‹ CritiquesChapitre 77 sur 99 · LE THÉÂTRE ET LA GUERRE · texte numérisé non relu

LE THÉÂTRE ET LA GUERRE

garde national, a dit avec un feu, avec un enthousiasme, avec une intensité d'indignation et de vie qu'on trouve bien rarement chez les comédiens de profession, une satire de M. Edouard Prévet ; et un autre amateur a déclamé, avec une énergie et un sentiment profonds. Pour les Pauvres, de Victor Hugo. D'ailleurs, il y a gardes nationaux et gardes nationaux comme il y a fagots et fagots ; ainsi l'un des simples gardes venus là en foule pour coopérer à l'œuvre patrio tique, était tout simplement le premier ténor du Théâtre de Bruxelles, M. Dubost, qui, à la première nouvelle du siège, a abandonné son engagement et les quatrevingt mille francs qu'il devait lui rapporter pour venir monter la garde et, au besoin, faire le coup de fusil sur nos remparts. M. Dubost a fait fanatisme en chantant la romance favoritç de Roger, Oiseaux légers ; grâce au roi Apollon, sans doute, les factions de nuit n'ont pas encore altéré son admirable voix !

3o novembre 1870

Gratuité. — Victor Hugo avait désiré que la troisième audition des Châtiments eût lieu dans la salle del'Opéra, qu'elle fût entièrement gratuite et offerte au peuple. Ce dernier point n'a pas reçu son exécution, dans le sens où l'entendait le poète, car sur les quelques milliers de spectateurs que contient la salle, un seul, un vieillard à longue barbe' blanche, était vêtu d'une

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