ÉVOCATION
et non un autre, qui, placé et prononcé d'une certaine façon, devait exciter la pitié, l'indignation, l'épouvante, attendrir les âmes, faire couler le^ pleurs. Pendant près de deux siècles, cette théorie. conforme à la nature des choses, prévalut et régna.
Enfin, Malherbe vint... c'est-à-dire M. Scribe. Il enseigna par la théorie et la pratique la plus fidèle, que le théâtre est un art isolé, sui generis, qui n'a rien de commun avec les autres arts, et. surtout avec la poésie. Il se préoccupa de la seule situation et donna à ses comédiens un texte mou, lâche, quelconque, dont ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient, et dont il ne devait pas leur être demandé compte, pourvu qu'ils eussent joué la situation. Bonne ou mauvaise (et pour ma part je la crois mauvaise comme la nuit, comme la négation, comme le néant), cette doctrine a prévalu partout, et aussi, hélas ! à la Comédie-Française. . .
On en arrive à interpréter Racine en jouant la situation ; c'est-à-dire qu'on rappelle cette naïve troupe de province qui, pour ne pas ralentir la marche de l'action, jouait les Huguenots sans la musique.
22 décembre 1S7.)
Évocation. — La Poésie — ou si vous voulez que noua parlions d'une manière plus simple et plus générale, la Parole — esl la grande évocàtrice, la