I- Mais l’art n’y pouvait rien : Farcy parla peu
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GEORGE FARCY
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bien qu’il eût toute sa présence d’esprit :
M. Lbyson lui demanda s’il désirait faire appe- 1er quelque parent, quelque ami; Farcy dit qu’il ne désirait personne.; et comme M. Loyson insistait , le mourant nomma un ami qu’on ne trouva pas chez lui , et qui ne fut pas informé à temps pour venir. Une fois seulement, à un bruit plus violent qui se faisait dans la rue, il parut craindre que le peuple n’eût le dessous et ne fût refoulé; on le rassura; ce furent ses ■ 'dernières proies; il mourut calme et grave, • recueilli en lui-même, sans ivresse comme sans ‘ regret, (ag juillet i83o.)
Le corps futtransporté et inhumé auPère I.a- ^ chaise, dans la prtie du cimetière où reposent les morts de juillet.
Les amis de Farcy n’ont pas été infidèles au culte de la noble victime; ils lui ont élevé un monument funéraire, qui devra être replacé au véritable endroit de sa chute. M. Colin a vivement reproduit ses traits sur la toile. M. Cousin lui a dédié sa traduction des Lois de Pla- * ton , se souvenant que Farcy était mort en com- ' battant pour les lois. Et nous, nous publions
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GEORGE F A RCV. 3«3
. ^«'S vers, comme ou expose de pieuses reliques.
Mais, s’il nous est permis de parler un moment en notre propre noin,disons-le avec sincérité, le sentiment que nous inspire la mé-
• moire de Farcy n’est pas celui d’un regret vulgaire; en songeant ü lu mort de notre ami, nous serions tenté plutôtde l’euvier.Que ferait-il aujourd’hui, s’il vivait? que pen.serait-il ? que sentirait-il? Ah! certes, il serait encore le même , loyal, solitaire , indépendant, ne jurant par aucun parti, s’engouant peu pour tel ou tel personnage; au lieu de professer la philosophie chez M. Morin , il la professerait dans un collège royal; rien d’ailleurs ne serait changé à sa vie modeste, ni à ses pensées; il n’aurait que quelques illusions de moins, et ce, désappointement pénible que le régime héritier <le la révolution de juillet fait éprouver à toutes les âmes amoureuses d’idées et d’honneur. Il aurait foi moins que jamais aux hommes; et, sans désespérer des progrès d’avenir, il serait triste et dégoûté dans le présfent Son stoïcisme se serait réfugié encore plus avant dans la contemplation silencieuse des choses; la réalité prati-
beaucoup •tre gagné
kAh! si les belles et bonnes âmes comme la » sienne, pouvaient avoir deux jeunesses! »
GEORGE FARCy
que, indigne de le passionner, ne trait de jour en jour davantage que sous le côté ' méâiocre des intérêts et du bien-être; il s’y accommoderait en sage, avec modération ; mais cela seul est déjà trop ; la tiédeur s’ensuit à la longue; fatigué d’enthousiasme, une sorte d’ironie involontaire , comme chez tl’csprits sujiérieurs, l’aurait peut-être avec l’àge; il a mieux fait de bien mourir! Uisons seulement, en usant du mot de F