EDGAR QU1NET
et nous le trouvons déjà magnifiquement exprimé dans le poème de Prométhée, à la scène où, comme dans Ja tragédie d'Eschyle, les Energies divines attachent le Titan sur le Caucase avec de durs liens.
*SÉMÉSI5
Mais l'orgueil du géant, qui saura le dompter ? Dans quel lien de bronze emprisonner cette àme '? Cvclopes, dites-moi, dans quelle ardente flamme Forgez-vous à l'esprit des entraves d'acier ? Par quel art enchaîner dans leur libre sentier L'espoir, au front doré, qu'accompagnent les songes, Des pensers d'avenir les superbes mensonges, Les souvenirs, les vœux qui ne dorment jamais, Et les désirs ailés sur de trompeurs sommets ? Sous quel joug pliez-vous l'altière intelligence, Qui, dans cet immortel, se nomme providence, Et qui, des cieux nouveaux attisant le foyer, À déjà du vieux monde ébranlé le pilier ?
LE CTCLOPE
A ois ! nous a\ons lié le dieu sur le Caucase ; Pour asservir ses flancs sous le faix qui l'écrase, Aux marteaux de Lemnos tu peux te confier. Mais à clouer celte âme et la crucifier Ne songe pas ! L'esprit, lui-même se délie ; Contre ses fiers pensers l'airain s'émousse et plie.