I . Écrit au lendemain de la mort de Berlioz
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avec leurs cuisses, du chapeau chinois avec leur tête et de la flûte de Pan avec leur poitrine. Oh I dans sa vie trop courte, que de larmes il a versées, que de sanglots il étouflait en souriant, que de misères, que de pauvretés, que de trahisons, que d'insultes il a subies avec une résignation qui eût charmé les anges I Eh bien 1 tout cela n'était que justice ! on n'était pas assez dur, pas assez féroce, pas assez implacable pour lui : car, après tout, n'avait-il pas commis les mêmes crimes que Pindare, que Michel- Ange, que Prométhée lui-même ? Oui, les mêmes 1 viser du premier coup à la haute épopée, vouloir faire une grande œuvre ou mourir, vouloir surprendre le grand secret, et faire tenir dans la musique le souffle de la vie et des sphères, tous les frissons, toutes les haleipes, toutes les aspirations et les mille bruits mystérieux dont se compose le silence, voilà quels avaient été ses ambitions et ses rêves 1 Et ce n'est pas de cela seulement qu'il était coupable aux yeux de l'Impuissance et de l'Envie.
N'avait-il pas, en son festival des Champs-Elysées, triomphé devant tout un peuple, par la seule puissance invincible du génie ? N'avait-il pas, à l'un de ces concerts, excité chez Paganini un tel enthousiasme, que ce noble avare lui avait envoyé vingt mille francs, don offert et reçu avec un désintéressement sublime ? N'avait-il pas eu des princes pour amis? N'avait-il pas été aimé de cette artiste illustre qui devint sa compagne et qu'il devait voir mourir, comme son fils, comme, plus tard hélas ! tout ce