‹ Croire, c'est vivre [microforme]Chapitre 10 sur 15 · EE US · texte numérisé non relu

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Le progrès dans l’Église catholique

L'Église catholique ne change jamais. Comme son divin fondateur, qui est immuable, l'Église reste toujours la même.

N'y a-til donc pas de progrès dans l'Église

catholique? Qui oserait en douter? Seulement, il ne faut pas appeler progrès ce qui serait une altération de nos croyances.

L'idée de progrès implique une croissance dans l'identité; l'altération signifie le changement d’une chose en une autre.

On peut développer, définir et perfectionner les doctrines de la divine philosophie du christianisme, mais c'est un crime de les modifier, de les amoindrir, de les mutiler. Elles peuvent, en vérité, recevoir des preuves, des lumières, des précisions nouvelles; mais, pour cela, elles doivent conserver leur plénitude, leur intégrité et leur essence. Avec cette réponse présente à l'esprit, nous pourrons distinguer entre le vrai et le faux progrès, entre la réalité et l'apparence. Croître

en Sagesse et en science, tout en conservant l’identité de la vérité; avancer en doctrine, en esprit, en foi; développer la philosophie chrétienne par la recherche de preuves et de démonstrations nouvelles, voilà ce que nous entendons par progrès. Épargnez-nous vos définitions enchevêtrées, vos brumeuses notions, 6 philosophes de “‘l'inconnaissable ”, partisans du ‘moderne ” progrès ! Faites-nous grâce de votre idéal menteur d’avancement intellectuel, de vos décevantes lueurs sur le progrès matériel et moral! Vous accusez malicieusement l’Église catholique d'être l'ennemie de tout progrès, quand vous vous efforcez vousmêmes de réduire le genre humain à l’abominable condition du paganisme. Où donc trouve-t on le

vrai progrès hors de l’Église catholique? L'accu-

mulation de la richesse et Ja centralisation du Pouvoir sous un tyran, ce n'est point là du progrès.

L'Église n’encourage pas seulement le progrès spirituel, mais aussi la prospérité matérielle. Interrogez l’histoire de l'Église. ‘C’est à l'ombre des vastes cathédrales, dit Hettinger, que surgirent ces centres de commerce, dont chacun semblait une véritable forêt de tours et de clochers, où les

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palnis étaient d'une magnificence telle qu'aucune demeure de nos millionnaires modernes n€ saurait leur être comparée.” Toutes ces merveilles artistiques du moyen âge, dont il nous reste à peine quelques souvenirs, n’ont pas été accomplies en exploitant la misère des pauvres écrasés par la concurrence, comme c'est trop souvent le cas de nos jours, mais tout le monde, les humbles comme les plus élevés, participait alors à la splendeur de la prospérité commerciale.

Les vastes marchés, les spacieux entrepôts de commerce, en Belgique, nous rappellent un progrès matériel qui a duré des siècles et qui Se maintient encore aujourd’hui, chez cette nation foncièrement catholique. Les somptueuses salles du massif édifice, qui sert de nos jours à l'université de Louvain, étaient autrefois le lieu d’assemblée ordinaire pour la corporation des marchands de laine, à l'époque la plus florissante de la Belgique religieuse. Le progrès moral et matériel suit

les pas de l'Église. Partout où elle peut exercer

librement sa glorieuse mission et chaque fois qu'elle l'exerce sans être enchaînée par les gouver-

nements et les sociétés secrètes, le vrai progrès fleurit, la paix et la prospérité surabondent.

L'Église catholique est intolérante

Nous admettons la vérité de cette accusation : l'Église catholique est naturellement intolérante en matière de religion. Elle a conscience d’être la seule vraie Église du Christ et de diriger sûrement les âmes vers leur éternelle destinée; elle se reconnaît seule en possession de la vérité et ne peut s'empêcher de voir les autres cultes plus ou moins adonnés à l'erreur. C’est son devoir alors de résister à leurs enseignements et de les réfuter, afin de faire prévaloir la vraie doctrine. La vérité est intolérante; voilà pourquoi l'Église, divine dépositaire de la vérité, est et doit être intolérante. Elle abkorre l'erreur et tous les outrages à la vérité, en particulier l’apostasie et l’hérésie.

L'Église catholique est la légitime épouse dn Christ et elle n’admet point de rivales.

Pour l’Église catholique il ne saurait être ques-

tion de tolérance religieuse et dogmatique : le mot méme lui fait injure, à elle qui représente Dieu sur terre, De la part de l'Église, tolérance

religieuse signifierait indifférence pour la vérité éternelle; ce qui, en soi, est chose détestable. Tout cela peut paraître prétentieux et égoïste; mais du moment que nous professons qu'il n’y a qu’une

vraie Église, hors de laquelle il n’y a point de

saiut, et que cette Égl'se, c'est l'Église catholique,

nous devons défendre le principe de l'intolérance dogmatique et résister fermement à toute tentative d’altération ou de propagande contre elle.

Il ne nous est pas permis de confirmer un homme dans son erreur. Nous devons, au contraire, la lui faire voir, avec les graves conséquences qui peuvent en découler. Aucune erreur n'est aussi préjudiciable qu'une erreur en matière de religion, car elle affecte le bonheur des âmes immortelles.

"Église catholique ne peut s'entendre et faire des échanges d'opinions avec les sectes religieuses, car elle ne peut rien céder de la vérité.

Dieu lui-même, dans l'Ancien Testament, a prescrit l'intolérance religieuse. Les Israélites ne devaient souffrir aucun dissentiment religieux et, comme leur religion était intimement liée aux autres institutions civiles, on punissait de mort

ceux qui se révoltaient contre la religion juive.

L'intolérance religieuse de l’Église ne condamne ni ne persécute les personnes qui sont dans l'erreur, mais seulement les faux principes. Les personnes peuvent errer de bonne foi sur certains points, et être sauvées. Nous n'avons pas le droit de juger coupables ceux qui sont dans l'erreur; nous devons leur rendre tous les devoirs de charité fraternelle formellement prescrits par l’Église, et les laisser vivre en paix.

— Mais l'Église catholique n’a-t-elle pas, dans le passé, poursuivi et puni les hérétiques et ceux dont la doctrine différait de la sienne ?

— Oui, aux époques où l’hérésie était un crime politique, une révolte contre le pouvoir civil; ou bien encore, quand la religion était tellement liée à l'édifice de la société qu’on ne pouvait l’atta-

quer sans ébranler les fondements mêmes de l’État.

Le code Justinien porte: ‘Ce qui est fait contre la divine religion est une injure à la société.” On estimait l’hérésie un plus grand crime que la haute trahison: ‘Il est beaucoup plus grave d’offenser le roi du ciel que celui de la terre.” Il peut nous être difficile de comprendre cet état de l’âme populaire quand, de nos jours, on entend d’horribles blasphèmes vomis en public contre la

majesté de Dieu, quand on voit son saint nom profané de toutes parts, sans que les dépositaires du pouvoir prêtent la moindre attention à des crimes que naguère on punissait de mort.

Quand l’Europe était catholique et l’ordre temporel uni à l'ordre religieux, les péchés contre la religion étaient aussi des péchés contre l’ordre social; les hérétiques, en rébellion contre la société, étaient punis, d’après le principe qu'aucun homme n’a le droit d’enseigner et de répandre le mensonge. Mais de nos jours, où la société n’est plus ouvertement catholique, la tolérance religieuse est devenue presque universelle, non prree que les peuples sont plus charitables et plus éclairés, mais à cause d’une pure nécessité sociale. Toutefois, en ce qui concerne Sa doctrine et son culte, l'Église catholique restera intolérante jusqu’à la fin des temps.

Ce qui semblerait malin, sans doute, mais qui serait beaucoup plus vrai, serait d'affirmer que le protestantisme est l'ennemi de la liberté religieuse. Et en cela il agit comme tous les enne-

mis de l'Église, comme les libres-penseurs, par

exemple, dont le nom ferait croire à l’émancipation universelle des intelligences et des volontés,

et qui, dès que le pouvoir leur est donné, n'ont d'autre préoccupation que d'asservir les intelligences et les volontés,

Pour qu'il y ait liberté religieuse, il faut que l'Église soit dégagée de toute étreinte humaine, dans ses pratiques religieuses, sa doctrine, sa discipline et son culte.

Nous souscrivons bravement à l'assertion de notre grand philosophe américain, Brownson :

‘Le protestantisme est, par essence et de sa nature, une sincère et solennelle protestation contre

la liberté religieuse.” Un écrivain protestant !’a

appelé une révolte contre l'autorité religieuse. Or, la destruction de l'autorité est la destruction de la liberté même.

Quelle contradiction entre les principes révolutionnaires des chefs de la Réforme, condamnant l'autorité de Rome, pour la ressusciter sous une autre forme. Luther, qui traite Calvin de ‘ menteur effronté, de blasphémateur, de possédé du démon”, parce qu'il différait d'opinion avec lui sur un point de théologie, est le même qui déclare ailleurs que ‘celui qui enseigne d’autres doctrines que les siennes, où qui condamne son enseignement, condamne Dieu lui-

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même et doit être considéré comme un fils d'enfer”.

L'histoire ne nous apprend que trop comment souvent les protestants ont traité les catholiques. Le Maryland, qu'on a surnommé le ‘berceau de la liberté religieuse”’, a été tout d'abord peuplé par des catholiques anglais persécutés. Les protestants, admis et protégés dans cet état par les

catholiques, y devinrent bientôt en majorité. À

peine eurent-ils conquis le pouvoir à la législature, qu’ils dépouillèrent de ln protection des lois, avec une ingratitude révolt.nte, ieurs frères catholiques, qui leur avaient témoigné tant de charité.

tt C'est ainsi, dit Bancroft, que les catholiques romains furent mis hors la loi, dans cette province même qu'ils avaient défrichée.”

Est-ce que les Puritains du Massachusetts, dans leur froide et tenace rancune, ne décrétèrent pas la peine de mort contre tout jésuite qui mettrait le pied dans leur colonie ?

Est-ce que les lois bleues du Connecticut ne défendirent pas à tout prêtre d'habiter dans cet état, sous peine de bannissement ou de mort ?

Pareils traitements sont impossibles aujourd'hui, non pas parce que les Américains sont plus larges et plus tolérants, mais parce que les

catholiques sont devenus trop puissants et que le protestantisme est affadi, épuisé. L'intolérance impitoyable de l'empereur protestant d'Allemagne, Guillaume Ier, est trop récente et trop vive encore dans les mémoires, pour nous permettre d'oublier que le protestantisme est bien réellement l'ennemi de la liberté religieuse.

C'est, sans doute, parce que les méthodes de Propagande du protestantisme font peur à la liberté, qu’il ne fait point de convertis. Macaulay fait remarquer qu'après le seizième siècle, pas une nation chrétienne ne se convertit à la Réforme. On a vu depuis ce temps des chrétientés devenir infidèles, des peuplades sauvages devenir catholiques ; on n'en a vu aucune passer au protestantisme.

Tout le fondement de la religion protestante

est une protestation contre la vérité catholique,

Tout repose sur la négation. Or, la négation ne bâtit rien ; elle abat, elle détruit. Il faut, pour bâtir, quelque chose de positif.

Sans principe positif, le protestantisme ne pouvait pas avoir d'unité. Aussi, il ne tarda pas à se diviser en plusieurs secics, variant selon les goûts nationaux ou les caprices des gouverne-

ments. ‘‘il en est résulté, dit le protestant Macaulay, des églises purement nationales.”

Le protestantisme n'a pas fait de vrais convertis.

Il réussit parfois à attraper un catholique ignorant ou mécontent de son curé, à inspirer l'horreur du ‘‘romanisme” à quelque femme sentimentale ; il ne va guère plus loin.

Dans ces derniers temps, il a dépensé des som-

mes fabuleuses pour répandre des bibles parmi

les sauvages ; il a envoyé, à prix d'or, des soidisant missionnaires chez les infidèles : mais il suffit de lire les Christian Missions, de Marshall, pour constater l'énorme fiasco de toutes ces tentatives de conversions. Combien de ces commis voyageurs du protestantisme ont cru à leur propre succès, parce qu'ils avaient distribué toutes leurs bibles, et qui auraient pu voir, peu après, ces mêmes bibles transformées en papier d'emballage ou en bourres de fusil.

Où sont les François Xaviers de la Réforme ?

Combien a-t-elle de ministres quisont allés, seuls, sans secours, sans autres armes que leur crucifix, au milieu des déserts, des forêts vierges ; quiont souffert et qui sont morts pour leurs néophytes ?

La fin du protestantisme n'est pas loin; il

glisse dans le rationalisme Pur, qui est sa conséquence naturelle. Il est à l'agonie ; bientôt il ne sera plus qu'un cadavre, surtout en Amérique, où il n'est pas appuyé sur l'État.

‘Le mensonge, dit Newman, peut réussir pendant la durée d'une génération, d'une courte période. Puis, il s'épuise et tombe.”

La vérité reste, grande, éternelle.

Que faut-il penser des scandales dans

l'Église catholique ?

Voici une objection assez répandue, que soulèvent nos frères des églises séparées et qui n’est pas sans fondement : S'il est vrai que votre Église est la seule véritable, d'où vient que tant de catholiques ne sont pas même de bons chrétiens ? Jésus-Christ n’a-t-il pas dit: Vous les reconnaîtrez à leurs œuvres ? Où sont les bonnes œuvres chez beaucoup de catholiques ?”?

Vraiment, c'est pour nous un sujet de honte et de confusion, de voir un si grand nombre de ceux qui s'appellent membres de l'Église devenir pour les autres un objet de scandale et une pierre d'achoppement. C'en serait assez pour nous décourager, si le divin Sauveur, connaissant la fragilité de l'humaine nature, n'avait pris soin de nous avertir d'avance qu’il est impossible que le scandale n'arrive pas. Mais il a ajouté : ‘ Malheur à celui par qui le scandale arrive !”?

Notre-Seigneur a comparé son Église au filet

qui prend à la fois de bons et de mauvais poissons. Il nous faut nous contenter de l’Église telle que le Fils de Dieu l’a voulue ; nous ne la ferons pas meilleure qu’il ne l’a faite.

L’ennemi, nous dit-il, a semé de l’ivraie dans mon champ; cette ivraie restera parmi le bon grain jusqu’au temps de la moisson. Alors le Fils de l’homme enverra ses anges qui feront disparaître les scandales de son royaume ; alors ce sera l'Église des saints, où l’on ne verra plus d’ivraie.

Les scandales et les abus ont sans cesse existé dans l'Église : il y en avait au temps des Apô-

tres, ainsi que nous l’apprenuent leurs Épîtres ;

il y en eut encore lorsqu'ils furent retournés vers la patrie céleste. Il y en aura toujours. On trouvera toujours, parmi les catholiques, quelque relâchement dans les mœurs, non seulement chez les gens du monde, mais même dans le clergé. On a vu tomber des religieuses, des moines, des prêtres, de mauvais évêques. Il se rencontra trois ou quatre papes indignes : rares exceptions, tristes personnages dont la vie mondaine, l'ambition, la faiblesse, la licence, ont navré notre sainte mère l'Église, et lui ont attiré mille injures.

Les scandales qui se produisent dans l'Église catholique ne sont pas une suite naturelle de ses principes ou de ses commandements; au contraire, ils arrivent quand son enseignement et ses ordres sont négligés ou méprisés.

L'Église a reçu la promesse de posséder la

vérité éternelle, immuable, infaillible; elle a reçu la garde des canaux qui distribuent la grâce; jamais elle n’a eu la promesse que tous ses enfants seraient sauvés.

Les comparaisons sont parfois choquantes.

Disons cependant que si les catholiques ne sont pas meilleurs que leurs frères séparés, ils ne sont tainement pas pires. À la vérité, ils devraient être meilleurs qu’ils ne sont, vu les grâces et les lumières qui leur sont prodiguées. Mais quand on vient nous redire que, sous le rapport de la moralité, les pays catholiques sont pires que les pays protestants, nous le nions de toute notre énergie et nous affirmons bravement le contraire.

Et si l’on veut des faits et des statistiques, à l’appui de notre assertion, qu’on lise seulement le livre du célèbre pauliste, le R. P. Young, Catholic and Protestant Countries Compared.

Chaque fois qu'on nous met sous les yeux

l'odieuse comparaison, nous répétons à l'envi ces paroles d'un frère dans le sacerdoce : ‘‘ Presque tous ceux qui ont, dans cette matière, une science réelle, admettent que, pour la pureté des mœurs, la catholique Espagne, l'Italie, la partie de la France qui est restée foncièrement catholique, l’emportent incomparablement sur la portion protestante de l'Allemagne, du Danemark, de la Suède et de la Norvège; et que si l’on s’en rapporte aux signes extérieurs des bonnes mœurs, —chasteté chez la femme, pureté, honnêteté, —l’Irlande catholique est

de beaucoup au-dessus de l'Écosse protestante.

D’autre part, dans le catholique Tyrol, les mœurs sont, sans contredit, bien plus pures que chez les populations de la Suisse protestante. Et sans aller si loin, pour un acte de brigandage, pour un meurtre ou un vol commis en Italie ou en Espagne, on peut en compter dix sans crainte dans les États-Unis.” 1

1 American Cath. Quarterly Review, Jan., 1884.

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J'ai perdu la foi— Le démon veut notre ruine

Voici un homme qui a été baptisé. Il est devenu membre de l’Église catholique. Il a reçu la foi dans le ©urist.

Ses parents ii ont donné une éducation profondément chrétienne; il a été nourri par Îles sacrements. Il considérait la Vierge Marie comme sa mère, et se trouvait heureux d’appartenir à la société des anges et des saints.

Mais, hélas! quel changement s'est opéré en lui! Il répudie maintenant la doctrine de l’Église, il se moque des croyants, il ridiculise les pratiques religieuses; le prêtre est devenu pour lui un hypocrite; la piété du peuple, une ignorante crédulité.

D'où vient donc cette transformation radicale ?

C’est que, à l'entendre, il a examiné les choses, il s'est renseigné, il a lu, étudié, il a pesé les arguments pour et contre et en est venu à la conclusion que la religion est une imposture.

Il ment, le malheureux !

Il n’a rien examiné par lui-même; il n’a ni le temps, ni le talent pour des études sérieuses. Il n’a jamais été capable, il ne le sera jamais, de comprendre les œuvres du génie, les travaux des philosophes chrétiens et des théologiens catholiques.

S'il avait vraiment étudié et réfléchi, il ne baserait pas son incrédulité sur la science, car la science mène à Dieu.

Sa jactance et ses airs de savant peuvent en imposer aux esprits faibles; ils ne sauraint duper un homme de bon sens.

Voulez-vous savoir, pauvre ami, pourquoi vous avez perdu la foi?

“coutez un peu.

Votre prétendue incrédulité a eu sa source dans vos mauvaises lectures: elle n’est que l'effet de la corruption de votre cœur. La première chute de votre intelligence s’est opérée quand vous avez péché contre la lumière; le voile des ténèbres pèse maintenant lourdement sur vous.

Vous vous en vantez? Vous vous faites gloire alors de votre honte: jamais je n’ai rencontré

d’apostat, assez audacieux pour afficher son

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apostasie, qui fût sobre, honnête, chaste; jamais je n'ai vu d'homme juste abandonner l'Église; et cependant j'en ai connu beaucoup dans son sein.

La dernière phase de l'infidélité, c’est de nier l'existence du démon, ce qui en rend la présence et l'influence beaucoup plus puissantes. Toute la doctrine catholique nous enseigne l'existence de Satan, et nous le montre comme notre plus puissant et notre plus intime ennemi. Quiconque croit à l'Écriture ne peut nier l'existence du grand ennemi de notre bonheur. Suivant l'Esprit-Saint, le démon est réellement un être vivant, d’une haute intelligence et d’un immense pouvoir. Les Juifs croyaient à un tel être ; son action est suffsamment indiquée dans l'Ancien Testament. Sous la nouvelle loi le démon apparaît comme le grand adversaire de Notre-Seigneur. Il le tente dans le désert ; il est chassé par Jésus et ses disciples du corps des malheureux possédés ; enfin il poursuit Jésus comme son ennemi mortel jusqu’à la croix. Dans les paraboles du semeur et de l’ivraie, le Christ découvre les desseins pervers du mauvais

esprit contre le royaume de Dieu : c’est lui qui

détruit la bonne semence dans le cœur et y sème l'ivraie parmi le bon grain, pendant que l’homme sommeille.

De même que Satan a tenté et persécuté le Christ, il tente et persécute les disciples du Christ. Il tend des pièges et des embñches à ceux qui ne sont pas sur leurs gardes, et tient sous son joug ceux qui se soumettent à sa volonté. Il est extrêmement habile à séduire les âmes ; il se change en ange de lumière pour cacher la noirceur de ses desseins. Il n’est pas facilement découvert dans son œuvre de péché ; est-il repoussé qu'aussitôt il renouvelle ses attaques avec une nouvelle force.

Son influence s'étend sur toute la nature

humaine ; il peut même, avec la permission de Dieu, dominer les facultés de l’homme. Nous devons guerroyer contre Satan tant que nous

avons un souffle de vie. ‘Satan, notre adversaire, est comme un lion rugissant autour de la bergerie, cherchant qui dévorer.” Il nous poursuit et nous haït,

La puissance du démon ne vient d’aucun droit naturel sur l’homme; c’est le résultat du consentement que l’homme donne volontairement au

péché. Si vous commettez un péché mortel, vous vous livrez de vous-même à l'esclavage de Satan. Cet esclavage vous condamne à payer la peine due au péché et à subir l'influence directe du démon, qui vous pousse à de nouvelles fautes et peut vous torturer de différentes manières, dans votre âme et dans votre corps.

Le démon nous suitconstamment. Il nous tente systématiquement, toujours et partout. Il nous tente indirectement par des moyens extérieurs, par les paroles et les exemples des méchants ; il nous tente directement en agissant sur nos sens et notre imagination. Quoique beaucoup de tentations nous viennent de la chair et du monde, cependant le démon ne demeure jamais témoin inactif ; il arrange ces tentations et les fait tourner à ses desseins.

Plus vous écoutez volontiers Satan et plus vous niez son existence, plus votre esprit s’obscurcit et plus profondément vous descendez dans le gouffre du mal. Votre extérieur ne trahira pas peut-être vos relations étroites avec le démon ; vous pouvez être hautement respecté des gens du monde ; vous pouvez vous affubler de toilettes

riches et fashionables, ne sortir qu’avec la haute

société ; en réalité, vous êtes un abîme d’iniquité et de corruption.

Comment nous défendre contre le démon ? Il faut ‘revêtir l'armure de Dieu”. 1 Prenez les armes que Dieu et sa sainte Église vous offrent Pour le combat. La bataille fait rage, mais elle ne peut pas durer sans fin. Avec Dieu, ses anges et ses saints, vous vaincrez, et alors tout sera repos et joie.

Bergier, qui a vécu au milieu des païens de France et qui a lu toutes ieurs œuvres, affirme que leur incrédulité n’a pas eu d'autre cause que leur licence et leurs Passions effrénées. Ce n'est pas le royal protégé de Frédéric II, Voltaire, le coryphée de l'impiété, qui fait exception à la règle. C'est de lui que le roi écrivait à Turgot : ‘Voltaire s’est conduit ici comme un débauché et un voleur. C'est un misérable...

l'être le plus méchant que j'aie jamais rencontré.

Vous ne pouvez imaginer quelle duplicité, quelle imposture, quelle bassesse il a pratiquées parmi nous ??

Les passions font vite perdre les lumières de la foi. “Quiconque fait le mal craint la lumière ;

1 Éph., VI.

———— #2 gs es one de UE DESERT

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