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LES MAITRESSES DE MOUÈRE

^ novembre i85o

Farce. — La voici de retour la bohémienne des tréteaux, la Farce aux rires éclatants \ la fille légitime de la Chanson I Celle-là, croyez-le bien, fut la première et Tadorée parmi les maîtresses de Mo Hère ! Le front couronné de raisins et de pampres, la joue tachée de lie, souriante, déchevelée, la robe troussée sur le genou et son cothurne laissant lil^res les doigts de ses pieds hardis, elle marchait avçclui^ côte à côte, par les grands chemins, comme la chasseresse Diane aux côtés du sauvage Hippolyte,lws sant voir ses dents de perles, et les gouttelettes de vin ruisselaient le long de ses lèvres lumineuses. Avec lui elle a parcouru le Dauphiné, le fertile Languedoc, et ces longues saulées près desquelles le Rhône et la Saône unissent leurs flots bleus et verts, et la Bourgogne aux vignes baignées d'or. Appuyée sur Fépaule du poète, elle a foulé, les grelots à la main, toute cette France du vin et de la chanson, s'arrêtant avec lui au cabaret et buvant après lui au même verre, tandis qu'à quelques pas derrière eux le chariot de Thespis partait avec l'héritage de Plaute et de Térence, les aïeux inconnus de la dy-

I. Ecrit à propos de la reprise du Médecin malgré luij au Théâtre- Français.

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