‹ CritiquesChapitre 93 sur 99 · ISRAËL \ I · texte numérisé non relu

ISRAËL \ I

Ilots de l'Eure, sa L o l vj sanglante lui pieusement recueillie par une jeune fille, il n'a pas pu attendrir les Israélites. La farce de M. Grémieux a été une œuvre de haine religieuse, comme il serait facile de le démontrer.

Ainsi que l'a si bien observé le savant mythologue Louis Ménard, autant le christianisme put se greffer facilement sur les croyances héroïques des Hellènes, autant il y a eu et il y aura toujours antagonisme absolu entre la religion des Juifs, qui adoraient un Dieu implacable et exterminateur, pareil au simoun du désert, et celles des Grecs, qui personnifiaient les harmonies de la nature, les lois modératrices domptant les énergies premières, et créèrent dans l'ordre physique et moral le culte de l'immortelle Beauté. Les religions grecques, nécessairement démocratiques, puisqu'elles admettaient la multiplicité des causes, sont restées, à travers le temps, haïes de l'esprit Israélite voué au monothéisme et à la monarchie, el rien n'a pu fermer les vieilles blessures qui toujours saignent.

Aujourd'hui que les théâtres (comme tout ce qui rapporte beaucoup d'argent) appartiennent en grande partie aux Israélites, ils y insultent naturellement tout ce qui est la tradition des races latines, les origines de notre poésie, les dieux d'Homère et d'Eschyle, dont ils font des paillasses costumés pour suivre le bœuf gras du carnaval.

17 juin 1878.

Boulevard. — Le boulevard des Italiens appartient aux riches étrangers, à l'or des placers, aux toilettes furieuses et tapageuses, aux Anglais quadrillés, aux financiers qui se débarbouillent dans le Pactole et aux Brésiliens portant fichés sur leur cravate des rubis gros comme des œufs de pigeon.

Le flamboiement des cafés est tel qu'à coté de leur embrasement le trottoir paraît noyé d'ombre ; et dans cette ombre, marchant ou assises sur des chaises, tristes, déconcertées, bleuies par la bise, de grandes femmes, parées de diamants et vêtues d'audacieuses robes à grand spectacle se répètent tout bas sans trêve le mot effrayant d'Hamlet : Être ou ne pas cire, car il s'agit pour elles de décrocher l'invraisemblable galion, ou bien d'être, le lendemain, la proie de la marchande à la toilette et des créanciers ! \ussi ces géantes, belles comme les Hérodiadcs des vieux peintres, et parées comme la bête écarlate, ont-elles l'air interloqué comme les naufragés du radeau de la Méduse, et autour d'elles passe, comme une mer de chapeaux étonnants et de paletots à revers de velours, le flot des étrangers qui cherchent à comprendre L'énigme du sphynx Paris.

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