‹ CritiquesChapitre 55 sur 99 · OPERA · texte numérisé non relu

OPERA

tapissier, une flèche à rideaux, connue nos pères en ont pu voir à l'Abbaye-aux-Bois, chezMme Récamier. II n'y a que les Anglais pour avoir ainsi l'énergie de leur opinion et l'audacieux parti pris d'une certaine couleur locale.

1 1 janvier 1070

L a opéra est censé être une grande composition dramatique, à la création de laquelle ont concouru la Poésie (d'abord, car partout où elle est, elle est la première !), la Musique, la Danse, la Peinture et Ions les arts secondaires. Or, dans les pièces jouées chez nous sous le nom d'opéra, la poésie manque absolument, et on ne l'y trouverait pas, même à dose homéopathique. M. Scribe, qui a fail tous les opéras, fut un très habile constructeur théâtral, et il sentendail mieux que personne à empruntera à bien disposer les situations qui conviennent à la musique ; mais il fut aussi le contraire d'un poète. Les généalogistes, qui sont les plus effrontés menteurs du monde, n'arriveraient pas à établir d'une manière vraisemblable comment M. Scribe des cend d'Orphée. L'architecte, et il ne pouvait faire autrement, a surmonté son édifice d'un Apollon élevanl sur la ville et sur le monde sa lyre flamboyante; mais le malheur est qu'Apollon et M. Scribe ne se connaissaient pas, et s'ils s'étaient rencontrés dans la rue. aucun des deux n'aurait saint- I autre

il janvier 1875

M. Garaier avait à réaliser, à personnifier un mensonge, l'Opéra tel que nous le possédons ; une chose qui, en réalité, n'existe pas, puisqu'elle n'est pas conforme à l'idée qu'on s'en fait nécessairement, et à l'aspect sous lequel les arts sont forcés de la représenter. Aussi l'architecte ne saurait-il être blâmé de s être tiré de là par une profusion de festons et d'astragales. Et ce qui est son apologie peut servir de justification à M. H alanzier, à qui on reprche de n'avoir pas donné un spectacle type !, répondant à l'idée que nous nous formons de l'Opéra. En donnant \rmt<h>. par exemple, ou Orphée, ou lphi<jénie, il n'aurai* rien fait qu'un mensonge, puisque ces oeuvres lyriques ne font pas partie du répertoire de l'Opéra, où depuis bien longtemps on ne joue rien épie <l<s mélodrames anecdotiques mis en musique par des compositeurs de génie.

Page 1