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Devoirs mutueU des époux

Les bonnes relations du mari et de la femme peuvent se comprendre sons trois espèces: fidélité^ respect et bonté de cœur ^ dont l'une, la première,

est propre à l'état de mariage, et les deux autres, quoique applicables aux

rapports de toutes personnes, réclament dans le mariage une attention

très-particulière pour ne pas se corrompre et ne pas finir par tomber

même plus bas entre des époux qu'entre les premières personnes venues.

I. FiDÉUTÉ. — La fidélité est le nom du premier et du plus propre devoir de l'un comme de l'autre des époux, puisque c'est le devoir même dont ils se sont promis l'observation en s' unissant, et déjà même en se promettant l'un à l'autre. L'idée de la violation de ce devoir entraîne toujours dans l'esprit et par nature, celle de la rupture du lien des promis, tant que ce lien n'est pas irrévocable. Et quand il est irrévocable, comme dans l'état conjugal consacré par les lois, l'infidélité rompt encore le lien des époux autant qu'il peut être rompu. On le voit à toutes les passions funestes qu'elle cause, aux dangers, aux crimes dont elle est le sujet, pour le moins au désordre du ménage, au malheur des enfants qui s'en-

suit, et à tant de hontes et de chagrins qui accompagnent les habitudes d'intimité prises par le mari en dehors de la femme, ou par la femme en dehors du mari. L'infidélité affichée du mari fait de la femme une esclave ou une révoltée: le mariage devient pour elle une galère, et ne vaut guère mieux pour lui ; son infidélité secrète le condamne à une basse vie de dissimulation et de mensonge continuel, et Tezpose à tous les maux de la jalousie. Quant à l'infidélité ordinairement secrète de la femme, parce que découverte elle Texpose à trop de honte et de dangers, c'est le perpétuel côtoiement d'un précipice.

PRÉCEPTES

Gardez, dans le maruoe, la sainteté de la parole donnée. Dites-vous toujours que le mariage est un lien de justice.

Que la femme et le mari ne se mentent jamais l'un a l'autre, ni dans les grandes ni dans les plus petites choses de la vie journalière. que rien ne puisse altérer la confiance qu'ils se doivent, et qui est le premier charme de la vie conjugale.

Que RIEN, EXCEPTÉ DANS CERTAINS CAS DES DEVOIRS DE LA VIE PUBLIQUE, n'entre pour VOUS EN BALANCE AVEC VOTRE ATTACHEMENT AU FOYER. REGARDEZ COMME ILLÉGITIMES TOUS LES PLAISIRS CAPABLES d'aLTÉRER VOS JOIES DOMESTI- QUES, DE JETER LE TROUBLE DANS VOTRE PAIX DOMESTIQUE.

II. Respect. — Le mari et la femme étant des personnes, le respect mutuel qu'ils se doivent revient essentiellement à celui que se doivent des personnes. Le lien conjugal ne le supprime pas.

Il faut donc parler d'abord de cette espèce d'obligation morale qu'on appelle le respect. Elle a son origine en ceci : que chacun de nous doit reconnaître, dans la personne d'un autre, une volonté et des passions comme les siennes propres, avec les mêmes droits, suivant la nature et la raison, pour les faire valoir, et pour chercher son bonheur comme nous cherchons le nôtre.

Le respect consiste donc à montrer par sa conduite, en toute occasion et dans ses moindres actes, qu'on est véritablement disposé à regarder les autres comme ses semblables, à leur accorder de droits et d'égards ce qu'on réclamerait d'eux pour soi-même si l'on était à leur place et eux à la vôtre. Le contraire du respect est de se prendre orgueilleusement pour centre et but de son entourage, comme si tout le monde avait à servir d'instrument à votre satisfaction particulière.

La bonté naturelle d'une personne peut lui inspirer les mêmes égards

et la même conduite vis-à-vis des autres que le respect peut le faire; mais

non pas si sûrement, parce que la bonté ne raisonne pas et ne mesure

pas. D'ailleurs, on n'obtient pas facilement de soi-même TafTection, la

bonté, quand elles n'existent pas, au lieu qu'on peut toujours s'imposer le

respect et s'obliger, par justice, aux mêmes actes, quand ils sont justes,

que produirait la plus parfaite bonté.

(A suivre, ^

LA RÉFORME ÉOONOiMlQUE

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