MADAME DE SÉVIGNÉ
4 la sincérité de son amour pour sa fille, et en cela on a encore oublié le temps où elle vivait,
. et combien dans cette vie de luxe et de dt«œuvrement les passions peuvent ressembler à des ËiQtaisies,demcme que les manies y deviennent spuventdespassions.Elle idolâtraitsafilleet s’était de bonne heure établie dans le monde sur ce pied là. Arnauld d’Andilly l’appelait à cet égard .,une^o//c païenne, ii’éloigncment n’avait fait qu’exalter sa tendresse; elle n’avait guère autre chose à quoi penser; les questions, les coiupli-. mens de tous ceux qu’elle voyait la ramenaient, là-dessus ; cette chère et presque iinique affection de son cœur avait fini par être à la longue pour elleune contenance, dont elle avait besoin comme d’un éventail. D’ailleurs madame de? Sévigné était parfaitement sincère, ouverte, et ennemie des faux semblans ; c’est même à elle qn’ 'on doit de dire une personne vraie; elle a inventé cette expression pour sa fille. Quand 6a a bien analysé et retourné en cent façons cet inépuisable amour de mère, on en revient à 1 avis et à l’explication do'M. de Pomponne :
• H paraît que madame de Sévigné aime pas- ■ sionnément madame de Grignan? Savez-vous
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ingrat, que de clucailer madame de Sévigné sur cette innocente et légitime passion, à laquelle on e^t redevable de suivre pas à pas la femme la plus spirituelle, durant vingt-sept années de la plus aimable époque de la plus I aimable société fi-ançaise. .
: Kafontaine, peintre des champs et des
animaux, n’ignorait pas du tout la société, et ' » l’a souvent retracée avec finesse et malice.
3 Madame de Sévigné à son tour aimait beau- . f coup les champs; elle allait fairede longsséjours . à Livry chez l’abbé de G)ulanges, ou à sa terre des Rochers en Bretagne; et il est piquant de • connaître sous quels traits elle a va et a peint la naliiro. On s’aperçoit d’abord que, comme notre bon fabuliste, elle a lu de bonne heure ^ ^ - - . . et qu'elle a rêvé dans sa jeunes.se sous
^ lesombi-agesmythologiquesdeVauxetdeSaint-
** - Mandé. Elle aime à, se promener aux rayom
de la belle maîtresse d’ Endymion, à passer deux heures seule avec les Hamadryades', ses arbres sont décrtrés d’inscriptiohs et d’ingé- ^ .
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nièuses devises, comme (tans IcA paysages du ’ ^oiCor Fido et Ae l’jéiniiltiiV fiéllu cosu Jkir » n/ewte,.dit un de nies arbrés; 'l'autre lui ré- ' J* pond, antor odil inertes’, on ne sait auquel entendre. » Et ailleufs : «Pour nos sentences,
"j» elles net sont point (létigurées; je les visite J* souvent; elles sont ^èmeaugment»^ etdemç . . ’« arbres voisins disent quelquefois les deux ' contrairt» ; X(i lontananza ogni gran piaga a saida, et Fiaga d’arnor non ’si sana mai. Il » y en a cinq ou six dans cette contrariété. » ‘ •
Cies réminiscences un peu fades de pastorales ; et de romans sont naturelles ^ous sdn pinceau,, et fout agréablement r(îssortir tant 3c de.scriptions fràichçs et neuves qui n’appartieiinent. qu’À elle : « Je suis venue ici ( à Z-iVri) acheveÉ .
”» les beaux jour.s, et dire adieu aux feuilles;
• » ellcjs sont encore .tbut(«> aux arbres, elles .,n n'ont fait que changer, de couleur ^ !iu lieu.
. «..d’ètre vertes, elles sont aurores, et de tant de » ,^rtes d’aurore que cela compose un brocart '* » d’or riche et magnifique, que nous voulons n trouver plus beau que du vert, quand ce ne J* serait qiieppur clianger.' » Et qiiantEelle est aux Rochers?^ Je serais fortheureusedâtisées