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taire, — de laisser passer, sans y répondre, une thèse vraie dans sa ferme généralité; il est toujours aisé de vivre dans un sort honnête et obscur, ou même éclatant, si on a vraiment du mérite et si on est taillé pour la gloire, sans que l'impudence d'une révélation sinistre vienne tout à coup répandre une vile lumière autour de soi. Et qui forçait, — si ce n'est l'orgueil fourvoyé, l'orgueil de l'être faussé par la chute, — qui forçait ces trois cents Spartiates de la bâtardise à nous écrire si vaillamment qu'ils étaient bâtards? Nous ne voulons point faire avec eux de Thermopyles. Forment-ils une Lacédémone ?. .. Sont-ils donc dans le monde un État dont chaque membre èoit obligé de défendre l'honneur quand on le menace? La bâtardise est-elle une patrie? Et lorsque demain, rapprochement irrésistible, nous parlerons des maladies héréditaires qui transmettent à de malheureux fils la peine physiologique due à l'excès et à la faute des pères, tous les malades héréditaires se lèveront-ils contre nous? Et de furie, comme les bâtards, glorifieront-ils leur maladie? Diront-ils que leur plaie est une noble blessure et que leur mal vaut la santé ?...
Ah I non l nous ne leur demandions pas leur origine I Nous ne voulions pas nous pencher, pour le plaisir d'y regarder, sur le gouffre des mauvaises mœurs dont ils sont sortis. Nous ne tenions pas à voir au fond de cet abîme les choses qu'ils savent aussi bien que nous, et que tout bâtard garde, hélas!
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comme un affreux soupçon, sur son cœur ou dans sa pensée.
Le bâtard, en effet, doit se dire, malgré lui, que son père, qui n'en mérita pas le nom, et sa mère, qui déshonora ce titre sublime, ont eu, neuf mois durant, des tentations horribles, en maudissant à part eux, en leur pauvre enfant, le révélateur de leur faute. L'avortement, Tinfanticide et Fabandon ont cent fois levé le poignard sur sa tête, cherché des oubliettes mystérieuses, consulté des scélérats et rêvé bien des espèces de crimes avant de le déposer dans son berceau et de l'y laisser, — pour la religion peut-être, qui l'y a trouvé et qui l'y a pris !
Le christianisme voit la faute et en suit la trace dans l'instinct, dans l'âme, dans tout, dans le génie, mais jamais il ne vous la montre que pour vous dire de l'effacer. Le christianisme pourrait, par l'ensei- :gnement, si on voulait écouter sa voix, recommencer de faire aux bâtards le bien qu'il leur fit un jour quand, par les mains de saint Vincent de Paul, il les ramassa dans la fange oii ils allaient mourir. Mais les •enfants, dociles par faiblesse, ne résistaient pas aux
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mains lumineuses qui les prirent et les essuyèrent. Ils se laissaient prendre dans leur ordure, tandis que les hommes, plus grossiers et plus forts, luttent pour rester dans la leur!
LE
L'ancien journal d'Arsène Houssaye annonce que le Roi Voltaire (2) est déjà à sa seconde édition, et quoiqu'il faille se défier de l'annonce, cette menteuse musette, cependant un tel phénomène pourrait être une vérité. Voltaire est bien homme à emporter, sur la croupe de sa gloire et dans le bruit éternel de son nom, un livre mal fait, frivole ou ennuyeux. Il est capable de tout, ce diable d'homme, qui l'aurait été de tant de bien, s'il l'avait voulu l Seulement ce n'est pas du mérite intrinsèque du livre de Houssaye que nous voulons parler. Il a été discuté par d'autres avec une impartialité trop sereine pour qu'il soit nécessaire d'y revenir. On ne retrouve pas les bulles de savon