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PEINTRES /H

objets de luxe, et qui peut bien elre la république d'Athènes, mais non pas la république de Sparte. Aux loges et balcon, nous avons revu avec une joie toute patriotique (il faut bien que les canuts, que les fabricants de soieries et que les couturières mangent!) quelques robes dignes d'être notées par un Gavarni, et quelques gerbes de diamants étincelantes et superbes, étonnant l'atmosphère par leur blanc frissonnement d'astres. Dans les corridors et au foyer, de gigantesques camélias, arbres chargés de fleurs de couleur blanche et pourpre, formaient le plus somptueux décor, et les cheminées étaient ornées de graminées immenses, coupant les miroirs de leurs capricieuses verdures. Quant aux Parisiens, qui maudissent l'habit noir, mais qui l'adorent, ils étaient si heureux d'avoir pu reprendre ce costume, aussi national chez nous que la blouse, qu'ils se sont montrés on ne peut plus indulgents pour toutes les faiblesses de la Traviata.

i3 mai 1872

pEi?JTREs. — Je les ai vues chez Durand-Ruel, à l'exposition pour l'Œuvre des Dames de France, ces œuvres que le jury a si prestement condamnées, le Faucheur de Puvis dé Ghavannes, endormi dans un paysage de Mantegna où jouent des nymphes sveltes et charmantes, et la Femme de M™® Eva Gonzalès peinte dans une si fine harmonie, et les Pommes rouges de Gourbet, d'une facture si magistrale et si puissante.

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et j'ai admiré que nous ayons de grands peintres à refuser, comme en i83o.

D'ailleurs il n'y a pas que cette curiosité-là à l'exposition de Durand-Ruel. On y voit par exemple, réunies pour la première fois depuis bien longtemps, l^s principales œuvres du grand coloriste Alfred Déhodencq, le Juif et la Juive de Tangel\ la Justice du Pacha, la Hdlle de Bohétiiiens, Id Mer à Tanger, la Charlotte Corday, merveilles qui, hélas, seront probablement perdues pour la France, car pour Dehodencq comme pour ce qui nous reste de Delacroix, l'Amérique fait des offres auxquelles il sera bien difficile de réâister.

Dehodencq est un tempérameiit de peintre comme la France en a bien rarement possédé, et ses compositions où la couleur dessine, modèle, peint la vie, la passion et l'expression portent la marqué incontestable du génie. Harmoniste prestigieux, les pages où il a fait briller les plus magnifiques splendeurs de la pourpre et des ors sont calmes et tranquilles, par la parfaite résonance des couleurs entre elles, et il semble qu'elles soient baignées d'une atmosphère réelle, tant ces images ont le mouvement, la fascination et le frissonnement de la vie.

L'Orient de Dehodencq n'est pas un Orient de convention comme celui que nous ont montré quelquefois les plus grands de nos artistes, car ses personnages ont la couleur, la pensée et l'attitude particulière de l'Orient, où la pierre, les chairs, les étoflFes, tout semble broyé et pétri avec de la lumière.

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