‹ Critiques et récits littéraires (volume 2)Chapitre 9 sur 27 · ARRIVEE ET RECEPTION A SAS-F RANCI SCO · texte numérisé non relu

ARRIVEE ET RECEPTION A SAS-F RANCI SCO

Au moment où la violence de la tempête venait de séparer Tom de ses amis, leurs trois voix s'unirent dansnn cri de détresse qui s'éleva en même temps du brick qui enfonçait et de l'embarcation que l'ouragan emportait loin. David et File-ton-Nœud purent distinguer un moment à la lueur des éclairs les gestes d»' désespoir ilr l'Américain, qui, les bras levés au HH, b%ur nivoinii «n

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funèbre et suprême adieu. Puis, précipités dans lo creux des flots et assourdis par la tempête, ils ne virent et n'entendirent plus rien.

ÎI fallut toute l'adresse, le sang-froid et la force dos deux amis pour garantir la chaloupe contre l'immersion dont les menaçaient à tout instant des lames gigantesques. Ils ne savaient de quel coté était la terre ; l'eussent-ils su d'ailleurs , le flot était trop violent pour qu'aucune force humaine pût le dominer. Toute la nuit, l'aviron en main, ils s'épuisèrent en elTorts et parvinrent à se maintenir à la surface des vagues, tantôt à leur crête, tantôt dans l'abîme. Enfin la mer se calma presque subitement. Da\id pensa que la force des courants les avait entraînés dans une baie. En effet, on entendit bientôt dans l'obscurité, à une grande distance, le chant du coq, et peu après les premières gerbes de lumières sortant de l'Océan jetèrent un sourire vermeil sur le vaste amphithéâtre de verdure qui bornait partout l'horizon.

— Terre! cria File-lon-Nœud.

Une ligne de maisons blanches pointait dans le lointain; c'était San-Francisco.

Cette vue ranima nos aventuriers, qui firent force de rames et luttèrent si bien d'énergie qu'ils abordèrent enfin au port tant désiré. On était au dimanche 30 avril 1848.

Quoiqu'ils eussent été fortement éprouvés par les fatigues ot les émotions do la nuit précédente, ils ne purent

rester insensibles au sublime tableau qui s'offrait à leur vue.

C'est qu'en effet le port de San -Francisco est peutôtre le plus vaste et le plus beau du monde; une dizaine de gros vaisseaux, portant les pavillons de toutes les nations, mais surtout les pavillons anglais et américains ?e pavanaient fièrement dans cet immense espace ; ce port, encaissé entre ^deux baies, est si vaste qu'il pourrait abriter, avec la plus grande sécurité, plusieurs centaines de navires; la première baie à droite, située au nord, se nomme San-Raphaël ; l'autre, au sud, est connue sou> le nom de Yerba-Bmna 'bonne herbe), à cause des riches pâturages qui l'avoisinent, et qui présentent toutes les nuances diverses de la végétation. Du port, on apercoit dans la campagne trois lignes parallèles aux refleb argentés, qui serpentent encaissées dans une nappe do prairies prolongée à perte de vue. Ce sont trois rivière* : la première se nomme San-Joaquin , la deuxième Jesu- Maria; enfin, la plus éloignée est le très-vénéré Riv-Sa-

cramento.

Les deux naufragés traversèrent le port. Sur le pont des bâtiments à l'ancre, aucun homme d'équipage n'apparaissait; les vaisseaux abandonnés se gardaient euxmé'mes.

— Ces gredins-là auront été pécher de l'or, lit observer File-lon-Nœud.

— Cela doit être, répondit David; mais tvla proim-

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en même temps que tout ce que Ton a dit sur ce pays est vrai.

Ils amarrèrent leur barque à la jetée déserte comme les navires et pénétrèrent dans la ville.

San-Francisco présentait contrairement à leur attente l'aspect le plus animé ; les rues étaient pleines de monde, et la ville offrait en grand un spectacle bizarre assez semblable à celui que nous avons déjà vu sur le pont du brick la Mouette ; on apercevait surtout des Américains , des créoles espagnols donnant le bras à leurs femmes accompagnées de carnéristes , choisies presque toujours parmi les plus belles filles indiennes. Au milieu des pâles yankies, qui se reconnaissaient à leurs pantalons blancs et à leurs chapeaux de paille, au milieu des Indiens à deminus, on remarquait le Californien au teint bronzé, à l'œil noir et brillant , avec sa petite ve^e ronde aux broderies éclatantes, sa culotte de velours, sa ceinture de soie, — le costume de Figaro dans le Barbier de Sécille.

File-ton-Nœud faisait remarquera David la grâce et la coquetterie des femmes; leurs jupes de soie, coupées assez court pour faire voir des jambes rondes et fines, étaient couvertes de broderies écarlates ; leurs cheveux n°irs tombaient en longues et luxuriantes tresses. Nous ne parlons pas des boucles d'oreilles, des colliers, des bracelets, des mille colifichets étincelanls qui rehaussaient encore leur beauté. Rien n'était charmant surtout comme la façon dont elles se drapaient dans le reboso, espèce d'e-

charpe bariolée qui remplace la mantille de la vieille Espagne; elles le portaient de mille manières, et toutes gracieuses, celle-ci sur les épaules, celle-là serrée sur la taille, aulour du visage et toujours avec cette vivacité d'allures et celle grâce agaçante qui font reconnaître en tout pays une Espagnole au seul maniement de son éventail Et partout for brillait, scintillait, éclatait comme un feu d'artifice, l'or sur les habits, sur les robes, dans h* cheveux, aux bras, aux doigts, aux oreilles, l'or partout. Des caballeros portaient, en guise de boucles d'oreilles, des petits lingots de la grosseur d'une noisette. Les -deux amis ne pouvaient ouvrir assez les yeux pour contempler ce splendide spectacle.

— En voilà-t-il tle ce métal , dit File-lon-Nœud, qui ne revenait pas de son étonnement. El le jeune Parisien, garçon enthousiaste, comme on sait, serait probablement resté jusqu'au soir en contemplation, s'il n'eûtété rappelé à la réalité par de cruels tiraillements.

— Sapristi ! s'écria-t-il , j'ai mon serpent à sonnette? dans l'estomac. Si nous nous dirigions du côté de la marmite.

— Tu sais bien, répondit tristement Da\id, que le peu d'argent qui me restait était dans ma valise, et la vahV est dans ce moment avec le brick. . . .

— Dahs le troisième dessous, connu ! Mais moi qui n'ai jamais commis la légèreté d'avoir une valise, je porte mon argent dans ma poche. . . c'est plus sûr.

LA toison d'oh. 35 ^Tu as de l'argent? s'écria David.

— El la location et la vente du journal! J'ai trenteleuf piastres ; ce qui fait, si je sais bien compter, cent |uatre-vingt-quinze francs. Avec ça, on doit aller son peit bonhomme de chemin pendant quelques jours. Cherbons une auberge, nous avons le temps de voir les curioiiés du pays , puisque nous sommes passés à l'état de Californiens !

Complètement rassurés sur leur avenir, nos deux avenuriers entrèrent dans une hôtellerie avec le sans-façon l'hommes à qui leur bourse bien garnie permettait de se aontrer exigeants.

Ils portaient des vêtements qui, à la première inspecion, n'inspiraient pas précisément la confiance; File-ton- *œud surtout n'avait certes pas l'air d'un gentleman vec ses habits qui présentaient ça et là quelques internes, en raison d'un raccommodage négligé, habits qui vaient fait le voyage de Paris à San-Francisco, en pasampar l'Icario.

— Qu'est-ce qu'il y a pour votre service? demanda h«te, Américain d'une trentaine d'années, qui tenait une *pèccde boarding house et s'appelait John Marshall.

— Nous voulons dîner d'abord, répondit David en jeant son chapeau de paille sur une chaise et en s'asseyant, *s deux coudes sur la table, pendant que File-ton-Nœud Amenait agréablement ses regards sur l'étalage, garni I* différentes pièces de gibier.

36 COJCTES ET VOYAGES.

L'hote avait regardé les deux étwmgers avec un air de dédain qui n'annonçait pas une réception gracieuse. Ls sans-gêne des nouveaux arrivants ne fit qu'ajouter à *a mauvaise humeur.

— Il ne me reste plus rien, répondit-il brutalement.

— De quoi ! s'écria File-ton-Nœud. Et ce quartier <it chevreuil, et ce morceau de bœuf séché que j'aperçois ici, tout ça est donc en carton?

— Comme vous dites, répondit l'hôte.

— Je vois ce que c'est, continua File-ton-Nœud, notre accoutrement ne paie pas de mine. Vous dites : Voilà ileuv gaillards qui n'ont pas l'air cossu ; eh bien , détrompe/vous, mon brave homme, l'ouvrier charpentier n'est un m) lord, mais il est honnête; il ne demande à iliVr que quand il peut faire honneur à son appétit.

El en disant ces mots, File-ton-Xœud frappait énerçiquement sur son gousset, de manière à faire sonner*-? piastres.

A peine les mots d'ouvrier charpentier a\aii»nt-ih été prononcés, que la figure de l'hôte, complètement Airidée, avait pris un air souriant.

— Vous êtes des ouvriers charpentiers, dit-il en regar dant avec attention David, dont les formes pleines de forw et d'élégance révélaient un rude travailleur.

— Oui, monsieur, répondit David.

— Et il n'y pas d'affront, dit File-ton-Nœud; on nVi

pile? charpentiers, mais je vous répète qu'il n'y a rien ï craindre avec nous.

El il recommença à tambouriner sur son gousset.

— Ces messieurs viennent sans doute des mines? demanda John Marshall avec inquiétude.

— Non, répondit David, nous débarquons à l'instant. La ligure do l'holc s'illumina d'un éclair de satisfac-

lion.

— Nous étions à bord d'un brick qui vient do faire naufrage presqu 'en vue du port, dit File- ton-Nœud.

— Ces messieurs sont des naufragés! s'écria l'holc, passant aussitôt de son ton bourru à une politesse presque obséquieuse, que n'avez-vous dit cela tout de suite? de braves charpentiers qui ont fait naufrage et qui me font riiunneur de descendre à mon modeste établissement. Que puis-jc faire pour eux? Je suis à vos ordres.

— Nous voudrions dîner, dit David; donnez-nous la première chose venue... un morceau de bœuf...

— A des charpentiers! je veux dire à des naufragés malheureux!... non, messieurs, il ne sera pas que dit John Marshall, de la province de Maryland et pour le moment simple hôtelier à San-Francisco, aura donné la première chose venue à des naufragés, ouvriers français, si j'en j"ge par l'accent. Je vais vous préparer un petit dîner fi»» H en attendant vous régaler d'un verre de v ieux Madère qui vous fera prendre patience.

— Ohé, James! cria-t-il, du Madère et deux verres!

Trois verres, James! ajouta-t-il. Si ces messieurs me le permettent", nous trinquerons à l'union de la France »i de lu Californie.

James, vieillard, d'une soixantaine d'années et qui était le garçon du boarding house, apporta le plateau.

Les verres s'entrechoquèrent. Deux tostes furent portés.

— A la France! dit l'hôte.

— A la Californie 1 répondirent les deux ouvriers.

— Puisse-t-elle nous être hospitalière! ajouta David

— Elle vous le sera, reprit l'hôte; John Marshall m le promet. Maintenant, continua-t-il avec une volubilis extrême, en attendant le dîner, James vous conduira, m vous le voulez, à un combat de taureaux que le senor Jou Lui/, de Cardonann offre aux dames de la \ille.

— Notre accoutrement ne nous permet pas d'a$>i>w à ce spectacle, répondit Da\id. 1

— Je comprends ! Vos effets ont été engloutis dan> I* flots; il faut vous procurer d'autres vêtements.

— Des vêtements! s'écria File-ton-Xœud, dont \t cœur bondit de joie.

— James, dit l'hôtelier avec un sourire perfide, eourri chez le voisin Perkins, et dites-lui d'apporter deux hat^ lements complets pour leurs seigneuries,

James sortit.

— Permettez, objecta David, nos ressources ne n<w permettront peut-être pas...

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— Laissez-moi donc faire, interrompit l'hôte, cola me regarde, croyez-vous donc que ce soit une grande affaire que deux méchants habits dans un pays où Ton remue l'or à la pelle?

Perkins arriva. En quelques minutes, les deux ouvriers furent métamorphosés en gentlemen.

— Très-bien, monsieur Perkins, dit l'hôte en renvoyant le confectionneur ; vous m'onverrez la note.- — A la bonne heure, voilà des hommes! s'écria-t-il en retenant une envie de rire à l'aspect de File-ton-Nœud qui avait l'air assez embarrassé dans son nouveau costume; toutes mes casseroles sont sur le feu pour le dîner. En attendant qu'il soit prêt, James va vous conduire au combat de taureaux.

Deux palanquins magnifiquement ornés venaient de s'arrêter à la porte de l'hôtellerie.

— Serait-ce pour nous? pensa File-ton-Nœud.

— Encore un verre de Madère 1 le coup de l'étrier, dit Thôte.

Et Ton trinqua une dernière fois.

— Les équipages de leurs seigneuries sont prêts, dit James.

— C'était pour nous! dit File-ton-Nœud, et en un clin d œil il sauta dans la rue et s'élança dans le premier palanquin.

Il ne faut pa$ demander si le jeune Parisien était heu-

40 CONTFS ET VOYAGES.

roux et fier; dans le irajel il ne cessait Je passer la U'te hors de la portière.

— Quelle réception I disait-il à son ami. Qu'est-ce que l'hospitalité écossaise à côté de ça? Du fromage, du la if, du pain bis; parlez-moi de l'hospitalité californienne, de l'hospitalité au vin de Madère, aux habits neufs et aux palanquins dorés sur tranche!

— Je no sais pas pourquoi, répondit David, la figure de notre hote, d'abord si rébarbative, s'est adoucie tou<à-coup lorsque tu lui as dit que nous étions des ouvriers charpentiers; que diantre ça peut-il lui faire?

— C'est une si belle partie la charpente !

— Sans doute! mais c'est étonnant! a moins qu'il n'y ait eu des charpentiers dans sa famille, et que ra ne lui rappelle des souvenirs agréables.

— C'est égal, que ce soit ce que ça voudra, nous sommes un peu bien mis.

En devisant ainsi, ils étaient arrivés au Cirque. La foiil^ s'y pressait déjà. James les fit placer sur les premiers gradins.

Là encore, c'était lu même variété de costumes et k langages, c'était aussi le môme éclat et la même profusion d'or. Tous les visages étaient animés par le plaisir qiw promettait le spectacle.

Nous ne raconterons pas dans ses moindres détails combat aujourd'hui si connu. A un signal donné, les pkcadores à pied et à cheval parurent dans l'arène et exci-

tèrent le taureau. Un des cavaliers agita un drapeau rouge devant les yeux de l'animal qui, devenu furieux, allait percer de part en part son adversaire, si un piccaior n'avait attiré sur lui toute sa rage, en lui enfonçant dans 1 épaule le fer de sa lance. Cet exercice se renouvela plusieurs fois aux applaudissements des spectateurs, jusqu'au moment où le taureau, blessé et fatigué, se relira triste et morne dans un coin de l'arène. File-ton-Nœud , qui assistait pour la première fois à ce cruel spectacle, ne pouvait comprendre qu'on trouvât plaisir à maltraiter ainsi un animal presque sans défense..

—Mais ces gens-là sont donc des sans-cœur finis? disait-il à David.

— Calme-toi, répondait celui-ci, c'est leurs mélodrames dans ce pays.

— J'ai une envie qui me démange d'aller faire le coup de poing avec les gredins qui tourmentent ainsi cette malheureuse bête. v

— Tiens-toi tranquille, disait David, cela ne servirait arien.

Cependant, le taureau était toujours acculé dans un c<>in, presque mourant. Alors, pour ranimer sa fureur, °n lui passa au col une espèce de collier surmonté de fils de fer, au bout de chacun desquels se trouvait un immense pétard, puis on y mit le feu. Alors l'animal, brûlé por les pièces d'artifices, poussa un mugissement furieux, 01 Relança de nouveau au milieu de l'arène pour tomber

42 C0MES El VOYAGES.

au bout de quelques instants sous 1 epée du tauréador.

A cette vue, Filc-ton-Nœud n'avait pu se contenir plu? longtemps» prompt comme la pensée, il s'était précipité

dans l'arène, et, courant droit au tauréador, occupé à saluer la foule, il lui avait passé la jambe avec l'agilité d'un praticien consommé dans l'art delà satatte parisienne, f\ l'avait étendu de tout son long dans la poussière.

Cette scène extraordinaire souleva aussitôt des houm> sur tous les gradins; les uns riaient, les autres applaudissaient, personne n'y comprenait rien.

Le tauréador, renversé d'une façon si iuattcnduc, s'était relevé furieux ; heureusement pour notre héros, que l'épée de son adversaire était restée fixée dans le front du taureau, car il aurait infailliblement tué le trop chevaleresque File-ton-Xœud. Celui-ci voyant le tauréador prendre son élan, lui appliqua dans l'estomac un coup de pied qui le renversa une seconde fois, aux grands éclats de ' rire des tribunes; tout cela s'était accompli dans l'espace d'une minute.

David, aussi étonné que tout le monde, et voyant le danger que courait File-ton-Nœud assailli par les piccadores, s'élança à son tour de son gradin dans l'arène, nouveau taureau, se précipita dans la mêlée, renversant celui-ci, culbutant celui-là, puis prenant dans ses bris son ami qui venait d'être terrassé, il s'élança en trois bond? hors du Cirque et déguerpit au plus vite au milieu de la confusion qu'avait excitée cet étrange intermède.

Les piccadorcs voulurent poursuivre les fugilifs, mais des spectateurs cosmopolites, que la scène improvisée do File-ton-Noeud avait considérablement réjouis, intervinrent, et s'opposèrent à ce que l'affaire allât plus loin.

— Que le diable t'emporte ! dit David à File-ton-Nœud, quand ils furent loin de tout danger, tu as manqué nous mellre dans un bel embarras. À quoi donc pensais-tu?

— Comment! s'écria celui-ci qui trouvait sa conduite loute simple. Tu crois que ces gens-là ne sont pas des lâches de supplicier ainsi un pauvre bonbomme de bœuf qui ne leur a rien fait.

David eut beau dire, il neput jamais faire comprendre à son jeune ami que le spectacle auquel il venait d'assister était pour les Mexicains et les Espagnols ce qu'était pour lui, File-ton-Nœud, le spectacle du Cirque-Olympique.

Mais ce qu'il y avait de véritablement déplorable pour le jeune Parisien c'étaient les conséquences de cet incident dramatique ; son habit neuf dont il était si lier une heure auparavant était complètement déchiré.

Quand ils arrivèrent au boariling-houM, la vue d'une toMe splendidement servie tempéra la tristesse que lui causaient les profondes blessures faites à son costume de gentleman.

Sur une nappe blanche comme la neige, entre deux rangées de flacons de diverses couleurs, au milieu de "Maux do hors-d œuvre et d'assiettes de fruits, le vieux

James venait de poser un large plat duquel s'échappa iî une colonne de vapeurs succulentes.

— A table! s écria John Marshall, la serviette sou> k* bras.

— A table! répétèrent en chœur les deux amis; et. sans plus songer à la mésaventure du Cirque, ils ^ ju rent comme des loups affamés sur le festin de leur hôte.

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