‹ CritiquesChapitre 21 sur 99 · LES ONGLES ROSES · texte numérisé non relu

LES ONGLES ROSES

Jarès, c'est Pompadour, vêtue, de la robe aux feuillages d*or et entourée des livres où vit la Sagesi^e ; c'est George, à l'âge de seize ans, jouant Clytemnestre et regardant sa chevelure, soudainement dénouée, tourbillonner à ses pieds, comme une onde, sur les planches du théâtre ; c'est... eh bien, non ! ce n'est rien de tout cela : il ne s'agit en somme que de quelques jolies filles passées au jus de réglisse et qui débitent des farces parisiennes dans un paysage indien.

38 février 1870

Pourquoi Jocrisse habile-t-il dans un palais et Roméo dans une masure ? Pourquoi Cadet Roussel a-t-il détrôné Hamlet, prince de Danemark ? N'est-ce pas le cas de s'écrier avec T illustre Schahabaham, que nous avons revu cette semaine, après une absence de cinquante années : « Au fait, comment se fait-il . que mon ours blanc ait la tête noire, et mon ours noir la tête blanche ? » En d'autres termes, comment se fait-il qu'on joue des pasquinades sur les scènes autorisées, et qu'une belle œuvre ayant pour auteur Théodore Barrière et Frederick Lemaître pour interprète, ne trouve d'asile qu'au petit théâtre des Menus- Plaisirs * P 11 serait bien facile de répondre à Schahabaham que ni Frederick Lemaître ni Théodore Barrière ne sont da^s le mouvemeint. Celui-ci a joué Richard d*Arlinglon, Napoléon, le Joueur, Gennaro, Ruy-Blas et Robert Macaire ; mais il n'a jamais patronné d'œuvres philanthropiques et moralisatrices écrites en vers de mirlitons; et, quant à l'autre, il a fait la Vie de Bohême, le Piano de BerLhe, les Pari-

I. Ecrit à propos de la représenlation aux Menus-Plaisirs de Malheur aux vaincus, comédie en cinq actes de Théodore Barrière.

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