‹ CritiquesChapitre 94 sur 99 · LES MAITRESSES DE MOLIERE · texte numérisé non relu

LES MAITRESSES DE MOLIERE

iiastie comique ! Muse amoureuse et facile qui lui dictait dans un baiser ses premiers vers, la lèvre sur ses lèvres et ses bras à son cou, c'est elle qu'il a toujours le plus aimée et c'est avec elle qu'il oubliait plus lard les agonies du génie et de la gloire. Les autres furent pour lui de sévères amantes, entrevues la lyre à la main, le front calme, et pleines d'enseignements jusque dans leur chaste gaîté ; mais celle-là fut l'image vivante de la jeunesse et de ses amours, embellie par la joie de son cœur ! Elle aussi savait corriger et enseigner, mais en chantant, en riant, en faisant briller au feu des chandelles ses. paillons et ses paillettes et les colliers de verroterie de Venise, et en enchantant les airs parle carillon de ses clochettes sonores ! VÉiourdiy les Précieuses, le Médecin malgré lui, M. de Pourceaugnac^ les Fourberies de Scapiriy ainsi se nomment ses œuvres immortelles, et c'est dans ses bras que l'auieur du Tartuffe et du Misanthrope venait se délasser de Tenvie et de la haine. Elle était cette bonne maîtresse qui a toujours à la main un verre plein de vin et sur les lèvres un bon gros baiser ; elle s'appelait la Farce, fille de la Chanson, et à l'heure qu'il est, la Comédie est encore jalouse !

La Comédie disait comme la femme de Sully : « Je suis la dame de la maison et je n'en veux pas être la courtisane », enviant pourtant un peu dans le fond du cœur à cette courtisane sa gorge au vent, rose sous les guirlandes, et ses fouillis de cheveux charmants emmêlés de tortillons, de boucles

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