‹ Critiques diversesChapitre 25 sur 41 · Didier · texte numérisé non relu

Didier

défense enfin arborée des Madelon et des Cathos contre les moqueries de Molière, la négation des ridicules mortels qu'il leur a prêtés, et la cause épousée par un spiritualiste du xix^ siècle de ces idéales méconnues qui tendaient à s'élever au dernier bien des choses, et voulaient des sentiments, des mœurs et une langue où tout fût azur, où tout fût étherl

Précieux et Précieuses! Avec un pareil titre, il n'y a pas de milieu, ce semble. Ce sont les Précieuses réhabilitées et Molière sifflé qui les siffla, ou c'est le sifflet de Molière qu'on s'est permis de ramasser et dont on tire un son... posthume! L'histoire ne s'écrit que parce qu'on hait ou qu'on aime, parce qu'on méprise ou qu'on admire. Sauf cela, qui écrirait l'histoire? qui agiterait cette cendre de choses mortes, cette poussière d'inutilités?...

Et pour mon compte, avant d'ouvrir ce livre, c'est à ce dernier parti que je m'arrêtais. Je le dis en toute humilité (en toute humilité, puisque je me trompais), je croyais à la réhabilitation complète des Précieuses de la part d'un homme qui s'avise d'en écrire l'histoire. Elle me semblait plus dans l'air du temps qu'autre chose. L'air du temps est aux réhabilitations. Cela donne un air de juges intègres et de Perrins Dandins aux éclectiques du xix® siècle. L'air du temps est aussi aux paradoxes, mais beaucoup moins ; car le paradoxe implique de l'invention dans l'esprit, chose rare ! 11 roule aussi l'idéal {l'idéal! comme on dit), l'air

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