THOMAS REID ET ROYER-COLLARD
11 commence à devenir difficile de faire comprendre à toutes les classes de lecteurs l'influence que M. Royer- Collard a exercée sur ses contemporains, tout à la fols sur rélite et sur le publie. Un homme qui a peu agi , peu écrit, qui n^a fait entendre à la tribune qu'une parole grave et même sévère, qui^ne s'adressant jamais aux passions communes, n*a jamais paru déterminer ni dominer les événements, n'offre pas au premier abord les caractères qui sont comme les conditions de Tempire Siur les autres hommes. On relit peu» d'ailleurs^ les discours faits pour les assemblées législatives, et la jeunesse commence à n'avoir qu'une idée bien confuse de celui qui a été le mattre de nos maîtres, et dont le souvenir est ineffaçable parmi les gens de notre âge. J'ai essayé dans le discours précédent de le faire eonnailre, autant que le genre aca* démique permettait d'approcher de la vérité. Il resterait, je le sens, bien des traits à ajouter pour rendre cette image plus fidèle, plus saisissable et plus vivante. Mais ce ne serait peut-être qu'en usant de la liberté permise à l'auteur de mémoires qu'on y pourrait réussir, et