‹ Croire, c'est vivre [microforme]Chapitre 9 sur 15 · XXX VIII · texte numérisé non relu

XXX VIII

Votre ange gardien est toujours avec vous

Y at-il au monde rien de plus grand qu’une âme humaine ? Tout le reste pâlit, s'efface, s’annihile devant l’âme d’un homme. Oui, une seule âme, fût-ce celle d’un pauvre enfant mal vêtu, infirme, ou celle d’un malheureux chemineau ou d’un forçat, vaut plus que toute la terre avec ses villages et ses cités, ses montagnes et ses vallées, ses mers, ses fleuves et tout ce qu’ils contiennent ; elle a une valeur plus grande que le soleil resplendissant au ciel, que la lune éclairant la nuit de ses rayons argentés, que toutes les étoiles jetées comme des diamants étincelants sur le vaste manteau du firmament.

D'où vient donc cette valeur de l’âme ? C’est qu’elle seule est immortelle et impérissable. Tout autre être se fane, tombe, disparaît et s’anéantit.

Seul Dieu comprend parfaitement la valeur des âmes. Chaque âme est rachetée par le sang du Fils d’un Dieu. Les gouttes du précieux sang du

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Christ, comme des perles d’un prix infini, brillent dans chaque âme humaine.

Voyez avec quel soin Dieu la traite. Dès le premier moment de l'existence, avant même la naissance »n ce monde, aussitôt que l'âme est unie au corps, Dieu envoie un de ses anges pour veiller sur cette âme durant tout son pèlerinage sur la terre, et la conduire saine et sauve au ciel.

Les anges sont des substances simples, immatérielles, enrichies d’intellzence et de volonté libre. Ils ont visité quelquefois la terre, revêtus d’une forme humaine. Ce sont des êtres plus parfaits

que l’homme. Leur vie au ciel est un hymne

sans fin d’adoration, de louanges, d'actions de grâces et de bonheur infini; ils forment une société parfaite; chacun a son Trang et sa place, suivant son degré de perfection et sa fonction. Ils sont intéressés à notre vie Sur cette terre et agissent ici comme ministres de la divine Providence.

Nos anges gardiens nous aiment autant que les mauvais esprits nous haïssent et cherchent à nous nuire. Ils empêchent les démons de nous faire du mal, comme nous le voyons dans le livre de Tobie : ‘Alors l'ange Raphaël prit le démon

et le lança dans le désert de la haute Égypte.” :

Il n'y a pas le moindre doute que nos anges gardiens protègent nos corps, en détournant mille dangers et en nous préservant d’une multitude d'accidents : ‘Ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne te heurtes le pied sur quelque pierre.” 2

Quelle doctrine consolante! Avoir À nos côtés un puissant prince du ciel, qui nous couvre de son bouclier et nous défend contre les attaques du malin esprit ! Quand cette vierge angélique qu'est sainte Agnès refusa de sacrifier aux faux dieux, le juge ordonna de la traîner dans une maison de débauche. Elle sourit et garda toute Sa confiance, se reposant sur la puissance du Dieu qu’elle ser rait et la protection de son ange gardien.

Alors le propre fils du juge voulant attenter à sa pudeur, l'ange d'Agnès le frappa d’un coup mortel, et il tomba aux pieds de la vicrge.

C'est cet ange qui nous donne de bonnes pensées, nous éloigne du mal. Aussi l’'Écriture sainte nous avertit d'entendr: sa voix et de ne pes mépriser ses conseils.

1 Tob., VIII, 3. 2 Ps., XC, 12.

Ces ministres fidèles du Très-Haut portent un vif intérêt à nos exercices de piété; ils aiment à nous voir souvent prier aux pieds de l'Éternel. “Quand tu as versé des prières avec des larmes, je les ai offertes au Seigneur.” ! Ils joignent même leurs prières aux nôtres et les déposent au pied du trône de Dieu. Examinez l'histoire de votre propre vie: vous y trouverez des cas d’une protection spéciale de votre ange gardien. L'avez-vous toujours honoré? A:-t-il toujours été votre confident ? L’avez-vous traité en ami? Si vous avez négligé de faire attention à sa présence, si vous avez été ingrat pour ses services, demandez-lui de vous pardonner et de vous continuer ses bonnes grâces.

1 Tob., XII, 12.

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Qui m'aime le mieux ?

L'amour est la vie de l'âme: ce n'est pas vivre que de vivre sans aimer.

Le disciple bien-aimé du Christ a dit : “Celui qui n'aime pas, est mort.” 1 Sans amour, la nature humaine se fausse et se pervertit dans urie stérilité et une insensibilité complètes. L'amour donne l'énergie, la force, la couleur, le parfum à

toute notre vie morale. Ce qu'est le soleil pour le monde matériel, l'amour l’est pour l’humanité: il apporte la chaleur et la beauté à nos froides existences.

Aimer Dieu et être aimé de lui, c'est le secret du vrai bonheur.

Il faut respirer pour vivre ; pour agir selon la volonté de Dieu, il faut aimer. Nous soupirons après le ciel parce que c’est le lieu de l'amour sans mélange ; nous détestons l'enfer parce que c'est le lieu de la haïne éternelle.

Sous les chauds rayons de l'amour paternel le

11 Ép., III, 14.

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cœur de l'enfant s'ouvre, comme la fleur ouvr® ses pétales sous l'action du soleil. Quand nous avançons en Âge, des cœurs affectueux éclairent les nôtres, les encouragent, les dilatent et les réjouissent. Il n'est pas jusqu'aux bêtes, — un chien fidèle, un cheval soumis,—qui ne nous apportent le plaisir de leur amitié instinctive.

L'amour humain donne de la joie, parce qu'il est l'ombre de l'amour de Dieu, et que cette ombre manifeste la: présence d’un amour supérieur qui nous domine et nous entoure. Tout ce qui, dans les choses créées, mérite d'être aimé, n'est qu'un faible reflet de l'éternel amour. De même que les étoiles pâlissent au lever du soleil, ainsi tout l'amour humain perd son éclat quand l'amour divin lance ses rayons étincelants dans j’âme humaine. C'est Dieu qui m'aime le plus,

qui m'aime Je mieux, qui m'aime toujours et var-

tout. Mon cœur serait toujours vide et souffrant, si je ne connaissais pas cette consolante vérité : Dieu m'aime d'un amour intense et personnel.

L'amour humain est si incertain et si fragile ! L'inconstance naturelle, les événements qui se succèdent, ia mort impitoyable, toutes ces causes et bien d’autres encore, peuvent me séparer des

cœurs les meilleurs et les plus aimés. Or j'ai besoin d'être aimé toujours, de l'être sans réserve, dans la vie comme dans la mort. C'est ici que l'Amour infini apparaît, me disant par la voix du prophète : ‘Je t'ai aimé d’un amour éternel !”? L'esprit se trouble devant l'immensité de cet amour. Et pourtant il est digne de l'Amour infini de se pencher sur les misères les plus profondes et, par un miracle de pitié, de nous élever jusqu’à lui. Sa bonté est écrite en lettres de feu sur nos cœurs ; il nous a créés, et il nous a créés à son image et À sa ressemblance ; il nous conserve. Il ne peut nous faire Dieu, c'est pourquoi il s'est fait homme ; il s'est mis sur le même pied que nous, afin de nous faire ressembler davantage à son adorable personne. Il demeure notre f-ère aîné en gardant sa divine humanité. Mais c'est surtout dans la sainte Eucharistie qu’il montre tous les trésors de sa bonté. C'est là que nous pouvons admirer toutes les merveilles de son iné-

puisable tendresse. Quelle étonnante condescen-

dance ! Le cœur s'émeut rien que d’en parler. Un sentiment de respect nous force à tomber à genoux et à adorer la majesté ineffable et la beauté incomparable de l'amour incréé. Même la mort,

quand on considère l'amour de Dieu, apparaît aimable et pleine d'attraits ; car l'amour est plus fort que la mort.

Si la pensée de l'amour de Dieu s'est imprimée profondément dans votre mémoire, si elle s’est levée dans votre âme comme une brillante étoile, étincelant des lumières de l'éternité, oh ! alors on

peut vous dire heureux !

Votre vie ne Sera qu'un long et doux printemps. Elle aura, malgré quelques heures sombres, toutes les joies d’une nature pleine de promesses et d’espérances.

Une mère aimante aime à éveiller son enfant par un baiser posé sur Ses lèvres ; elle répond à ses premiers regards par un tendre sourire. De même Dieu vous rencontrera dès votre réveil, embrassera votre âme et la remplira de joie et de nouvelles forces pour Je devoir journalier. Il rafraîchira votre cœur de la rosée de sa grâce. Les épreuves et Jes croix ne troubleront pas votre bonheur, car alors vous pourrez rendre amour pour amour.

Les plaisirs du monde deviennent insipides et fatigants pour celui qui a goûté aux douceurs de l'amour d: Dieu. Cet amour purifie le cœur, le

dégage des affections terrestres et dcs ambitions humaines, comme le feu purifie les métaux et ieur communique son propre éclat.

L'amour divin élève à sa hauteur les affections humaines. Dès lors, quand le cœur qu’il anime s'éprend d’un être terrestre, il ne trouve pas dans l’objet de sa flamme une occasion de mal, mais un moyen nouveau de retrouver Dieu et de s'élever vers lui.

Cette pureté des affections, loin d'en diminuer les ardeurs, les grandit, les rend durables et

saintes.

Ce qui se fonde sur Dieu ne passe pas avec le

souffle d’un jour.

Celui qui m'aime, dit Jésus, sera aimé de mon Père, et je l’aimerai aussi, et nous viendrons à lui et nous habiterons avec lui. ”?

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