remarqué que, dans son discours sur la collation des grades, M. Jules Simon a fait avec M. l'évoque Dupanloup assaut de zèle pour les intérêts de Dieu et de l'âme, d'admiration émue pour le catholicisme, quelques-uns ont dit d'éloquence et d'onction sacerdotales. Ces génuflexions du disciple de Cousin n'étaient pas purement oratoires : elles sont dans ses habitudes. Ce n'est pas le premier hommage qu'il rend à l'Église. Ce n'est pas la première fois qu'il célèbre la métaphysique de ses dogmes et la poésie de son culte. Ce n'est pas la première fois qu'il se plaît à fournir des armes aux ennemis de la raison. Il est bon de rappeler qu'en d'autres temps ce philosophe et cet évoque s'étaient déjà rencontrés sur le même terrain, leurs mains se cherchant, leurs voix se faisant mutuellement écho.
« Je trouve dans la religion chrétienne, a écrit M. Jules Simon, un caractère qui me ravit : c'est qu'elle joint la métaphysique la plus savante à la plus parfaite, et si on peut le dire, à la plus efficace simplicité. Assurément le Timée de Platon et le douzième livre de la Métaphysique d'Aristote sont des merveilles ; mais je n'espère pas qu'il sorte de là un symbole qu'on puisse faire réciter aux petits enfants. 11 n'y a, jusqu'ici^ que la religion chrétienne qui ait eu à la fois la Somme de saint Thomas et un catéchisme. » L'aveu était, pour l'apologétique, précieux à recueillir, venant d'un philosophe. Aussi M. Dupanloup n'a-t-il pas manqué de s'en emparer et de nous expliquer à sa manière ce double aspect, ce double caractère du christianisme qui étonne et ravit M. Jules Simon.
c Si la religion chrétienne, dit-il, unit la simplicité à la profondeur, si elle est aussi populaire qu'elle est savante, si elle peut descendre jusqu'aux esprits les plus grossiers sans s'abaisser au-dessous des plus élevés; si, après avoir produit cette merveille qu'on appelle \di Somme de saint Thomas, elle a pu produire cette autre merveille qu'on appelle
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le CatéchismCy c'est qu'elle est un ensemble de véritës dogmatiques et morales, si admirable, si harmonieux, un système si parfaitement ordonné dans toutes ses parties, qu'elle se prête merveilleusement à un
abrégé méthodique et complet II n'existe pas, il n'a jamais existé
ni pu exister en dehors du christianisme, un livre qui, sous un plus mince volume, dans un ordre plus sûr, avec des formules plus simples, plus précises renferme plus de vérités sur Dieu, sur l'homme, sur la
vie future C'est un cours de philosophie et de métaphysique le
plus profond et tout ensemble le plus simple que puisse consulter la sagesse humaine. C'est aussi un code de devoirs, le pins simple et le
plus parfait qui fut jamais Le christianisme a fait cette merveille,
et cela dès le premier jour, d'amener à une forma simple, élémentaire, populaire^ les plus hautes vérités et d'en faire la nourriture des enfants et des peuples, aussi bien que des plus grands et des plus sublimes génies. Yoilà ce que Pierre enseignait à Rome, Paul à Athènes, saint Augustin à Hippone, saint Basile à Césarée, saint Ghrysos-