‹ CritiquesChapitre 25 sur 31 · V.lf · texte numérisé non relu

V.lf

» clans leurs gorges pressaient les vagues <1e leurs lacs solitaires, je recevais du perpétuel n roulement des ondes expirantes le sentiment » profond de l’instabilité des choses et de l’é-

^ » ternc‘1 renouvellement du monde. Ainsi livrés

» à tout ce cpii s’agite et se succède autour de » nous, affectés par l’oiseau cpii passe, la pierre « qui tombe, le vent cjui mugit , le nuage qiu » s’avance , modifiés accidentellement dans »» cette sphère toujours mobile, nous sommes » ce que nous font le calme, l’ombre, le bruit » d’un insecte, rôdeur émanée d’une herbe,

' » tout cet univers animé qui végète ou se mi-

» néralise sous nos pieds ; nous cbaiigeoiis ■ J) selon ses formes instantanées, nous sommes A » mus de son mouvement, nous vivons de sa ^ » vie. » Cette abdication de la volonté au sein

de la nature, cette lenteur habituelle d’une .sensation primordiale et continue , il la trouve si nécessaire au calme du .sage en ces temps de vertige, qu’il va jusqu’à dire quelque part que, plutôt que de s’en passer, on la devrait demander aux spiritueux, si la philosophie ne la donnait pas. Son type regretté auquel il lapporte constamment la société présente , c'est un cer-

OBERMAM.

5iS

. * tain état antérieur de l’homme, état patriarcal, nomade, participant à la vie des laboureurs et» ides pasteurs, sans professions déterminée^, ' *•.; ^ sans classement de travaux, sans héritages ^

/ \ ' exclusifs, où chaque individu possédait en lui , les élémens communs des premiers arts, la ' généralité des premières notions , la jouissance assidue des pâturages et des montagnes. A t"'- ' -‘ partir de là, tout lui paraît déviation et chute,

• • «lésastrc et abîme. U a devant les yeux, comme

^ un fantôme, les funérailles »le Pahnyre et le * linceul de Per.sépolis. Il voit, par les progrès , r . de l’industrie et l’usage immodéré du feu, le ' ^ ^ globe lui-même altéré dans son essence chimi-

, que et se hâtant vers une morte stérilité. Le ^ genre humain en masse est perdu sans retour} ' •'y il .se rue on délire selon une pente de plus en ^ plus croulante; il n’y a plus de possible que des protestations isolées, des fuites individuelles au vrai : « Hommes forts, hâtez-vous , le sort vous . • Ma servi en vous faisant vivre tandis qu’il en M est temps encore dans plusieurs contrées;

» hàtez-vou?, les jours se préparent rapidement M où cette, nature robuste n’existera plus, où .

» tout sol sera fa\;onnc, où tout homme sera *•

Si6 OBERMiTt.

» énervé par l’industrie humaine. » L’athéisme, le naturisme de ce Spinosa moins géométrique

* que l’autre, et poétiquement rêveur, nous rappelle toutefois le raisonneur enthousiaste dans sa sobriété chauve et nue, de même que cela nous rappelle par l’effet des peintures, par l’inexprimable mélancolie qui les couvre et l’effroi désolé qui y circule, Lucrèce, Boulanger, Pasad , et XAlastor du moderne Shelley. Shelley! Godwin ! Génie ardent, erroné, intercepté si jeune avant le retour et englouti

-- par le gouffre! Vieillard austère qui, après un * chef-d’œuvre de ta jeunesse, t’es arrêté on ne sait pourquoi, qui t’es heurté à faux depuis ce temps sur d’ingrats labeurs, et qui, sans rien

• perdre assurément de ta valeur intrinsèque, n’a plus su aboutir d’une manière récréante,* fructueuse et féconde ! hommes illustres et frappés ! Sénancour a plus d’un trait fraternel

■ J qui l’imit à vous, génie dévié avec l’un , génie entravé avec l’autre, exemple pareil d’un inexplicable naufrage , d’un achoppement boiteux de la destinée.

Au moment où se publiaient obscurément les Rêveries, paraissaient aussi les premiers es-

OBERMAN

sais d’un talent plus jeune de dix ans que M. de Sénancour, d’un talent analogue au sien en inspirations, sujet à des vicissitudes non moindres, méconnu, oublié par le même public, et quia finalement tourné, pour le succès comme pour la direction , d’une manière bien diverse. Charles Nodier a débuté par des romans passionnés et déchirans, lambeaux arrachés d’un cœur tout vulnérable; mais, à la différence d’Oberman , l’auteur du Peintre de Saltzbourg ne s’est pas replié obstinément dans la vie intérieure. Ce surcroît d’activité que son contem- , . porain plus mûr s’est interdit avec une économie sévère, il l’a subi, il l’a exagéré, il l’a recherché et entretenu comme une ivresse bienfaisante.. La distraction , l’apparence, le phé- ^ nomène, les entraîneinens littéraires et politir > ^ . ques, le prestige épanoui des arts, l’érudition spéciale et même ingénieusement futile, une succession, un mélange diversifié de passions brûlantes, de manies exquises, de dilettantismes consommés, il a tout traversé, et s’est pris à chaque attrait sans s’arrêter à aucun. De cette v souplesse, de cette facilité dans la vie, ont dû ressortir pour le talent une expansion crois- ' •

" onF.nMAW.^

, • santé, une capricieuse dextérité, des rt’iilts • sinueux sur une circonférence infinie, toute» les modulations murmurantes des roseaux, toutes les changeantes nuances du prisme, ^ ’ l'émail îles prair.ies inclinées ou les reflets des * ailes des coléoptères. Son plein automne aujourd’hui est riche à tous les yeux, séduisant à 0 voir, et chacun l’aime. L’auteur A'Oberman s’est de bonne heure fermé et fixé; immobile devant l’ensemble des choses, les embrassant dans leur étendue sans jamais les entamer par leurs détails, incapable de s’ingénier, de s’orienter dans la cohue, réclamant avant tout , et pour user de ses moyens, qu’on l’isole et ^ - qu’on le pose, nature essentiellement luédita- ■ tive, il a surtout visé au juste et au vrai; renonçant au point de vue habituel, il a dépouillé l’astre, pour le mieux observer, de ses rayons et de sa splendeur; il s’est consacré avec une rigueur presque ascétique à la recherche du solide et du permanent. Chaque écrivain a son ' mot de prédilection, qui revient fréquemment dans le discoui-s et qiii trahit par mégarde,chez celui qui l’emploie, un vœu secret ou un faible. On a remarqué que M"’' de Staël prodi-

5tr)

gtiait la vie; tel autre grand poete épanche sans relâche V harmonie et lesy?o/j; tel autre, à l’étroit dans cette civilisation étouffante, ne peut s’empêcher de remonter à une scène héroïque et au monde des géans. Un éloquent professeur de psychologie morale exprime volontiers par une plainte mélancolique l’insuffisance de cette contemplation familière. L’improvisation brillante du plus ingénieux de nos critiques se redisait, sans y songer, sa propre louange à elle-même. Je sais un journaliste courageux chez qui le mot de colère signait presque à chaque fois l’article ; je sais un romancier anonyme chez qui le mot de/?e/ revient plus souvent qu’il ne faudrait. La devi.se de Nodier, que je n’ai pas vérifiée, pourrait être ■grâce , fantaisie , multiplicité; celle de Sénancour est assurément permanence. Cette expression résume sa nature. L’élévation dans la permanence, c’est la maxime favorite qui domine et abrite en quelque sorte sa vie. Il en résulte que dans sa manière, particulièrement , dans celle de ses derniers ouvrages, il devient en plusieurs endroits obscur et d’une lecture ^difficile, parce qu’il évite de spécialiser sa pen-

(au

OBERSiAll.

sée en la revêtant d’exemples vifs, de citations ostensibles, en l’illustrant de détails et de rapprochemens historiques. On dirait que, dans son scrupule de véracité excessive, il s’abstient du récit, de l’anecdote, du nom propre, comme d’une partie variable et à demi-mensongère. Son idée se traduit constamment sous la forme morale; c’est tout au plus si de loin en loin il la couronne de quelque grande image naturelle.

Oherman, qui parut en 1 804 « n’en était pas venu encore à cette simplification du moraliste;. C’est à la fois un psychologiste ardent, un lamentable élégiaque des douleurs humaines^t un peintre magnifique de la réalité. Il n’y a pas de roman ni de nœud dans ce livre; Oberman voyage dans le Valais, vient à Fontainebleau, retourne en Suisse, et. dînant ces courses errantes et ces divers séjours, il écrit les sentimens et les réflexions de son âme à un ami. L’athéisme et le fatalisme dogmatique des Rêveries ont fait place à un doute universel non moins accablant, à une initiative de liberté qui ^ met en nous-mêmes la cause principale du bonheur ou du malheur , mais de telle so(te

OBERMAM

que nous ayons besoin encore d’étre appuyés de tous points par les choses existantes. A la conception profonde et à la stricte pratique de l’ordre , à cette fermeté voluptueuse que préconise l’Individu en harmonie avec le monde, on croirait par momens entendi e un disciple d’Épictète et de Marc-Âurèle; mais néanmoins Épicure, l’Épicurfe de Lucrèce et; de Gassendi, le Grajus homo , est le grand précédent qui règne. Dans son pèlerinage à la* Dent du Midi, assis sur le plateau de granit, au-dessus de la région des sapins, au niveau des neiges éternelles, plongeant du milieu des glacières rayonnantes au sein de Y éther indiscernable , vers le ciel des fixes, vers Y univers nocturne , Oberman me figure exactement ce sage de Imcrèce, qui habite

Edita doctrind sapientûm templa sercntî ;

temple en effet tout serein et gLicé, éblouissant de blancheur et semblable à un sommet neigeux que la lumière embrase sans jamais le fondre ni l’écbauffer. Pas d’amour dans Ober~ mon, ou du moins à peine un ressouvenir

OBERMAW.

mourant d’une voix aÿnée, à peine une rencontre fortuite et inexpliquée prés du Rhône; puis rien , — rien , hormis les torrens de vague volupté qui débordent comme les émanations végétales des déserts. Certes l’invocatioti de Lucrèce ne surpasse pas ce que je veux citer : , « L’amour doit gouverner la terre que l’am- X bition fatigue. L’amour est ce feu paisible et » fécond, cette chaleur des deux qui anime et » renouvelle, qui fait naître et fleurir, qui » donne les couleurs, la grâce, l’espérance et » la vie.... Lorsqu’une agitation nouvelle étend n les rapports de l’homme qui essaie la vie, il » se livre avidement , il demande à toute la nan ture, il s’abandonne, il s’exalte lui-méme, il » place son existence dans l’amour, et flans » tout il ne voit que l’amour .seul'. Tout autre » sentiment se perd dans ce sentiment profond ;

» toute pensée y ramène, tout espoir y repose.

# » Tout est douleur, vide, abandon, si l’amour » s’éloigne; s’il s’approche, tout est joie, espoir,

» félicité. Une voix lointaine, un son dans les » airs, l’agitation des branches, le frémissement X des eaux, tout l’annonce, tout l’exprime, tout » imite ses accens et augmente les désirs, fja

OBERMAN

5zJ

» grâce de la naliire estdaiislc mouvement d’un » bras; riiarmonicdu monde est dans l’exprcs- » sion d’un regard. C’est pour l’amour que la » lumière du matin vient éveiller les êtres et » colorer les cieux; pour lui les feux de midi » font fermenter la terre humide sous la mousse » des forêts; c’est à lui que le soir destine l’ai- » niable mélancolie de ses lueurs mystérieuses. » Cette fontaine est celle de Vaucluse, ces ro- » chers ceux de Meillerie, cette avenue celle J) des Pamplemousses. Le silence protège les » rêves de l’amour; le mouvement des eaux » pénètre de sa douce agitation ; la fureur des B vagues inspire ses efforts orageux, et tout B commandera ses plaisirs quand la uuit sera » douce, quand la lune embellira la nuit, quand » la volupté sera dans les ombres et la lumière, B dans la solitude , dans les airs et les eaux et la » nuit.... Heureux délire ! seul moment resté à B l’homme!.... Heureux celui qui possède ce, » que l’homme doit chercher, et qui jouit de » tout ce que l’homme doit sentir !... Celui qui i> est homme sait aimer l’amour, sans oublier » que l’amour n’est qu’un accident de la vie, et » quand il aura scs illusions, il en jouira, il

OBI'.RMATf.

» les possédera, mais sans oublier que les vé- » rités les plus -sévères sont .encore avant les ,» illusions les plus heureuses. Celui qui est » homme sait choisir oi^ attendre avec pru- » dence, aimer avec continuité, se donner sans » faiblesse comme sans réserve. L’activité d’une » passion profonde est pour lui l’ardeur du B bien, le feu du génie : il trouve dans l’amour B l’énergie voluptueuse, la mâle jouissance du » cœur juste, sensible et grand ; il atteint le B bonheur, et sait s’en nourrir.... Je ne con- B damnerai point celui qui n’a pas aimé, mais » celui qui ne peut pas aimer. Les circonstan- » ces déterminent nos affections ; mais les sen- » timens expansifs sont naturels à l’homme B dont l’organisiition morale est parfaite. Celui B qui est incapable d'aimer est néce.ssairement B inctipable d’un sentiment magnanime, d’une » affection sublime. 11 peut être probe, bon, ^B industrieux, prudent; il peut avoir des quaalités douces, et même des vertus par réflexion; B mais il n’est pas homme; il n’a ni âme ni B génie. Je veux bien le connaître ; il aura ma B confiance et jusqu’à mon estime : mais il ne B sera pas mon ami. Cœurs vraiment sensibles,

Digilized by GoiJuk’Â

OBERMAN

5aS

. ' » qu’une destinée sinistre a comprimés dès le . » printemps, qui vous'blâmera de n’avoir point

* » aimé? Tout sentiment généreux vous était a naturel ; tout le feu des passions était dans » votre mâle intelligence; l’amour lui était né- » cessaire, il devait l’alimenter; il eût achevé

» de la former pour de grandes choses ; mais » rien ne nous a été donné, et le silence de l’a- » monr a commencé le néant où s’éteint votre

■ . n vie. ai

é Le génie du paysage se révèle à chaque pas dans les récits d’Oberman. C’est un don fortifié d’étude, une peinture originale et grave, qui ne se rapporte à aucun maître, quelque chose .. d’intermédiaiçe 'entre les prés verdoyans de RnysdaèTet les blanchâtres^ escarpemens de Salvator Rosa. Nous avons indiqué la Dent du Midi,: qu’on lise, par comparaison, Charrières. Dans le nombre des pages admirables qu’il nous plaît de nommer de grandes élégies, nous noterons celle des Deux Pères, celles de la Brouette, de la Bibliothèque , Goûter de fraises , de la Femme qui chante vers quatre heures, eXc., etc. Ces signalemens de notre façon suffiraient pour les faire reconnaître;

iT

X?igilized by Googld

5a6 ORERMAn. i ^

mais tout lecteur «ligne ôi'Ohcnnan n’aura

besoin de guide autre què lui-même, dès qu’il s’y sera plongé.

Dans la seconde partie de l’ouvrage, qui semble séparée delà première par un intervalle de plusieurs années, Oberman, âgé de vingtsept ans, traverse la qrise antérieure à toute maturité, et double, pour ainsi dire, le cap périlleux de la vie. Les idées de suicide lui reviennent en ce moment et l’obsèdent sous un i . aspect plus froid mais non moins sinistre, non • plus avec la frénésie d’un désespoir aigu, mais sous le déguisement de l’indifférence : il en . . triomphe pourtant; il devient plus calme, plus capable de cette régulière stabilité qui n’est » .• pas le bonheur au fond, mais qui le simule à •; la longue, même à nos propres yeux. L’amitié l’apprivoise; le désir d’une^ estime honorable, parmi les hommes le trouve accessible à ses justes douceurs. Son regard sur les choses est moins navrant; il tolère la destinée et ressent désormais de la satisfaction à consigner par écrit les pensées qu’elle lui suggère. L’inquiétude gronde encore sans doute dans son cœur, mais elle diminue, mais elle s’endormira; on com-

Digilized by Googip

• ^ OBERMAN. 5»7

prend qu’Oberman doit vivre et que son. front surgira à la sereine Inuiière.

L’auteur Aes Libres Méditations y touche en effet, et si, comme nous aimons à le croire, il a dit là son dernier mot, le progrès philosophique le plus avancé qui se pût déduire des Rêveries et A^Oberman, est visiblement accompli. L’identité de l’œuvre subsiste sous cet achèvement harmonieux; la chaîne a tenu jusqu’au bout sans se rompre; mais elle s’est par degrés convertie en un métal plus pur, et après avoir long-temps traîné à terre avec un bruit de rouille et de monotone pesanteur, elle brille enfin suspendue à la voûte indestructible. Dans les autres écrits de M. de Sénancour, soit ceux qui précèdent, soit ceux que j’omets (le livre essentiel et ingénieux de l’Amour, les réfutations de MM. de Chateaubriand et de Bonald, le Résumé des traditions morales et nligieuses chez tous les peuples, etc.), presquç toujours on rencontre à l’occasion une sorte d’aigi'cur sardonique contre le christianisme tel que les âges l’ont constitué et transmis; car pour son essence prétendue primitive et le caractère purement moral de son fondateur.

O^ERMAN.

M. de Sénancuur serait disposé à lui rendre liominage. Mais jugeant que la raison et la foi '^sont chez l’homme inconciliablas et sans rapport réel, lisant dans l’histoire que la tradition *’ révélée auathématise le reste, il oppose d’ordinaire une aversion un peu rancuneuse à la foi et à la tradition. Que les sages de tous les temps et de tous les lieux. Bouddha, Zoroastre, Confucius, Pylhagore, même Jésus, se soient rencontrés dans l’unité de quelques lois méta- f physiques, dans l’enseignement de quelques hautes maximes, cela lui suffit pour déterminer son adhésion. Que les Parsis, les Hindous, les races d’Orient, se soient rencontrées dans certaines croyances, diversement produites, de chute et de réparation , de sacrifice et d’at- . tente, de baptêmes, de confessions, de nativités singulières, cela lui suffit encore, mais cette fois pour rejeter; de sorte que la conformité d’opinion de quelques sages lui paraît une preuve déterminante en morale, et que la convergence universelle des peuples vers certaines croyances ou pratiques lui parait une r- .objection victorieuse contre toute religion. Préoccupé du christianisme atrabilaire de Ni-

OBERMA^i. ‘

' cole, de Pascal et du dix-huitième siècle ^ qui ' range le très-petit nombre d’élus sur un pont^ »

. étroit et dévoue le reste du monde à l’abîme du feù, il commet lui-même quelque chose . d’analogue» sans y prendre garde; il sépare le très-petit nombre de sages et de vérités, qu’il • ‘ enferme dans l’arche de sa tbéosophie, délais- ' sant l’humanité entière sur un océan d’erreurs^* • de rites bizarres et de vertiges : c’est moins ' cruel qu’une damnation , mais presque aussi . contristant. M. de Sénancour n’a donc pas abordé la doctrine vraiment catholique, depuis quinze ans surtout remise en lumière, à savoir que le christianisme n’est que la rectitude de toutes les croyances Universelles , l’axe central qui fixe le .sens de toutes les déviations. Mais , disons-le, si notre reproche sincère tombe en plein sur plusieurs écrits du respectable philosophe, les Méditations quoique ren-

trant dans sa même vue générale, échappent , tout-à-fait au blâme , grâce à l’esprit de con*^ descendance infinie et dè mansuétude évangélique qui les a pénétrés. C’est une .sorte de,«» vestibule hospitalier, un peu nu, fort v:»ste, • où aboutissent les diverses entrées du templq,. '

at

Page 1