‹ Critiques et récits littérairesChapitre 13 sur 32 · LE PLACER · texte numérisé non relu

LE PLACER

Au placer! au placer! c'est-à-dire au plaisir ! aux délices ! — Dans cette langue espagnole , langue galante et romanesque, le placer, c'est le lieu du rendez-vous, c'est la promenade où Ton cligne de Tœil entre belles et cavaliers, c'est le salon où Ton se réunit le soir, c'est partoot où l'on aime, où l'on joue, où l'on chante , où l'on s'amuse. Le placer était donc alors et avant tout l'endroit oà l'on trouvait l'or, où l'on passait de l'extrtoie pauvreic'* à l'extrême opulence; étonnez-vous que de tous côtés on n'entendit que ce mot : Au placer!

Tel est le cri que répétait gaiment l'hôtelier lui-m&ne , en surveillant les préparatifs du dt'pari.

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Le lecteur comprendra cette gaîlé et Tiinportanoe du marché que venait de conclure John Marshall, quand il sdiira que le rusé Américain n*avait pu encore élever , fiiute d'ouvriers , un hangar portatif dont il avait le plus grand besoin pour metlte ses chercheurs et ses laveurs d'or à Tabri du soleil : il aurait payé vingt et même vingtcinq dollars la journée d'un charpentier s'il a\ait pu en li'uu\or un seul dans toute la contrée qui eût daigné se contenter d'un salaire aussi mince vu le renchérissement ik toutes les denrées. Mais les ouvriers de San-Francisco avaient tous déserté leur profession, chacun travaillait aux mines pour son compte , et l'aubergiste dut considérer comme un secours du ciel l'arrivée de deux charpentiers étrangers, ignorant les usages du pays et les prix de toutes choses. Il suffisait de les entraîner dans une dépense su- |HTieure à leurs ressources pour obtenir d'eux, comme équivalent du solde de leur compte, l'engagement de construire la charpente tant désirée ; ainsi qu'on l'a vu , le plan avait réussi. Les deux nouveaux débarqués étaient tombés en plein dans le traquenard de l'hôtelier.

John Marshall , ses domestiques et les deux Parisiens étaient montés chacun sur une mule aux jambes fines , au poil court et lustré , la véritable mule de selle {mula (if idlla). L'hôte ne laissait à son boarding-houne que. !<" vieux James, chargé de garder l'établissement en son absence.

Quand les cavaliers furent affermis sur leurs étriers.

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John poussa un petit cri sauvage » et les mules partirent comme un Qècbe , à la grande satisfaction deFileton-Nœud, qui ne pouvait assez admirer la surprenante vélocité de ces intéressants quadrupèdes.

— C'est égal 1 pensait*il, la Californie est un pays trèsamusant ; nous n'avons pas encore trouvé beaucoup d'or, mais rien qu'à voir la manière dont l'argent se dépense, il doit être facile à gagner.

— Pites donc, patron, demanda-t-il à John, est-ce qw c'est loin où nous allons?

— Êtes-vous déjà fatigué? dit John en riant.

— Moi I j'irais comme ça jusqu'au Pérou ! Oh I les chevaux, ça méconnaît; à Paris, quand j'en menais i l'abreuvoir, je les montais à poil, et j'entrais à l'eau à tooi de train.

— Ne tourmentez pas trop votre mule, parce qu'elle est très-enteléo, comme ses pareilles.

— Entêtée! s'écria Filo-ton-Nœud, je voudrais hi« voir ça !

Et il marcha au grand trot vers un buisson de cactus <t de lianes qui longeait la route à quelques centaines de pis.

— Retenez vowe ami, dit Marshall à David, il va se fain désarçonner.

— Ne craignez rien , répondit David .

File-ton-N(Bud venait de lancer sa mule au galop; il

lui parlait , la flattait, la caressait en poussant un cri sent' blable à celui que l'bàte avait fait entendre au départ; b

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nula, arrivée prè^ du buisson, s*arrôta tout court; mais ^ile^ton-Nœud la mania de lant do façons, en lui passant b main sur le cou, en Texcitant et en jouant avec elle , ]u*eUe se décida enfin à franchir l^obstaclc.

— Bravo ! s'écria Marshall; plus d'un franc muletier (l'aurait pu en faire autant. Mais ne nous amusons pas à Kes bagatelles, ajouta-t-il, nous avons près de quarante milles à courir, il faut que dans cinq heures nous soyons SUT les bords de San-Joaquin ; c'est là où est situé mon flacer,

— Houpl houp! cria File-ton-Nœud, qui venait de les Tejoindre; des jambes, ma petite, et gagnons du terrain,

Les trois voyageurs couraient, emportés à travers un pays superbe, oii s'épanouissait, sous luie température tiède, une \égétation luxuriante et pitloresquement accidoutée ; une chaîne de petites collines vertes et fraîches ^Vlevâit à leur gauche; à droite se déroulait une immense B^ppe de prairies et de champs couverts do moissons, coupée par des bouquets d'arbres et des ruisseaux semblables aux rivières d'un jardin anglais. Le soleil brillait dans toute sa splendeur; mais une brise légère rendait supportable la chaleur de ses rayons. A voir les< riches cultures de cette contrée bénie du ciel, on s'attendait à rencontrer à chaque pas une population nombreuse, aux OACBurs patriarcales ; mais dans les villages et les hacim-- ^ (fermes) régnait un silence de mort, et ce beau pays, ^^^^i ses troupeaux, ses prairies et ses abondantes mois-

sons sur pied, semblait «ne lerre maudite donl les habitaiils avaient fui, chassés par quelque terrible fléau.

— C'est gai comme un enterrement ! Gt observer Fîlelon-Nœud ; on se croirait au cimetière Montmartre.

— Chacun est aux mines, répondit John. Voulez-vous qu'on s'amuse à sarcler du blé ou à planter des citromUf^, quand à trois pas plus loin on remue l'or à la pelle ?

Vers quatre heures les mules hennirent et s'arrètèretf tout court. On était au placer du San-Joaquîn.

La vallée du San-Joaquin est assez triste; la végétalkw en est riche, il est vrai ; mais elle est interrompue par df vastes langues d*un sable gris-noir. Quelques arbif.<l« rachitiques, disséminés dans la vallée, rompent seuls U monotonie de cette per$pecti\c droite et plane. Le San- Joaquin roule ses eaux limpides et tranquilles entre deiit ri\es tellement rapprochées à certains endroits, qu'elle lui donnent l'apparence d'un simple ruisseau. Les ra\> liers aperçurent des points de toute couleur qui se détachaient en relief aux bords de la rivière : c'étaient d^ chercheurs d*or.

— Voici le placer, dit John Marshall en se jetant »tt bas de sa mule essoufflée.

Le phis singulier specuicle s'offrit alors h la vue tks deux Parisiens ; ils virent un assemblage d*individu^ li^ plus étranges : ici, des Indiens se pavanant dans des rb<^ mises de calicot aux couleurs éclatantes, — les manient du sauvage sous les vêlements de l'homme civilist^ Là, des

gures bronzéesy des corps maigres et musculeux dont les )nues fines et le regard ardent annoncent la race espa- Dole, causaient avec des Yankees aux cheveux blonds, la figure en lame de couteau, gens habiles à conclure Il marché et toujours prêts pour les coups ; plus loin, à I cbemise de laine rouge ou bleue on reconnaissait le latelot déserteur de quelque baleinier. Plus loin encore, étaient des Nègres marrons qui, en cherchant de For, auraient avec toute la volubilité particulière à leur race, •lançaient leur tète laineuse, ou riaient aux éclats, en u>Tant jusqu'aux oreilles une bouche immense que garliâsent toujours deux rangées de dents blanches comme ivoire.

John Marshall alla tranquillement attacher les mules à m pieu, après avoir jeté sur chacune d*elles une grosse uiiYonure deJaine, car aux placers tout le monde, looimes et animaux, vit dehors, même aux heures on on se repose. Les tentes dressées, le long de la rivière, ont tellement étouffantes en été , qu'il n'est possible d'y ajourner que pendant la nuit.

L'arrivée de deux étrangers avait produit une certaine motion dans la colonie nomade ; on craignait qu'ils ne

mâsent pour leur compte au pays d'or {goid disPrieijt ce |ui eût diminué d'autant les chances des premiers occupants; mais toute crainte cessa bientôt quand on entendit loha Marshall leur dire, en leur présentant des haches,

les vrilles, des scies et tous les outils nécessaires au tra

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vail d# la charpento, qu'iU eus^ni à m mettre au plos iH à l'ouvTage pour la cousMruction du hangar.

I<ea dçux amis prirent les outils et se mirent immédiatement, à Tœuvre.

Ils travaillaient tout au bord de la rivière; mais, phi malheureux encore que TantalOi il ne leur était pas pe* mis de se plonger dans les flots où Tor nageait en pailk4| tes ; ils entendaient les cris de joie , les exclamations é surprise que soulevait de temps en temps une trouTsiik merveilleuse \ alors, iU se mettaient à Touvrage avee aai sorte de fureur. FiIe-ton*-N(eud surtout avait peine a m dérer sa mauvaise humeur, et il ne trouvait plus aussi kvorable le marché qu'il avait conclu le matin.

Cependant, ils suivaient du regard tous les mouvemeais des chercheurs d'or, et prenaient en quelque sorte des le* çonspour le jour où, devenus libres, ils pourraient, eu aussi, se livTer à la pèche miraouieuse.

Les moyens employés par les chercheurs d'or étaim des plus simples.

Le San-Joaquin , comme la plupart des ruisseaux ai l'or est charrié en pareelles entremêlées au sable, est u torrent qui se précipite de la monlape à travers des rachers, Le sol qu'il traverse est d'un rouge Jaunâtre. LV fin ne se trouve que dans les parties les pliu basses du lii du torrent.

L'explication de ce phénomène est facile à donner : presque tous les rochers de la haute Californie sontd*

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)inposition molle, friable et incapable de résister à Tacan dissoWante des variations de Tatmosphëre. A une [toque reculée, ces montagnes se sont affaissées sur elleslémes et pulvérisées en maint endroit. L'or qui s'y trouait a été par ce fait dégagé des autres matières adhéren- « au granit des rochers. Les lingots d'un certain poids 'ont pu être arrachés des flancs des montagnes, mais or fin, réduit en imperceptibles parcelles , a été entraîné usque dans les vallées par les pluies et les courahts belles formaient. C'est donc dans le gravier, et au mlieu de cette terre rougeâtre qui formait le lit de la rivière, «e Torse trouvait en plus grande abondance. On le d^ logeait du sablei auquel il était mêlé, au moyen delàâges opérés avec des terrines d'étain ou des vàscs de terre.

File-ton-Nœud fil observer à David le mouvement de t)tation que les laveurs faisaient opérer à leurs tamis atl Doment où ils séparaient les paillettes de la partie la plus grossière du sable. Il les voyait, quand le tamis ne contenait plus que l'or mêlé à un sable très-fin, exposer au îoleil le tout sur des planches ou sur des fourreaux de 'rap; puis, quand l'humidité était absorbée, souffler, soit avec la bouche , soit avec un soufflet , pour enlever le **Me, tandis que l'or restait, grâce à son poids spécifique plus considérable. Les deux amis remarquaient que, par ce procédé grossier, une assez grande partie de l'or '^ plus fin était emportée avec le sable.

Quelquefois on découvrait dans le sable étendu atl soleil»

des grains aurifères de la grosseur d'une lenUlle, etmte d'une noisette; ces petits lingots nonunés en espagMl pepitas, pépins, noyaux, à cause delà ressemblance «pi'ils offrent avec les noyaux de certains fruits, étaient de lot' mes diverses, et contenaient encore dans leurs flancs qnrf* ques veines et fragments de quartz.

D'autres mineurs avaient aussi recours à des machiaei très-simples, et dont la forme ressemblait à des bereeatf d'enfants. L'action de bercer répondait au mouvemeri circulaire que les premiers imprimaient à leurs écuelles. L'eau, la bourbe et le sable fin s'échappaient par le foi' de la machine, sur une série de barres croisées qui opp^ saient un obstacle suflisant au passage des grosses partiel de l'or. Au sommet du berceau , ils plaçaient un tiiû composé de larges mailles sur lesquelles ils jetaient b terre sulfureuse. La machine étant mise en mouvement, l'eau qu'ils versaient dans le tamis entraînait au foad l'or et le sable fin, pendant que le gravier était retiré.

Mais toutes ces méthodes très-imparfaites condamnaicil les travaux à une lenteur considérable, et faisaient perto la moitié du précieux métal qu'on aurait pu recuetilir.

Le soir venu, et les travaux terminés, \e placer setn» formait en un rendez-vous de plaisir, et méritait bien s<» nom. Tous les rangs étaient mêlés, confondus; c'éiait l'égalité devant l'or. Les magistrats , les médecins , ks ouvriers, tous jouaient, causaient, mangeaient ensemble- Les dames espagnoles qui avaient suivi levu-i mari!» or;^

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niâuiient chaque soir un fandango sur le gazon devant les Centes. Le fandango qui, dans le principe, désigne une espèce de danse, s'applique dans ce pays à une soirée dansante. Les sons joyeux de la guitare et du violon se mâiaient aux cris des danseurs et des danseuses. Une assemblée des plus pittoresques formée en cercle, où chacun fumait son cigare, applaudissait les danseurs qui fumaient comme les autres. Les danseuses, dont on ne pouvait trop admirer les brillants costumes et les graeieux mouvements, ne semblaient pas seulement danser des pieds et des jambes, mais de tout le corps. File-ton- Nœud avait la tête tournée par ces fandangos, et il y jouait son rôle avec une verve et un entrain qui le faisaient d'autant plus remarquer qu'il brodait admirablement sur le canevas de la danse espagnole les fioritures échevelées du cancan parisien.

A une heure assez avancée de la nuit, les danses cessaient; on allait chercher le sommeil sous les tentes pendant que les sentinelles placées autour du camp veillaient, le fusil au bras, sur les trésors de la commu-» naulé.

Les deux ouvriers qui voyaient leurs compagnons s'enriehir heure par heure, pendant qu'ils ne gagnaient, eux, que dix malheureux dollars par jour, ne supportaient leur position qu'avec une impatience bien facile à concevoir. File-ton-Nœud surtout nourrissait contre l'hôle

une haine profonde depuis aue David lui avait révélé le

machiavélisme dont celui-ci avait usé envers eux pour les forcer en quelque sorte à la construction de son hangar, et il proposait à son compapon de fuir vers un autre placer pour faire fortune.

— Nous irons au Sacramento dont nous possédons b Carte, disait-il, une rivière un peu plus poissonneuse « lingots que le San-Joaquin I

— Nous devons cent quatre-vingt-dix-sept dollars à ^^ . juif américain, il faut le rembourser avec de Targent oa avec de TouvTage, répondait David.

— Mais il s'est comporté avec nous comme un rion d? rien! s'écriait File-ton-Nœud exaspéré.

— Ce n'est pas une raison pour l'imiter. Et rhonn^e ouvrier se remettait à la besogne.

File-ton-Nœud , tourmenté par Tidée de rembour?^ John Marshall, résolut d'employer l'heure et demie <k repos dont il pouvait disposer chaque jour aprës son déjeuner à chercher de For. Sans communiquer son projet ^ David, il fit semblant de se promener, remonta leeour< de la rivière à un quart de lieue du plac^, et rapport) un peu de poudre d'or, mais en si petite quantité, qu'il était presque désespéré.

n recommença pourtant son èxcursioit le leûdemain Cette fois, il revint triomphalement apporter à David m lingot qui pesait douze onces d'or.

— Où as-tu pris cela? demanda David.

— Pris ! répondit File-fon^Nœud ; c'est trouvé qu'H

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faut dire, et il lui expliqua de quelle manière ce lingot était tombé en sa possession.

— Douze onces d*or à seize dollars Tonce cela fait cent quatre-vingt-quatre dollars; allons voir John Mafshatl, et qu'il fasse finir son hangar par qui il voudra. Dès ce moment, nous sommes libres.

— Vive la liberté I s'écria Pilo-ton-Nœud.

Mais les douze onces d'or ne faisaient pas l'affaire de John Marshall ; il exhiba le traité signé avec trop de précipitation par les deux ouvriers pour qu'ils en conmissent les clauses. Par ce traité, David et Pile-ton-Nœud s'étaient engagés à payer l'hôte en travail, c'est-à-dire Jusqu'à la parfaite construction du hangar ; Vatumi^y gênerai de la reine des lies Sandwich, à qui la fièvre de Tor avait fait abandonner son poste et qui se trouvait ait ptew, ayant été consulta sur cette grave question, donna complètement raison à John Marshall.

Filc-ton-Nœud écumait. Quant à David, dont le parti ftait pris après ce qui venait de se passer, 11 fit semblant d^ »e soumettre, mais, en revenant au chantier, il dit à son ami :

•^Nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour ï^iDbourser cet homme, notre conscience ne peut donc fïen nous reprocher désormais ; nous décamperons à la P^mière occasion.

•^ A la bonne heure! répondit FIlc-tofi-Nœud. Mon l*«ït de fuite est arrêté.

— Quel est-il?

— Ce soir, c'est à mon tour de relever les sentinelles; je suis le caporal de la chose ; à onze heures, quand toul dormira au camp, je viens te prendre, je dis le motd*ordreetnous filons.

— C'est convenu, le reste à la grâce de Dieu.

Et ils se remirent au travail comme les jours précédents.

Le soir tout s'exécuta comme l'avait dit File- ton- Nœud. Les deux amis armés chacun d'un fusil dirent le mot d'ordre et passèrent. File-ton-Nœud, caporal, ce soir--là, allait relever la dernière sentinelle, c'étiil dans l'ordre ; mais, parvenus à cette dernière vedette, restait une difficulté à résoudre ; la sentinelle qui ne se voyait pas relevée laisserait-^lle passer les deux fugitiist File-ton-Nœud paya d'audace: Camarade, dit-il au dernier factionnaire, on craint quelque attaque pour celle nuit; on a vu tout le jour rôder autour du placer des figures sinistres ; j'ai reçu l'ordre d'aller poser une sentinelle perdue dans ce fourré là-bas ( il désignait un booquet d'arbres situé à deux cents pas environ); attendes quelques minutes, et je viens vous relever.

— Muy bien (très-bien), répondit l'homme en factioo qui était mexicain.

Après avoir franchi le poste, les deux amis msrchèrent d'abord en silence et sans presser le pas. l^^^ c(Burs battaient. Ils se croyaient arrivés au terme de leurs vœux ; ils étaient libres, ils foulaient le sol californien, u

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06 s'agissait plus que de panenir aux bords du SacramentOy et de retrouver, grâce à la carte qu'ils possédaient, les jalons des mines merveilleuses découvertes par l'ami de r Américain.

Arrivés au cœur du fourré, ils se jetèrent dans les bras l'nn de l'autre, et passèrent rapidement leurs fusils en bandoulière.

— Maintenant, jouons des jambes, dit File-ton-Nœud, et bonsoir la compagnie I

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